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Télémédecine : les raisons qui l’empêchent de se développer

vendredi 4 août 2017, par Bruno Benque

La télémédecine est en retard par rapport aux projections qui ont été faites en 2012. Le Dr Pierre Simon détaille, dans un article publié dans le Blog MMS, les freins à l’expansion de ce secteur, parmi lesquels le défaut de formation des professionnels ou la faible utilité des fonds publics qui y sont consacrés depuis quelques années.

La télémédecine tarde à s’implanter dans l’environnement sanitaire français. Pourtant, la médecine du XXIème siècle, sous l’effet conjugué de l’augmentation du nombre de malades chronique et de la pénurie médicale, entre autres, ne peut plus se passer d’activités telles que la téléconsultation, la télé-expertise ou la téléradiologie notamment.

Une multitude de métiers concernés par la télémédecine

Pour le Dr Pierre Simon, qui fut il n’y a pas si longtemps Président de la Société Française de Télémédecine (SFT), il y a trois raisons majeures qui empêche cette nouvelle activité médicale à se développer. Il a d’ailleurs consacré, dernièrement, un article à ce problème dans le Blog MMS. Tous les métiers qui contribuent à la réussite de la transition numérique, annonce-t-il en préambule,regroupés sous la dénomination commune des « tiers technologiques, concernent les métiers de l’information (Ingénieurs informaticiens, hébergeurs de données personnelles, spécialistes du Big Data et de l’intelligence artificielle, etc.) et ceux de la communication (opérateurs et conciergerie de réseau numérique, fournisseurs de systèmes de visioconférence ou de webcam, fournisseurs de dispositifs médicaux, d’objets connectés et d’applis à finalité médicale,etc.).

Une discipline en retard sur les projections réalisées en 2012

Il y ajoute quelques nouveaux métiers apparus avec l’avènement du numérique, parmi lesquels des juristes spécialisés dans le champ de la télémédecine et de la santé connectée, des économistes de la santé, des coordonnateurs de télémédecine ou les personnes « qui assurent l’accompagnement thérapeutique lorsque la télémédecine, formidable outil d’éducation à la santé et thérapeutique, s’adresse en particulier aux patients atteints de maladies chroniques. » L’ensemble de ces acteurs est désormais intégré dans tout projet médical de télémédecine et de santé connecté qui se respecte, ce qui est une condition essentielle de réussite. L’intention est là, les acteurs sont identifiés, mais la télémédecine ne prend pas son essor. Quelles sont donc les raisons de ce retard ?

Le manque de formation des professionnels

Le Dr Pierre Simon cible tout d’abord l’absence de programme de formation à la télémédecine et à la santé connectée pour les professionnels de santé en activité. Il s’étonne de la non mobilisation des Organismes Paritaires Collecteurs Agréés (OPCA) sur ce champ, alors qu’ils sont en première ligne puisqu’ils sont chargés de collecter les obligations financières des entreprises en matière de formation professionnelle qui dépassent le milliard d’euros chaque année, ainsi que du manque d’une vraie politique universitaire pour homogénéiser les formations sur cette thématique de la part des Facultés de médecine.Pour le Dr Simon, il est désormais « urgent de mettre en place, dès 2018, un vaste programme de formation aux pratiques professionnelles de télémédecine et de santé connectée. Les pouvoirs publics pourraient confier ce programme de formation aux OPCA du sanitaire et du médico-social, ce qui aurait l’avantage d’être accessible gratuitement à tous les professionnels de santé concernés. »

De la faible utilité des fonds publics consacrés à ce secteur

Un autre facteur de mauvaise dynamique du secteur est, selon lui, la faible utilité de l’argent public distribué depuis les programmes de développement de 2012, aux investisseurs et aux éditeurs de solutions de télémédecine. Cela est dû à la courte durée de vie d’une solution technologique numérique, à l’étroitesse du marché de télémédecine qui représente, selon le SYNTEC, en 2013, moins de 200 millions d’euros par an, à la qualité dans les usages des solutions dédiées, qui, à l’instar des pratiques médicales, « dépend généralement d’un seuil minimum d’activité » ainsi qu’à « l’absence de financement des pratiques professionnelles de télémédecine chez les médecins libéraux jusqu’en 2016-17 », alors que le secteur hospitalier les a financées dans la T2A (permanence des soins en téléradiologie, télé-AVC, télémédecine dans les prisons). Et le Dr Simon de fonder quelques espoirs sur « les récentes initiatives prises par la CNAMTS qui ajoute un avenant « télémédecine » à la Convention médicale 2016 et a annoncé le 9 juin 2017 le financement de ces pratiques nouvelles dans le droit commun de la sécurité sociale dès 2018 ».

Modifier les dispositifs réglementaires afin de l’adapter aux besoins

Sur le plan réglementaire enfin, il souhaite redonner de l’initiative aux médecins,et leur laisser « la liberté de construire lui-même ses pratiques médicales au XXIème siècle en fonction du lieu où il exerce ». Il préconise de revenir sur le contenu du 3ème chapitre du décret du 19 octobre 2010 relatif à la télémédecine, à propos de l’organisation contractualisée en régions et de clarifier, dans le premier chapitre du décret, « ce qu’est une plateforme publique ou privée de téléconseil médical personnalisé ». Il souhaite ainsi que l’accès à ces plateformes soit gratuit pour tous les citoyens français afin de mettre fin « à l’ubérisation galopante que nous constatons aujourd’hui ».

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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