« Le métier infirmier reste attractif par le sens qui lui est donné par les lycées »

mercredi 30 octobre 2019, par Bernadette Fabregas

Quelques semaines après la rentrée des étudiants en soins infirmiers en Ifsi, notamment via la nouvelle procédure Parcoursup, quels enseignements peut-on en tirer ? Profil des étudiants, modes de sélection, remplissage des établissements de formation, commission d’examen des vœux… Stéphane Le Bouler*, responsable du projet Universitarisation des formations paramédicales et de maïeutique, et Isabelle Richard**, conseillère Santé et Formation au Cabinet de Frédérique Vidal, ont répondu à nos questions et nous éclairent.

Infirmiers.com – Première question, en préambule, avez-vous été surpris par l’engouement suscité par cette nouvelle filière paramédicale ouverte aux candidats sur Parcoursup : plus de 100 000 d’entre eux ayant formulé au moins un vœu vers un Ifsi pour seulement 25 000 places ? N’est-ce pas paradoxal à l’heure où les infirmiers affichent leur souffrance au travail ?

Isabelle Richard – Une observation s’impose d’emblée, et nous ne pouvons que nous en réjouir, l’attractivité de la filière infirmière n’est plus à démontrer. Les lycéens l’ont choisi en première intention car ils y trouvent du sens et des valeurs et, oui, malgré la sinistrose ambiante, ils veulent exercer le métier infirmier. Même constat chez les candidats en reconversion professionnelle. Ce métier les attire et les raisons vont bien au-delà d’un marché du travail riche de perspectives. Là encore c’est la volonté d’engagement qui prime, un engagement fort à servir la société. Les Ifsi ont donc fait le plein, même ceux qui restaient à l’époque du concours infirmier « déficitaires ». Parcoursup a donné de la visibilité à cette filière, avec plus d’équité et d’homogénéité sur l’ensemble du territoire.

Infirmiers.com – Pouvez-vous nous donner des éléments de profils de cette promotion d’étudiants en soins infirmiers 2019-2022 ? Bacheliers, reconversion professionnelle, prépas, que disent les chiffres ?

Stéphane Le Bouler – Sur ces trois catégories on retrouve une distribution par profil de bachelier très proche de ce que l’on avait avant la réforme : 29 % de bac S, 13 % de bac ES, peu de bac L (4 points de moins que du temps du concours). Les ST2S (37 % sur les 39 % de bacs technologiques) représentent sans doute le « profil idéal » jouant à la fois sur leurs performances scolaires, des dossiers bien travaillés et des motivations affirmées. Quant aux bacs professionnels, ils sont entre 10 et 15 % avec de fortes disparités territoriales. Une dernière précision, nous n’observons pas d’augmentation globale des distances de recrutement des étudiants qui ont fait leur entrée en Ifsi à la rentrée 2019. Les voeux ont certes été plus « lointains » parfois mais au moment de choisir, les candidats ont généralement privilégié les solutions de plus grande proximité.
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Entretien réalisé par Bernadette Fabregas
Rédactrice en chef Infirmiers.com
bernadette.fabregas@infirmiers.com
@FabregasBern

Vidéo réalisée par Susie Bourquin
Journaliste Infirmiers.com
susie.bourquin@infirmiers.com
@SusieBourquin


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