Primes et qualité de vie au travail : un remède à la pénurie soignante ?

jeudi 30 juin 2022, par Betty Mamane

Face à la pénurie d’infirmiers, des hôpitaux publics savent se montrer créatifs pour inciter à l’embauche et fidéliser leurs personnels. Quelles mesures faut-il engager, et à quel prix, pour relancer l’attractivité de l’emploi soignant ? Lors du Salon Infirmier de SantExpo, Infirmiers.com a invité pour en débattre : Thierry Amouroux, porte-parole du Syndicat National des Professionnels Infirmiers (SNPI) et Jean-Rémi Richard, directeur des Hôpitaux du Pays du Mont-Blanc, en campagne de recrutement.

Fidéliser ses équipes soignantes et attirer de nouveaux talents, telle est l’ambition du vaste plan de recrutement lancé par les Hôpitaux du Pays du Mont-Blanc. Le groupe d’établissements publics (situés à Chamonix, Sallanches et Cluses) de Haute-Savoie, qui emploie 1 200 salariés, se trouve, comme tous les hôpitaux, confronté à des difficultés de recrutement d’infirmiers et aides-soignants. Une situation exacerbée par la proximité avec la Suisse où les niveaux de salaire sont notablement plus élevés. Jouant à fond la carte de l’attractivité, l’établissement a donc décidé de faire campagne avec 20 mesures phares pour embaucher.

Une politique de temps de travail valorisante

L’accent est mis sur la formation et les parcours professionnels mais aussi, dans une large mesure, sur une politique de temps de travail valorisante et l’amélioration du pouvoir d’achat des salariés, souligne Jean-Rémi Richard, directeur du groupement hospitalier. Paiement des heures supplémentaires, intéressements individuels et collectifs… Il énumère les conditions financières avantageuses offertes aux employés de ses établissements, se félicitant que cela soit rendu possible par les résultats financiers positifs de ces dernières années. Côté finances toujours, la direction des Hôpitaux du Pays du Mont-Blanc promeut l’alignement des rémunérations des contractuels sur les dernières grilles de la fonction publique hospitalière. Une prime d’engagement collectif et un forfait d’heures supplémentaires sont en cours de négociation avec les organisations syndicales. Le principe est de permettre aux professionnels qui portent un projet pour améliorer la qualité de vie au travail d’être récompensés par une prime, détaille Jean-Rémi Richard.

Agir sur les salaires et mieux valoriser les spécialités

Agir sur les salaires est effectivement important car même si le Ségur de la santé nous a fait monter une marche, les salaires des infirmiers français restent très inférieurs à la moyenne des salaires européens, relève Thierry Amouroux, porte-parole du Syndicat National des Professionnels Infirmiers (SNPI). Les jeunes sont donc souvent tentés d’aller travailler en Suisse, en Belgique ou autres pays voisins. Nous estimons que nous devons être payés en fonction de deux critères essentiels : les compétences et les contraintes. Et il y a un gros problème avec les primes de nuit et les primes de week-end pour lesquelles les contraintes ne sont pas payées à leur juste mesure. A savoir, la prime de nuit à 1, 07 € brut pour neuf heures, c’est inadmissible, s’indigne le syndicaliste.
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Betty Mamane
Directrice des rédactions paramédicales
Groupe Profession Santé
betty.mamane@gpsante.fr


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