Entrepôt de données de Santé : de quoi parle-t-on ?

mardi 16 août 2022, par Bruno Benque

Le Ministère vient de proposer, aux candidats à l’appel à projets visant à «  accompagner et soutenir la constitution d’entrepôts de données de santé hospitaliers  », un ensemble de questions réponses pour les aider à avancer dans leurs travaux. Mais qu’entend-on, au juste, dans le terme « Entrepôt de Données de Santé » ? Voici quelques réflexions et orientations sur ce sujet spécifique...

Le 17 mars 2022, le Ministre des Solidarités et de la Santé de l’époque, Olivier Véran, annonçait l’ouverture d’un appel à projets visant à «  accompagner et soutenir la constitution d’entrepôts de données de santé hospitaliers  », doté de 50 M€ sur la période 2022-2024, dans le cadre de France 2030.

Assurer l’avenir de la médecine 5P en France

Cette initiative vise à mettre en place et renforcer un réseau d’Entrepôts de Données de Santé (EDS) hospitaliers, coordonnés avec le Health Data Hub. Il s’agit, dans ce cadre, de fédérer l’écosystème public et privé de la recherche et de l’innovation, renforcer le caractère compétitif de la France en matière de données de santé et de consoloder l’analyse des big datas en santé et le développement de la médecine 5P (Préventive, Prédictive, Personnalisée, Participative et basée sur les Preuves), via des projets de recherche et d’innovation d’excellence. Sans oublier, bien sûr, la nécessité de doter les professionnels de santé d’outils au service de leur activité centrés sur le patient.

Doter l’écosystème français d’une plateforme capable de traiter le big data de Santé

L’EDS semble donc représenter aujourd’hui la pierre angulaire de toute l’architecture de la e-santé, voire du système de Santé tel que l’on peut l’imaginer à moyen terme. La question du big data n’est plus, en effet, de savoir traiter cette volumétrie, car la technologie est aujourd’hui mature, mais plutôt de concevoir une brique technique capable d’agréger la donnée de Santé pour la valoriser, de normaliser ce flux d’information et de mettre en œuvre les mécanismes qui permettent aux professionnels un accès fiable et sécurisé dans leur pratique. Le Dossier Personnel Informatisé (DPI) n’est pas, dans ce cadre, l’outil adéquat pour partager ces données, car c’est avant tout un outil de production de soins, de même que le feu DMP, trop contraint devant la diversité des fichiers à traiter.

Optimiser les parcours de soins et valoriser la donnée dans les projets de recherche

L’EDS constitue une véritable approche innovante pour assurer le stockage et le partage des données des patients, car il est capable de traiter toutes sortes de documents et données, y compris les données biomédicales, les prescriptions ou les données médico-économiques, et au-delà, des données génomiques, à travers une architecture web favorisant un accès rapide et universel. Il va investir, à la fois, le cadre du soin, pour fluidifier et faciliter le parcours patient sur un territoire, ainsi que le champ de la recherche, à travers la valorisation des données agrégées dans un but analytique, pour permettre notamment l’usage d’outils orientés Intelligence Artificielle, le tout selon un schéma interopérable et ouvert, permettant le cas échéant d’envisager d’autres usages, comme, par exemple, le pilotage médico-économique des établissements de santé.

De nouvelles normes informatiques dédiées à ce processus interopérable et sécuritaire

Et pour finir sur une touche technologique, disons qu’un EDS est composé grossièrement d’une fonctionnalité appelée Registry, qui sert à indexer les documents pour une identification plus rapide et plus efficace en stockant les métadonnées des informations qu’il reçoit, et d’une autre appelée Repository, qui recueille et traite les données brutes des documents reçus selon une technologies big data. Il est, nous l’avons dit, capable de traiter tous types de codes documentaires, aux moyens d’interfaces d’interopérabilité nommées API, normées désormais dans un langage informatique nouveau, dont le plus utilisé ces derniers temps est le HL7 FHIR simplifiant le travail des développeurs et des éditeurs qui produisent des solutions conçues pour exploiter ces données.

Les éditeurs de logiciels ainsi que les établissements de Santé qui souhaitent se lancer dans cet appel à projet, et qui peuvent, d’autre part, trouver des réponses à leurs questionnements sur celui-ci sur lite du Ministère, devront rendre leur copie, soit le 11 octobre 2022, soit le 12 avril 2023, le Ministère ayant ouvert deux fenêtres pour les candidats.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34.


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