D. Combarnous : « l’ANCIM peut compter sur un grand nombre de sympathisants »

mercredi 2 décembre 2015, par Bruno Benque

A l’occasion de la 24ème Journée Nationale des cadres de santé organisée par l’Association des Cadres Infirmiers et Médico-techniques (ANCIM), qui s’est tenu le 27 novembre 2015 à Colmar, nous avons rencontré la Présidente Dominique Combarnous, pour un tour d’horizon des problématiques actuelles des cadres de santé, notamment celles liées au territoire et à la réingénierie de leur formation.

Cadredesante.com : Vous êtes Présidente de l’ANCIM. Combien de personnes cette association touche-t-elle ?

Dominique Combarnous : L’ANCIM n’a qu’une trentaine d’adhérents, mais elle couvre un réseau de sympathisants de 250 personnes. L’adhésion à une association n’a plus, de nos jours, la même signification que par le passé. Mais nous pouvons compter sur une centaine de cadres à chacun des congrès que nous organisons. Ce congrès est itinérant, partout en France, ce qui nous permet de rencontrer à chaque fois des participants différents, mis à part le noyau dûr des fidèles.

« Le territoire fait appel à des notions plus vastes qu’il n’y parait »

CDS.com : L’assistance cette année est essentiellement constituée de personnes du public. Est-ce une volonté de votre part ?

D.C. : Pas du tout ! Nous envoyons des documents d’information à tous les établissements de santé. Mais c’est difficile de toucher tout le monde, d’autant que les Directeurs de soins qui sont destinataires de nos communications ne jouent pas forcément le jeu et ne les diffusent pas. Sur ce point, je pense que l’article publié sur votre site dernièrement a eu une influence sur les inscriptions supplémentaires que nous avons enregistrées ces derniers jours.

CDS.com : Le thème principal du congrès ANCIM 2016 est « le terrotoire et la territorialité ». Vous avez anticipé l’heure des GHT ?

D.C. : Je suis, en fait, intervenue en début d’année à l’IFCS de la Pitié-Salpêtrière sur ce thème. Les retours d’expériences dont j’ai été témoin en préparant cette allocution m’ont donné l’idée de le traiter pour le congrès, avec notamment la nuance de la territorialité et les problématiques de proximité. Mais cela ne recouvre pas que la notion de GHT, puisque cela fait appel à l’histoire, à l’anthropologie, à la psychologie...

« Les coopérations public-privé améliorent la prise en charge des patients dans certains territoires »

CDS.com : Les GHT ne feront appel qu’aux structures publiques. Cela cadre-t-il avec la notion de territorialité ?

D.C. : Pas totalement, effectivement. Les coopérations public/privé sont très présentes dans les retours d’expériences que j’ai pu étudier. Elles sont, de plus, favorisées par les ARS et reposent la plupart du temps sur des projets médicaux en lien avec les besoins des populations. Elle posent, certes, quelques problèmes de gestion des ressources humaines, car elles font collaborer des personnels appartenant à des conventions collectives différentes. Mais elles permettent à chacun d’harmoniser ses pratiques afin que la prise en charge des patients, dans un territoire donné, soit optimale.

CDS.com : Le rôle des cadres de santé est également original dans de telles structures ?

D.C. : Tout à fait ! Mais c’est le rôle du cadre de santé en général, qui est appelé à changer. Les deux filières « manager » et « formateur » n’ont plus grand chose en commun aujourd’hui. Ce sont deux métiers désormais différents. Le groupe de réflexion sur la réingénierie de la formation en d’ailleurs tenu compte significativement.

« Les IFCS tels qu’on les a connus semblent obsolètes »

CDS.com : Cécile Kanitzer nous a tracé un résumé de la situation au sujet de la réingénierie. Qu’en pensez-vous ?

D.C. : Les travaux sur le référentiel sont au point mort depuis deux ans, le groupe de réflexion ayant arrêté ses travaux. Je fais partie du groupe de production, qui a dû, de fait, se mettre en stand by depuis deux ans.Je crains qu’il ne faille attendre la fin des discussions sur la Loi de modernisation du système de santé pour pouvoir prétendre à une quelconque évolution. Un grand nombre de projets de ce type sont commencés et rien n’est bouclé. Les financements, l’intervention des universités et des régions, la définition des éventuelles passerelles entre les deux filières, sont autant de points de désaccords entre les différentes parties qui ont fait capoter les projets. Sans compter que les intervenants du Ministères ne sont jamais les mêmes !

CDS.com : Comment voyez-vous l’évolution de cette formation ?

D.C. : Je pense qu’il est possible que les IFCS tels qu’on les a connus ne soient quelque peu obsolètes. Je vous l’ai dit, il y a maintenant deux métiers différents. Nous nous dirigeons peut-être vers la constitution de deux instituts différents. D’ailleurs, à la Réunion, un institut expérimental forme des cadres de santé et des cadres administratifs au sein des mêmes promotions. Cela peut déboucher sur quelque chose de vraiment nouveau.

Propos recueillis par Bruno Benque
Rédacteur en chef cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com


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