Le Service sanitaire est sur les rails

vendredi 9 mars 2018, par Bruno Benque

Les Ministères des Solidarités et de la Santé ainsi que de l’Enseignement supérieur ont lancé, la semaine dernière, le futur Service sanitaire auquel devront satisfaire quelques 50 000 étudiants en Santé. Un module de trois mois sera inséré dans les maquettes pédagogiques et fera l’objet d’une obligation de résultats pour que le professionnels de Santé en herbe puisse obtenir son diplôme.

Nous y voilà ! Annoncé lors de la campagne présidentielle, le Service sanitaire cher au Président Macron est lancé. Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé et Frédérique Vidal, Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation l’ont présenté le 26 février 2018.

50 000 étudiants concernés par le nouveau module de formation en 2019

C’est ainsi que, dès la rentrée 2018, les tutelles auront inclus dans les maquettes de formation de 47 000 étudiants en médecine, pharmacie, odontologie, maïeutique, kinésithérapie et soins infirmiers, un module de trois mois, incluant l’acquisition de nouvelles compétences. Après une première phase d’expérimentation en mars 2018 à Angers - des étudiants ont déjà participé à des actions dans les écoles -, Clermont-Ferrand, Caen et Dunkerque, le processus devrait monter en puissance à la rentrée 2018 pour être généralisé à l’ensemble des formations de Santé à la rentrée 2019 - 50 000 étudiants -.

Prêcher la bonne parole dans les écoles et les structures médico-sociales

Quelles seront les nouveaux savoirs que les étudiants en Santé devront acquérir ? Poser les bases susceptibles de leur permettre de mener des actions de prévention et de promotion de la Santé, dans les écoles, les EHPAD ou les structures médico-sociales. La prévention a toujours été annoncé, par le Président Macron comme par son Gouvernement, comme un outil prioritaire pour améliorer la Santé de nos concitoyens. Le Rapport sur la « Mise en œuvre du service sanitaire pour les étudiants en santé » élaboré par le Pr Loïc Vaillant a mis en lumière le manque de culture sanitaire de la population française, entrainant des comportements inadéquats avec une hygiène de vie acceptable, surtout chez les jeunes.

Toucher les jeunes, mais pas que...

Nous parlons ici de l’abus de consommation d’alcool, de tabac - voire de psychotropes -, mais également du peu de considération qu’ils ont, pour la plupart, envers les maladies sexuellement transmissibles. Mais c’est l’ensemble de la population qui fait l’objet d’inégalités devant les déterminants de Santé, les milieux socio-économiques défavorisés étant les plus mal lotis. De même, concernant les personnes âgées, des actions sont à mener afin que les anciens puissent améliorer leur qualité de vie, dans la foulée d’initiatives comme « Bouge ton EHPAD », favorisant la pratique de l’effort physique dans les maisons de retraite.

Autonomie et travail en inter-professionnalité

Les nouveau modules de formation tenteront donc de donner aux étudiants de Santé les compétences nécessaires pour mener des actions de prévention. Ils s’attacheront à initier tous les futurs professionnels de santé aux enjeux de la prévention primaire et de la promotion de la santé auprès de tous les publics, à lutter contre les inégalités territoriales et sociales en santé en veillant à déployer les interventions auprès des publics les plus fragiles ou à assurer des missions de prévention et de promotion de la Santé en ciblant quelques items comme la nutrition, les addictions, la vie affective et sexuelle ou la promotion de l’activité physique. Les étudiants devront être, à l’issue de cette période, autonomes et pouvoir travailler en inter-professionnalité pour la réalisation de projets communs.

Il est à noter enfin que personne ne pourra y échapper. Ce module de trois mois, à satisfaire de manière continue ou discontinue, sera obligatoire et sanctionné par une évaluation nécessaire pour l’obtention du diplôme.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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