Rencontres FHF : la pratique avancée aussi pour les cadres

lundi 26 mars 2018, par Dominique Combarnous

Les relations entre l’encadrement médical et paramédical à l’hôpital ont constitué le thème phare des Rencontres Annuelles des Cadres (RAC) organisées par la FHF les 22 et 23 mars 2018 intitulées « La pratique avancée des cadres ». Plus de 270 participants avaient bravé les grèves pour assister à ces journées toujours riches en enseignements et en échanges.

La Fédération Hospitalière de France (FHF) a réuni 270 professionnels d’encadrement de proximité, intermédiaires et stratégiques, les 22 et 23 mars 2018, pour les Rencontres Annuelles des Cadres (RAC). Malgré les circonstances de grève, notamment des trains, les cadres ont encore une fois fait preuve de motivation et débrouillardise pour pouvoir assister aux journées qui furent une réussite.

L’importance de l’équilibre entre l’encadrement médical et paramédical

Mme Zaynab Riet, déléguée générale de la FHF a ouvert les RAC en rappelant toute l’importance dans le contexte actuel d’une nécessaire évolution des missions de la fonction cadre. La FHF soutient les protocoles de coopérations et donc le transfert des compétences ainsi que tout ce qui est en mesure de les renforcer, notamment dans les GHT. Certains GHT ont été l’occasion d’avoir des projets médico/soignants partagés et l’équilibre entre l’encadrement médical et paramédical est à maintenir pour certains, à créer pour d’autres. Il faudra tenter de fédérer autour de décisions et de projets au sein de services, pôles, etc. La qualité des soins et la pertinence de ceux-ci vient appuyer la mise en place des pratiques avancées en collaboration ville/hôpital. L’apparition de nouveaux métiers va impliquer inévitablement l’émergence d’une évolution managériale. Mme Riet dit ne pas nier, toutefois, la difficulté des cadres qui vivent et gèrent souvent des injonctions contradictoires.

Les spécificités étonnantes de l’hôpital

La première conférence plénière a traité du « management : une démarche sociale », Mr Xavier Dutheil a rappelé la fragilité capitalistique dans les entreprises qui sont plus « mortelles » qu’avant, l’aspect volatile dans les rapports entre salariés et organisation, avec des emplois précaires, où 10% des CDD sont transformés en CDI. De par notre culture, le travail est considéré comme un lieu de souffrance. Il alerte donc sur le fait qu’en isolant les individus, en individualisant leurs performances, on les fragilise. Pour tenir le coup, l’entreprise doit être un lieu d’accomplissement, tout ce qui peut contribuer à la démocratie interne doit être mobilisé. Cela doit être un lieu possible pour les talents individuels et l’attention du manager doit se placer sur l’individu, à travers le groupe humain. A l’hôpital, plusieurs spécificités étonnantes du point de vue de l’extérieur : la logique des silos, la tradition médicale, qui se vit encore souvent en dehors du management, ou la « bizarrerie managériale » qui présuppose que l’on peut gérer 80 à 150 personnes comme si on en avait 10 ! et des directeurs qui ne parlent que de la dette et du déficit.

Dans tout cela, on demande au cadre d’être celui qui assume (logique de l’honneur), celui qui fédère, celui qui fait grandir avec la possibilité d’être fier de ce que l’on a fait (élément de complexité pas banal). Le management est donc une grande aventure avec un ingrédient à tricoter : le plaisir.

Des projets médico-soignants encore à développer

Pour suivre, deux conférences en parallèle sur les GHT, l’une traitant de la coordination paramédicale, l’autre sur comment faire du GHT une stratégie paramédicale ont été présentées. La question centrale porte sur le choix des établissements de faire, ou pas, des projets de soins partagés entre les paramédicaux et les médicaux. Selon une enquête de la DGOS, ils sont environ 40%. Des appels à projets ont été faits en novembre 2017 pour le développement des GHT. 1020 projets ont été déposés, parmi lesquels ont été retenus ceux qui traitaient essentiellement de l’organisation en commun sur des processus médicotechniques ou de la mise en place d’équipes de territoire. Une obligation de résultats à court terme est le pré-requis pour obtenir la totalité du financement prévu pour les accompagner.

Cécile Kanitzer, Conseillère paramédicale à la FHF, a rappelé la nécessité, pour les paramédicaux, de mettre en lumière et d’expliciter leurs performances notamment à travers les CPS, qui font partie d’un enjeu fort d’avenir et qui contribuent à l’avènement de métiers intermédiaires. Elle a également demandé de ne pas créer sans cesse de l’incertitude et de l’insatisfaction, en spécifiant que la performance des établissements repose sur la performance de la proximité.

Quatre ateliers organisés par les partenaires de la FHF sur cet événement

Pour le premier atelier, « Cadre de santé : à la recherche d’un équilibre entre transversalité et management de proximité », animé par les coordonnateurs généraux des soins, avec la participation de Paule Bourret, cadre de santé formatrice au CHU de Montpellier, l’approche sociologique autour de l’environnement du cadre et le décalage entre le travail prescrit et le réel ont été traités. Entre le futur et le passé, il y a le présent qui se construit en situation. Ce quotidien est habité et donne une consistance. Il saisit des opportunités et des contraintes. Ainsi, comment se rendre audible alors que les outils sont là pour mesurer ? Le travail du cadre est le lien reliant le quotidien au futur et au passé.

Anne DECQ GARCIA, directrice du groupement hospitalier Sud aux HCL était l’invitée de l’ANCIM pour diriger le second atelier intitulé « Management, Organisation, Innovation ». Elle a mis en place un processus dynamisant, novateur et participatif, selon un mode Lean Design d’amélioration continue pour un projet de restructuration de plateaux techniques.

Les autres ateliers, « Le projet de soins partagé, élément fédérateur des paramédicaux au sein du GHT », animé sous l’égide de l’AFDS, et « Upgrader les compétences de l’encadrement soignant des pôles » proposé par avec le Centre Hospitalier de Valenciennes, qui a fait part de son expérience de délégation aux pôles après une formation masterisée de tous les acteurs, ont également été très appréciés des participants à cet événement.

Pour finir, M.Carpe, président directeur général de REOR, a donné une conférence sur « l’inter-professionnalité ou génération Y/Z ». À noter que le prix du meilleur poster a été attribué au CH de Valenciennes.

Dominique Combarnous
Cadre supérieur de santé, HCL
Présidente de l’ANCIM
dominique.combarnous@chu-lyon.fr


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