La stratégie Ma Santé 2022 sera forcément numérique

mardi 9 février 2021, par Bruno Benque

La transformation du système de Santé voulue par la stratégie Ma Santé 2022 mettra le numérique au premier plan pour favoriser la coopération des professionnels de Santé et des patients. C’est ce qu’a annoncé Dominique Pon lors d’une visioconférence récente au cours de laquelle il a présenté les trois étages de la fusée du numérique en Santé dans les prochaines années. Il a, dans ce cadre, évoqué le futur Espace Numérique de Santé, qui sera pour chaque citoyen une extension fonctionnelle du DMP, ainsi que l’investissement de tout l’écosystème dans cette évolution.

La stratégie Ma santé 2022, initiée par le gouvernement en 2020, est sensée favoriser une meilleure organisation des professionnels de santé qui devront, dit le gouvernement, « travailler ensemble et mieux coopérer au service de la santé des patients ».

Trente actions concrètes pour le numérique dans Ma Santé 2022

Mais ma Santé 2022 fait surtout de la qualité et de la pertinence des soins le fil rouge de la transformation du système de Santé. Désormais, les professionnels de Santé se coordonneront plus efficacement pour intervenir dans le parcours de soins, entre autre grâce au numérique. Le numérique, dans ce contexte, ce sont trente actions concrètes recensées pour structurer les applications dont les professionnels de Santé et les patients font usage au quotidien. Il s’agit également de rendre les données de Santé accessibles aux personnes qui y sont habilitées, en mettant l’accent sur une nouvelle culture du numérique ainsi que sur une vision souveraine des informations de Santé dans l’Hexagone.

Un processus technologique en trois parties distinctes

C’est par ces mots que Dominique Pon, Directeur Général de la Clinique Pasteur de Toulouse, qui assure la responsabilité de la stratégie gouvernementale de la transformation numérique en Santé, a ouvert sa présentation lors de la visioconférence organisée le 28 janvier 2021 par Medicen Paris Région et intitulée : « Ma Santé 2022 - Acélération de la filière française de l’imagerie médicale ». Au-delà des considérations spécifiques à l’imagerie médicale, Dominique Pon s’est livré, à cette occasion, à une présentation didactique des processus technologiques par lesquels passera la coopération numérique des acteurs sanitaires à court terme. Il a donné sa vision du numérique de Santé moderne en le scindant en trois parties, des référentiels socles, des services socles et des espaces numériques.

Des fondations législatives et éthiques solides

Dans le champ des référentiels socles, on trouve tout ce qui se réfère, de près ou de loin, au cadre législatif et éthique qui guide les usages du numérique en Santé, un espace de confiance en quelque sorte. Il comprend donc la politique générale de sécurité des systèmes d’information, la cybersurveillance, le protocole validant le statut d’hébergeur de données de Santé, le cadre d’interopérabilité, le Répertoire Opérationnel des Ressources (ROR) ou l’identifiant numérique de Santé (INS). Mais cet environnement comprend également toutes les plateformes ou agences dédiées, en premier lieu l’Agence du Numérique en Santé (ANS), le Centre de Gestion des Terminologies de Santé (CGTS) ou des organismes comme France Connect ou PRo Santé Connect.

Un étage opérationnel éprouvé et un écosystème disparate

Cette base étant établie, Dominique Pon a décrit ensuite le deuxième étage de la fusée, plus opérationnelle, comprenant les services socles. C’est là que l’on trouve le Dossier Médical Partagé (DMP), la messagerie sécurisée de Santé (MSS), les outils de e-prescription ou les plateformes de coordination pour les acteurs du parcours de Santé. Quant à la troisième partie du numérique en Santé évoquée par l’orateur, elle rassemble l’écosystème des solutions et environnements utilisés par les professionnels de Santé et les patients au quotidien, parmi lesquels les plateformes numériques en devenir ou déjà implantées comme le Health Data Hub pour la gestion des données, le bouquet de services professionnels ou l’espace numérique de Santé (ENS).

L’Espace Numérique de Santé, extension fonctionnelle du DMP

Et c’est ce sur ce dernier qu’il s’est attardé. Car l’ENS est appelé à devenir, à partir de janvier 2022, le DMP nouvelle version auquel sera ajouté un client de messagerie sécurisé, pour chaque citoyen présent sur le sol français. Il centralisera toutes les données de Santé que le patient voudra y intégrer, les résumés de séjours hospitaliers, les images médicales qu’il aura produites, les comptes rendus de toutes sortes ou la synthèse médicale de son médecin généraliste référent. Dominique Pon a rappelé à ce titre que le Ségur du numérique en Santé avait octroyé 2 Mds€ pour le déploiement de nouvelles plateformes, dont l’ENS, avec une enveloppe de 600 M€ pour le médico-social et une autre de 1,4 Mds€ pour sécuriser les données de Santé détenues par les professionnels et les établissements de Santé, ainsi que par les industriels et éditeurs du secteur.

« Il s’agit d’un très gros dossier de la stratégie Ma Santé 2022 », a conclu Dominique Pon. L’ensemble de l’écosystème l’a d’ailleurs bien compris, la Santé digitale est un marché clé de l’industrie française qui lui a fait une place significative dans le Plan d’investissement d’avenir pour soutenir l’innovation, et qui a fait l’objet de la signature d’une charte d’engagement par près de 400 industriels français.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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