Formations paramédicales : ne pas galvauder les épreuves diplômantes

vendredi 29 mai 2020, par Bruno Benque

Alors que le déconfinement amorce sa deuxième phase, la question de l’organisation des épreuves validantes pour les étudiants paramédicaux se pose dans les instituts de formation. Car, si les enseignements ont, somme toute, pu se poursuivre en e-learning, les examens de fin d’année seraient plus pertinents s’ils se déroulaient en présentiel. Les annonces du Premier Ministre pourraient les rendre possible, mais pas dans tous les territoires.

La crise sanitaire que nous traversons a bouleversé les habitudes des organisations soignantes comme jamais elles ne l’ont été depuis des années. Mais elle a également contraint les instituts de formations paramédicales à s’adapter, tout d’abord au confinement, qui a entraîné leur fermeture généralisée, mais aussi à de nouveaux processus pédagogiques censés assurer une continuité minimale des enseignements.

Organiser les évaluations de fin d’année du mieux possible

Et il faut maintenant faire en sorte que l’évaluation des étudiants, pour le passage à l’année suivante ou pour l’obtention du diplôme, pâtisse le moins possible des effets de la crise. Dans une récente interview, Martine Sommellette, Présidente du CEFIEC, nous assurait que les instituts allaient s’adapter aux nouvelles conditions de travail imposées par la pandémie. C’est ce qu’ils ont fait et qu’ils feront dans la période d’examens qui se profile. Car en effet, même si les formateurs ont développé des trésors d’ingéniosité pour pratiquer le e-learning, les programmes ont obligatoirement été tronqués et certaines unités d’enseignement (UE) sont incomplètes ou manquantes. Il faut donc mettre en place des modalités d’examens originales, les ARS, les conseils régionaux, ou le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche venant en support pour valider ces nouveaux processus de contrôle des connaissances. Les étudiants IBODE qui devaient obtenir leur diplôme en mars ont déjà été victimes de la conjoncture, il ne doit pas en être de même cet été.

Une diplômation à ne pas galvauder

Comme le dit Florence Girard, Présidente de l’Association Nationale des Directeurs d’Écoles Paramédicales (ANdEP) dans son éditorial du 12 mai 2020, « il y a un point crucial sur lequel nous sommes tous d’accord : la diplomation est un enjeu fondamental, peut-être plus encore aujourd’hui, tant les futurs professionnels sont attendus de pied ferme dans les différentes structures de soins. »

Reste que les inégalités demeurent, selon les régions ou les filières soignantes. Les facultés d’adaptation des formateurs, la motivation des étudiants pour suivre les cours à distance ou l’implication des intervenants sont des paramètres qui ont impacté fortement le niveau pédagogique des contenus d’e-learning. Sans compter les périodes de stages non réalisées. Mais le niveau des professionnels qui seront demain dans les services auprès des malades ne devrait pas trop en pâtir. Car la crise sanitaire a conduit une majorité d’entre eux à venir en renfort des équipes soignantes, ce qui se révèlera sans doute bénéfique pour leur expérience future. Ces épisodes d’immersion dans des conditions réelles valent souvent bien mieux que des stages qui quelquefois ne satisfassent ni les professionnels en poste, ni les étudiants eux-mêmes.

Un retour progressif au présentiel pour les épreuves validantes ?

Mais il faudra bien passer l’examen de fin d’année. Et les acteurs de la formation paramédicale s’interrogent sur la manière de l’organiser. Le Ministère a bien publié une foire aux questions sur ce thème, un document daté du 13 mai 2020, au sein duquel il émet des recommandations de déconfinement afin que les instituts ouvrent à nouveau et que les sessions en présentiel reprennent, du moins partiellement. « La continuité pédagogique à distance reste la règle pour organiser les cours, les travaux pratiques et les évaluations d’épreuves validantes, afin de permettre aux apprenants de terminer leur année et de valider leur cursus », annonce-t-il notamment. Mais les étudiants sont tout de même inquiets. Les associations professionnelles de spécialités se montrent quant à elles rassurantes sur la continuité des formations et le retour sur le chemin de l’institut, comme l’a fait récemment l’Association Nationale des Puéricultrices Diplômées et des Étudiants (ANPDE).

Mais les nouvelles dispositions annoncées hier par le Premier Ministre sur la phase 2 du déconfinement devraient faire accélérer cette tendance, sauf en région parisienne. Les échéances approchent et, pour l’intérêt des étudiants, des évaluations en présentiel seraient les bienvenues.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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