La pédagogie inversée, un processus de choix pour promouvoir la réflexivité

mercredi 21 mars 2018, par Bruno Benque

La « conférence inversée » à laquelle nous avons eu l’occasion d’assister, le 20 mars 2018, à l’IFCS de Rouen, nous en a appris davantage sur la pédagogie inversée que certaines de ressources théoriques dédiées. Car nous avons pu nous mettre dans la peau des apprenants au cours d’une séance réflexive à 186 participants en présentiel, après un premier temps de préparation à distance par visionnage d’une vidéo. Explications...

Connaissez-vous la pédagogie inversée ? D’aucuns disent qu’il s’agit d’une trituration du cerveau entre formateurs érudits, d’autres que cela relève d’un effet de mode.

Conférence inversée à l’IFCS de Rouen

L’expérience à laquelle nous avons eu l’occasion de participer ce 20 mars à l’Espace Régional de Formation des Professions de Santé (ERFPS) de Rouen nous laisse à penser qu’il s’agit d’un processus qui a le mérite d’être développé. L’IFCS de Rouen avait organisé, en effet, une « conférence inversée » où les participants avaient, au préalable, été invités à travailler sur le sujet via une courte vidéo dont les organisateurs leur avaient envoyé le lien. Mais revenons tout d’abord sur le principe de la pédagogie inversée.

Un premier temps de formation à distance via un support numérique

Loïc Martin, Cadre supérieur de Santé formateur à l’IFCS de Rouen et auteur de plusieurs articles sur ce sujet, ainsi que sur l’impact des usages numériques dans les processus d’apprentissage, dans la Revue Soins cadre, pratique cette méthode venue du Canada depuis quelques années. Il a été l’animateur principal de la session du 20 mars, au cours de laquelle il a mis en pratique, pour les 186 cadres ayant rempli l’amphithéâtre de l’EFRPS, la pédagogie inversée, qu’il nomme plus volontiers l’« apprentissage inversé ». L’idée est de donner aux apprenants, en amont de la séance de formation, un support numérique, le plus souvent une courte vidéo, sur lequel ils doivent travailler en réalisant des actions ciblées à partir de consignes données par le formateur.

Un temps présentiel interactif et dynamique

Le deuxième temps est donc la session de formation en présentiel, au cours de laquelle les apprenants confrontent leur travail avec leurs collègues, enrichissent le débat et s’approprient le sujet tout en étant guidés par le formateur afin que la réflexion commune de s’égare pas sur des chemins inopportuns. L’interactivité et la dynamique de groupe ainsi créée favorise la bonne compréhension de la thématique étudiée et à l’approfondir. Ce processus les implique et les responsabilise d’autant plus que la première partie réalisée à distance leur a permis de travailler en autonomie.

D’éventuels effets pervers sans véritable impact sur le résultat

Reste que certains peuvent profiter de cette autonomie pour ne pas réaliser le travail demandé à distance et se reposer sur celui effectué par leurs collègues. Mais pour Loïc Martin, c’est un risque à courir. Car le résultat final est très souvent équivalent ou supérieur, en termes d’attention et de participation, lors du présentiel. Il ajoute, sur ce thème, que, lors d’une séance de formation traditionnelle d’une heure, tous les apprenants ne sont pas attentifs à 100% et perdent une partie de l’information diffusée par le formateur.

Changement de posture du formateur, promoteur de réflexivité

Toutefois, ce dernier doit sortir de son confort dès lors qu’il décide d’entrer dans un processus d’apprentissage inversé. Il doit bien préparer sa séance en élaborant une stratégie précise à partir de laquelle il choisira le support à diffuser pour le temps à distance et communiquera les consignes de travail à réaliser avant le temps de présentiel. Durant cette deuxième phase, il devra adopter une posture, non pas de sachant, mais d’accompagnateur, de médiateur, d’animateur et de promoteur de réflexivité.

Nous reviendrons bientôt, dans nos colonnes, plus en détail sur la journée du 20 mars au cours de laquelle nous, participants, avons joué le rôle des apprenants au cours d’une séance présentielle de pédagogie inversée.

Pour en savoir plus

Classe inversée : enseigner et apprendre à l’endroit
Julie Lecoq, Catherine Becchetti-Bizot, Marcel Lebrun
Édition Réseau Canopé
2015, 128 pages
Version papier 16,90€ ; e-book 6,90€

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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