Les politiques doivent soutenir les initiatives en faveur de la télémédecine

lundi 30 mars 2015, par Bruno Benque

Le déploiement de la télémédecine est assujetti à la mise en place, sur l’ensemble du territoire, à une architecture réseau haut débit et à la construction de modèles médico-économiques cohérents. Les politiques se doivent désormais d’accompagner les initiatives régionales des acteurs de la esanté dans leur action contre la désertification médicale.

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Les acteurs de la prise en charge des patients en milieu rural ou isolé sont souvent très inventifs dans leur action contre la désertification médicale. Le Colloque organisé par le CATEL le 26 mars 2015 a montré la créativité des médecins, paramédicaux, mais aussi industriels, élus et associations de patients sur le champ de la e-santé et de la télémédecine.

Des salles de conférence relayées sur écran géant

Cette manifestation a la particularité de réunir un millier de personnes, disséminées aux quatre coins du monde francophone, par téléconférence. La session 2015 a en effet mis en contact des conférenciers se trouvant dans la plupart des régions françaises mais également au Maroc, en Algérie ou aux Antilles. Les salles de cours étaient équipées d’un écran géant qui affichait, en position centrale, l’image du conférencier prenant la parole et des bandeaux, bas et latéral, étaient occupés par une mosaïque montrant les autres lieux d’émission.

Le cabinet de consultation du futur

Cette configuration, très au point techniquement, ainsi que la fluidité des transmissions nous ont amenés à imaginer ce que pourrait être une consultation médicale en milieu rural ou isolé dans un futur proche. Le thème du jour s’y prêtait tout à fait, illustré par les nombreuses initiatives présentées, en faveur de la prise en charge à distance de pathologies aigües comme l’AVC, de maladies chroniques impliquant des réseaux de professionnels de santé, ou de monitoring de personnes âgées à leur domicile ou en EHPAD. On s’est donc mis à rêver d’une configuration où un médecin, au sein de son cabinet, réaliserait une consultation par visioconférence, son patient se trouvant au centre de l’image et la mosaïque montrant le visage et le nom des autres malades à consulter, faisant ainsi office de salle d’attente virtuelle.

Des organisations et des prérequis technologiques éprouvés

On pourrait également imaginer que, dans le cadre d’une télé expertise radiologique pour une pathologie aigüe, la visioconférence patient/médecin soit accompagnée de bandeaux montrant les constantes vitales du malade, les images associées aux derniers examens d’imagerie réalisés ou les résultats de laboratoire. L’ensemble des présentations réalisées lors de cette journée montre néanmoins que ce n’est pas de la science fiction. Les professionnels de santé concernés ont mis en place des organisations efficaces pour la prise en charge de leurs patients et les prérequis technologiques pour en assurer la fiabilité et la fluidité sont respectés. Alors que manque-t-il pour que ces expériences se généralisent ? Une architecture réseau à haut débit dans toutes les régions, même les plus reculées, ainsi que la mise en œuvre de modèles médico-économiques permettant d’assurer la pérennité de ces initiatives.

La balle est donc dans le camp des politiques, les seuls qui soient à même de mettre en place des plans d’équipement et de financement à l’échelle nationale. Mais cela figure-t-il dans leurs priorités et en ont-ils la volonté ? Rien est moins sûr. Retour à la science fiction…

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com


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