Les étapes clés pour une intégration optimale de l’IA dans les organisations soignantes

vendredi 7 juin 2024, par Bruno Benque

L’IA est un élément perturbateur qui améliore les pratiques soignantes et l’efficacité opérationnelle. Afin qu’elle soit bien intégrée dans les pratiques soignantes, elle doit être considérée comme un changement culturel qui doit obtenir l’approbation de tous les acteurs. Il faut également veiller à ce que l’outil soit adapté aux spécificités territoriales et assurer la collaboration homme-machine par des formations solides. L’intégration de l’IA dans une organisation de Santé répond répond finalement à une banale procédure de management de l’innovation.

Dans une époque où la médecine personnalisée et préventive nous impose de revoir nos pratiques et d’adapter notre discours envers les patients, l’arrivée de l’IA dans notre domaine semble prometteuse car elle fusionne la connaissance humaine et la précision des machines, améliorant ainsi la précision du diagnostic, l’efficacité opérationnelle et les soins aux patients.

L’IA, élément perturbateur qui améliore les pratiques soignantes et l’efficacité opérationnelle

L’expérience montre que l’intégration de l’IA dans un environnement de Santé doit suivre plusieurs étapes clés, afin d’éviter les pièges de mise en œuvre, et obéir à des processus stratégiques pour garantir le succès des usages de ces solutions. L’exemple de l’IA en radiologie, spécialité médicale pionnière en la matière, qui n’a pas pour but de remplacer les radiologues mais de leur donner plus de marge de manœuvre, est en ce sens révélateur et nous avons désormais un peu de recul pour s’y arrêter.

Dans un article publié dans healthmanagement.org, le Dr Hugues Brat, radiologue suisse spécialiste de ces questions, évoque une évolution perturbatrice dans l’amélioration de la précision du diagnostic, des soins aux patients et de l’efficacité opérationnelle.

Un changement culturel qui doit obtenir l’approbation de tous les acteurs

Il marque ainsi l’importance d’avoir une vision stratégique claire pour l’intégration de l’IA dans une organisation. De nombreux établissements de santé se précipitent pour adopter les technologies d’IA sans un plan solide qui corresponde à leurs objectifs à long terme, au risque d’une adoption partielle de ces solutions, conduisant à des résultats décevants et à un gaspillage d’investissements.

La gouvernance de l’IA dans une organisation doit s’accompagner d’une vision des usages éthiques de l’IA, du respect des réglementations et de l’alignement sur les référentiels qualité, afin que les acteurs gagnent en confiance et adhèrent pleinement au projet. C’est la raison pour laquelle la phase de préparation, qui est souvent négligée, est une étape clé. L’IA n’est pas seulement une mise à niveau technologique mais un changement culturel qui impacte chaque niveau d’une organisation, cliniciens, personnel informatique, direction, personnel financier, payeurs et patients.

Veiller à ce que l’outil soit adapté aux spécificités territoriales

Chaque partie prenante a des idées, des préoccupations et des niveaux de pouvoir différents qui peuvent avoir un impact significatif sur le succès des initiatives d’IA. Engager ces parties prenantes dès le début, et régulièrement, garantit que les solutions d’IA mises en œuvre sont pratiques, bien accueillies et parfaitement intégrées dans les opérations quotidiennes.

Il est nécessaire ensuite de voir si la solution d’IA peut s’adapter aux données démographiques du bassin de population considéré en testant l’application d’IA sur des données locales à partir de bases de données spécifiques. De la même manière, les outils d’IA doivent s’intégrer aux systèmes informatiques de santé existants, les DPI, RIS ou PACS, notamment.

Assurer la collaboration homme-machine par des formations solides

D’autre part, et puisque les algorithmes seront pilotés par des professionnels, une formation adéquate sur la manière d’interagir avec les outils d’IA est primordiale, afin qu’ils puissent découvrir les aspects techniques du fonctionnement des systèmes d’IA, les possibilités et les limites de la technologie, l’interprétation des biais générés par l’IA et l’importance de maintenir le jugement clinique dans les processus de prise de décision. Il s’agit notamment d’atténuer le risque de dépendance excessive ou d’insuffisante à l’égard des décisions en matière d’IA et de soutenir une approche équilibrée de la collaboration homme-machine en milieu clinique.

Une intégration qui répond à une procédure de management de l’innovation

Le Dr Brat nous conseille enfin de pratiquer une évaluation régulière des performances techniques de la solution et de la satisfaction des utilisateurs à l’égard des outils d’IA, pour maintenir l’efficacité des usages, s’adapter à l’évolution des besoins cliniques et identifier toute perte de performances. Des boucles de rétroaction pratiques et interactives permettent également aux utilisateurs d’exprimer leurs préoccupations et de suggérer des améliorations, favorisant ainsi une culture de collaboration et d’amélioration continue.

Le parcours vers l’intégration de l’IA dans les soins de santé est donc, nous l’avons compris, semé d’embûches, mais aussi riche en opportunités. Dans ce cadre, des discussions sur les erreurs les plus courantes pouvant être commises au cours de ce processus est la première étape pour les promoteurs de ce type de solutions. Et bien que l’IA ait ses particularités spécifiques, il s’agit, en fait, que de mettre en place une procédure banale de management de l’innovation...

Lire l’article du Dr Hugues Brat dans son intégralité.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@gpsante.fr
@bbenk34.


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