Interprofessionnalité et valorisation du tutorat ont rythmé les Journées de l’ANdEP 2021

jeudi 22 avril 2021, par Bruno Benque

Les Journées de l’ANdEP 2021 se sont déroulées dans le contexte désormais connu de souffrance socio-économique éprouvée par les étudiants en général, ajoutée à une insuffisance pédagogique pour les étudiants en Santé due, en partie, à la crise sanitaire. Les participants à cet événement ont toutefois montré leur volonté de faire évoluer les formations paramédicales en mettent l’accent sur l’interprofessionnalité et sur la valorisation du tutorat. Dans cette période charnière, il est essentiel en effet de donner de nouvelles bases aux formations paramédicales pour se donner les moyens de maîtriser l’inconnu...

La période de crise sanitaire que nous vivons est très difficile à vivre pour les étudiants en Santé, qui ont vu certaines unités d’enseignement escamotées et qui, pour la plupart, ont été invités à participer à « l’effort de guerre » dans les services de soins, et ce au détriment de la qualité des stages habituellement plus formalisés.

Des conditions pédagogiques et sociales pénalisantes pour les étudiants en Santé aujourd’hui

Ils évoluent, depuis plus d’un an déjà, au même titre que tous les autres étudiants, dans un contexte générant du stress où l’incertitude quant à l’éradication du COVID-19 amplifie les inquiétudes classiques liées à l’avenir professionnel. Ils traversent en même temps une période marquée par des difficultés socio-économiques et une tendance à l’isolement au quotidien favorisés par les confinements successifs. Sur le plan pédagogique, c’est guerre mieux, les cours en distanciel n’apportant pas suffisamment de garanties pour des savoirs basés pour la plupart sur le contact et sur l’humain. Pour les responsables du CEFIEC, il y a ainsi une notion de perte de chances en lien avec la profession qu’ils apprennent à maîtriser qui émerge. Les étudiants entrés en institut de formation en septembre 2019 ont en effet déjà vu deux années de formation impactées par la crise sur les trois qu’ils doivent accomplir et le risque de décrochage est grand.

Les formateurs réclament de l’interprofessionnalité

C’est dans ce contexte que se sont tenues récemment, en visioconférence, les Journées de l’Association Nationale des Directeurs d’Écoles Paramédicales (ANdEP). Mamadou Ndoye, vice-président de la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE) en charge des affaires liées à la santé a tenu à rappeler que, sur le thème de la santé étudiante "...nos difficultés ne se réduisent pas à la pandémie. Elles ont commencé bien avant ! » Il est vrai que la pandémie aggrave des difficultés de fond, c’est pourquoi il réclame « une sanctuarisation de la formation », validée par des textes officiels, surtout en période de crise.

Il a profité de l’occasion pour faire la promotion de l’interprofessionnalité : « ..le décloisonnement des filières sera incontournable pour envisager convenablement la chose », a-t-il ajouté, rejoint en cela par Nicolas Brisseaux, masseur-kinésithérapeute et formateur à l’IFMK de l’Ecole d’Assas. « Il faut impérativement croiser les regards, les expertises et les expériences », a-t-il renchéri, assurant que la pluridisciplinarité, la mutualisation et la confiance seront les trois leviers de la transformation.

Ne pas oublier de valoriser le tutorat

La pluridisciplinarité, l’interprofessionnalité, les collaborations, les coopérations sont des notions qui résonnent comme une transformation essentielle, un nouveau départ pour nombre d’acteurs de la formation paramédicale aujourd’hui. Pour les participants à ces Journées, une concertation poly-catégorielle devra être rapidement engagée pour créer les conditions d’un « meilleur agir ». Mais pour les mettre vraiment en œuvre, il faudra faire évoluer la règlementation dur ce thème. « Les compétences collaboratives devront être inscrites dans nos référentiels », a ainsi précisé Catherine Muller, directrice de l’Ecole régionale des infirmiers anesthésistes du CHRU de Nancy qui estime essentiel, pour l’avenir, de repenser les aspects pédagogiques en profondeur. Sans oublier la valorisation du tutorat, une notion largement galvaudée de nos jours, que la Présidente de l’ANdEP Florence Girard qualifie d’« élément facilitateur de l’apprentissage » et qui doit être intégré dans la politique globale des établissements de santé.

« Nous sommes dans une zone de transition, a résumé Christophe Derumez, chercheur et formateur associé au sein de la Chaire ESSEC du changement. Nous avons quitté un existant que nous connaissions bien pour aller vers un inconnu que nous ne maîtrisons pas ». Les restaurant en profitent pour rénover leurs façades et leurs cuisines. Faisons de même en construisant des formations futures intégrant plus formellement ces notions d’interdisciplinarité et de tutorat afin de nous donner, dans un avenir proche, les moyens de maîtriser l’inconnu...

Lire le compte rendu des Journées de l’ANdEP 2021 ICI.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


Partager cet article

Vous recrutez ?

Publiez vos annonces, et consultez la cvthèque du site EMPLOI Soignant : des milliers de profils de soignants partout en France.

En savoir plus