Secteur privé à but non lucratif : les directeurs s’expriment dans une enquête

jeudi 27 septembre 2018, par Bruno Benque

L’enquête publiée par la FEHAP sur le thème du moral des directeurs des établissements privés à but non lucratif correspond peu ou prou à l’idée générale que se fait l’ensemble des acteurs de ce secteur. Ils apprécient notamment d’assurer un service d’utilité publique tout en gardant une certaine marge de manœuvre et la quantité de travail à laquelle ils sont soumis ne garantit pas un équilibre entre la vie privée et professionnelle. Mais ils ont tout de même des attentes, quant à la pérennité des financements publics dont peuvent profiter leurs établissements, ou quant à leur formation juridique.

La Fédération des Établissements Hospitaliers et d’Aide à la Personne privés à but non lucratif (FEHAP) a lancé une étude au sujet du moral des directeurs œuvrant dans ce type de structure.

Assurer un service d’utilité publique tout en gardant une marge de manœuvre

Cette enquête, commandée en coopération avec AESIO, MACIF et MALAKOFF MEDERIC, a été réalisée par OpinionWay auprès d’un échantillon représentatif de 684 directeurs d’établissements relevant de la FEHAP, aux moyens d’un questionnaire en ligne, 25 juin au 13 juillet 2018. Si ces professionnels exercent dans le secteur privé à but non lucratif, c’est d’abord par choix. Ils sont en effet 95% à déclarer avoir choisi de travailler dans ce secteur pour donner du sens à leur mission en assurant un service d’utilité publique et prouver leur engagement au service de la collectivité, tout en pouvant disposer des marges de manœuvre nécessaires à la conduite de leur établissement. Ils déclarent ainsi adhérer pleinement à l’identité privée non lucrative faite de gestion privée et de mission d’intérêt général.

Une quantité de travail ne garantissant pas un équilibre entre vie privée et professionnelle

Mais malgré cette implication, 78% d’entre eux déclarent que le secteur privé non lucratif n’est pas suffisamment pris en compte, ni reconnus, ni valorisés par les politiques publiques. Par ailleurs, ces directeurs sont 66% à déclarer que la quantité de travail à laquelle ils sont soumis ne leur permet pas de trouver un réel équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Ils perdent également confiance en la pérennité des financements publics qui sont attribués à ce mode d’organisation publique à but non lucratif et, en corollaire de ce qui précède, ils sont 66% à se montrer inquiets pour la pérennité de leurs avantages fiscaux.

Au sujet des réformes du système de Santé, une thématique d’une actualité brûlante depuis l’annonce du Président de la République du 18 septembre 2018, s’ils sont 52% à penser qu’elles sont pertinentes et ont du sens, ils objectivent un défaut de méthode pour leur mise en place (76%), ainsi qu’un manque dans les financements pour les mener à leur terme (89%).

De forts besoins en formations dans le domaine juridique

Enfin, les directeurs du privé à but non lucratif ont de grandes attentes quant aux évolutions de leurs missions, en lien avec l’appréhension des transformations sociétales à venir.Ils se disent pour 47% d’entre eux, suffisamment informés et préparés dans ce cadre. Reste que le cadre légal et réglementaire semble, pour la majorité d’entre eux, contraignant vis à vis de l’exercice de leurs missions mais ils se félicitent d’avoir pu suivre au moins une formation au cours des deux dernières années. Et c’est dans le domaine juridique qu’ils ressentent le plus de besoins d’actualiser leurs connaissances.

Nous les invitons donc à consulter, deux fois par mois, la veille que l’Institut Droit et Santé réalise pour nous et que nous publions dans nos colonnes.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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