Une année de recherche pour améliorer la Qualité de Vie au Travail

vendredi 29 décembre 2017, par Bruno Benque

La Qualité de Vie au Travail (QVT) est un rêve inaccessible pour certains soignants et le « succès » de l’Association SPS en est une preuve concrète. Mais nous avons relaté, durant cette année 2017, des travaux de recherche et des initiatives de terrain qui peuvent permettre aux managers de traiter le mal à la racine et donner les moyens à leurs collaborateurs de mieux appréhender les aléas de leur vie au travail.

L’année 2017 ne nous a encore rien montré de nouveau sur le front de la souffrance des soignants en France.

La SPS écoute et apporte du soutien aux soignants en détresse

Partout sont déclarés une dégradation des conditions de travail, des valeurs soignantes perdues, une pénibilité du travail non reconnue ou du burn-out, dans les rangs infirmiers, mais aussi chez les médecins, les aides-soignants, des notions qui, poussées à leur paroxysme, peuvent les conduire au suicide. Comment, dès lors, agir concrètement pour atténuer cette souffrance ? On peut, comme le fait l’Association Soins aux Professionnels de la Santé (SPS), agir pour combattre les effets néfastes de cette situation sur la santé des soignants en leur proposant une écoute et un soutien. Notons que SPS connait malheureusement une activité en forte progression et organisera en 2018, des sessions de formation des soignants pour leur permettre de faire de la prévention en amont et de dédramatiser des mots comme « pensées suicidaires », « suicidants » et « suicide ».

Des ressources intrinsèques pour se sentir mieux au travail

Mais l’on peut aussi, pour endiguer le fléau de la souffrance soignante, agir pour améliorer la Qualité de Vie eu Travail (QVT). Nous avons, au cours de cette année qui s’achève, régulièrement fait écho des initiatives prises ça et là pour traiter ce problème. Nous avons tout d’abord, pour enrichir notre base théorique, partagé quelques ouvrages comme celui de Fabienne Autier et Sanjy Ramboatiana, intitulé « Travailler, pourquoi faire ? Guide de réussite professionnelle à l’usage de tous ». Ce livre se propose de prendre le problème à la racine et de décomposer une carrière professionnelle en plusieurs parties, au cours desquelles les salariés voient leurs motivations au travail évoluer. Ces fluctuations sont de nature à leur faire supporter plus ou moins bien les contraintes professionnelles, et les connaître permet au manager d’anticiper, selon que le collaborateur assoit sa motivation sur « les obligations, les initiatives ou les aspirations ».

Accorder aux collaborateurs des plages de repos

On peut également, pour améliorer la QVT au sein de son organisation, mettre ses collaborateurs au repos pendant la journée de travail. N’y voyez pas là une quelconque remarque sarcastique, mais bien le résultat d’une authentique étude scientifique menée Cyril Couffé, Docteur en Psychologie cognitive. Le chercheur a observé les capacités cognitives de trois groupes de personnes dont l’un était composé de travailleurs bénéficiant d’une pause de 60 secondes tous les quarts d’heure. Cette courte période d’errance mentale lui a permis d’observer une très nette différence, non seulement sur leurs capacités attentionnelles, mais aussi en termes de gain d’énergie et de disponibilité. Une manière d’être plus productif en somme, en perdant du temps pour en gagner.

Soigner notre routinite aigüe

Nous souhaitions revenir également sur l’initiative prise à l’Hôpital d’Instruction des Armées Bégin pour améliorer la reconnaissance des professionnels et leur permettre d’atteindre une plus grande QVT. La mise en place de nouveaux canaux de communication et la démarche participative concourent ainsi au dispositif de prévention des risques psychosociaux et renforce un sentiment d’appartenance à l’équipe. Elle favorise un esprit de cohésion, tout en apportant du bien-être au travail au profit des personnels et des patients. Sur le même thème, nous avons accompagné le congrès annuel de l’ANCIM dont l’intitulé était « La qualité de vie au travail des cadres, si on en parlait... » Le moment phare de cet événement a certainement été l’intervention de Stéphanie Assante, auteur, coach et routinologue, qui propose de soigner notre « routinite aigüe » en démontrant qu’on peut devenir le Héros de sa propre vie.

Les solutions à adopter pour une meilleure QVT dans nos organisations sont, nous l’avons constaté tout au long de cette année 2017, nombreuses et diverses. Nous devons nous en emparer afin d’agir efficacement sur le malaise des soignants.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


Partager cet article