Interrogations sur le processus de recrutement des étudiants en IFSI

jeudi 7 juin 2018, par Bruno Benque

Le recrutement des étudiants infirmiers se fera donc, à partir de la rentrée 2019, à partir de la plateforme Parcoursup. C’est ce qu’a confirmé Stéphane Le Bouler, qui conduit la Mission sur l’universitarisation des formations lors de la première journée du congrès du CEFIEC 2018. Mais certains items ont fait réagir la salle, qui a inondé l’orateur de questions et de remarques, si bien que la Présidente Martine Sommelette a dû intervenir.

La première journée du congrès du Comité d’Entente des Formations Infirmière et Cadre (CEFIEC) 2018 a fait l’objet d’une tribune très attendue par l’assistance au sujet du processus d’universitarisation des formations paramédicales.

Une longue explication du processus de recrutement des étudiants en IFSI

La Présidente du CEFIEC Martine Sommelette, était entourée d’un parterre de personnalités, dont la plus attendue était Stéphane Le Bouler, le responsable de la Mission interministérielle sur l’universitarisation des formations paramédicales. Ce dernier avait la charge, en préambule au débat, de faire un point sur les travaux en cours pour la mise en place de ce processus qui impactera l’ensemble des formateurs aux métiers paramédicaux. Parmi les différents chantiers sur lesquels la Mission travaille, l’admission des étudiants dans les IFSI a fait l’objet d’une longue présentation de sa part. Il a décrit une première série de travaux sur l’économie générale du système d’admission, qui ont instauré, dans cadre de la loi mars 2018 relative à l’orientation et à la réussite des étudiants (ORE), l’utilisation de la plateforme Parcoursup, le dispositif destiné à s’étendre à tous les diplômes de l’enseignement supérieur, pour le recrutement des étudiants infirmiers.

La fin du concours d’entrée et des « prépas »

Il a ainsi rappelé que certaines de formations paramédicales, devraient rejoindre Parcoursup à échéance du 1er janvier 2019. Ce processus acte donc la fin du concours d’entrée en IFSI. En pratique, les candidats potentiels formuleront leurs vœux en 2019, soit un seul vœux (IFSI) auprès de plusieurs instituts (sous-vœux). Au premier trimestre 2019, les candidats formuleront leur lettre de motivation et les équipes d’accueil des IFSI prendront la main sur l’examen des dossiers. Quant à la réponse qui leur sera donnée, elle dépendra de l’aspect sélectif, ou non, de la filière. En tout état de cause, elle sera soit positive, soit « oui,si », auquel cas il sera demandé une mise à niveau à l’étudiant. Stéphane Le bouler a, sur ce point, indiqué que le suivi d’une « prépa » pourrait faire office de mise à niveau, voire de certificat de connaissances qui serait pris en compte dans l’étude de son dossier. Mais il a affirmé que ces « prépas » étaient également appelées à très vite disparaître, ce qui sonne comme une rupture pour les formations paramédicales.

Un processus qui ne devrait pas dégrader la qualité des candidats

À ceux qui s’émouvaient, dans l’assistance, du manque de sélectivité d’un tel processus de recrutement, il a affirmé qu’il ne s’agissait pas de dégrader la qualité des candidats, mais plutôt de donner de l’attractivité au métier. Laissons lui la responsabilité de cette réponse, qui n’a convaincu pas grand monde dans l’instant. Il a renchéri en disant que « plus y a de formatons dans la plateforme Parcousup, meilleure est sa performance. » Le périmètre des candidatures s’étendra aux bacheliers et anciens bacheliers, la réflexion au sein des groupes de travail étant encore en cours concernant les professionnels en reconversion non bacheliers comme les aides-soignants et les auxiliaires de puériculture. Puis, c’est une avalanche de questions qui s’est abattue sur lui, dont une évoquant la suppression de l’entretien de l’étudiant lors du processus de recrutement.

La suppression des entretiens de sélection, un caillou dans la chaussure du CEFIEC

Stéphane Le Bouler rétorqua alors que cette question avait été débattue lors des premiers groupes de travail auxquels assistaient les représentants des professionnels, dont le CEFIEC, mais avait été abandonnée par ces mêmes représentants lors des réunions suivantes, malgré ses relances. Un certain malaise a alors parcouru l’assistance : « comment ont-ils pu passer sous silence cet épisode de sélection si important pour évaluer les motivations et les connaissances des candidats ? », a-t-on pu entendre dans les travées du Palais de la musique et des congrès de Strasbourg. Et alors que les demandes de prise de parole s’intensifiaient, que la tension montait d’un cran et que la session du matin finissait avec une heure de retard, la Présidente Martine Sommelette prit les choses en main. Elle proposa de recueillir par écrit, sur le stand du CEFIEC lors des pauses, les différents points de divergence et les demandes d’explications, promettant qu’ils seraient pris en compte lors des prochaines réunions de la Mission.

Nous remarquions récemment dans nos colonnes que le CEFIEC semblait s’être un peu éloigné du terrain ces derniers temps. Ce mercredi 6 juin, c’est le terrain qui l’a rattrapé et lui a rappelé l’une de ses missions, celle du bottom-up des retours d’expériences. Nous remercions en tout cas Martine Sommelette pour sa décision et pour sa réactivité pertinente lors de cet épisode. Les personnes de qualité savent toujours se remettre en cause au bon moment…

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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