Optimiser les processus pour assainir les finances des hôpitaux

mercredi 30 décembre 2020, par Bruno Benque

Alors que les personnels hospitaliers font figure de variable d’ajustement dans les coûts de fonctionnement des établissements de Santé, il semble que des économies puissent être réalisées dans le domaine des obligations immobilières et logistiques auxquelles ces derniers sont soumis. À l’instar de ce qui a été décidé pour la convergence des systèmes d’information ou pour la certification des établissements de Santé, il est nécessaire aujourd’hui de coordonner et d’optimiser les processus, ce qui pourrait alléger les charges des hôpitaux.

Dans le giron de l’économie de la Santé, les budgets des établissements de sanitaires et médico-sociaux sont, nous l’observons tous les jours depuis quelques années, parmi les plus difficiles à stabiliser et à équilibrer. Dans ce contexte, la variable d’ajustement est souvent le nombre de lits et places et, par extension, le dimensionnement des équipes soignantes pour faire fonctionner la machine hospitalière.

Des obligations logistiques très contraignantes pour les hôpitaux

Mais on ne prend pas assez en considération le coût des équipements immobiliers ou logistiques que les directions d’établissements doivent tenir à jour afin de les garder en conformité avec les textes législatifs. Car dans ce domaine en effet, le système de Santé a élaboré une multitude de réglementations dans le but de confectionner un énorme parapluie assurant la sécurité des biens et personnes ou les protégeant des pratiques de patients procéduriers notamment. L’ensemble des lieux susceptibles de recevoir du public est soumis à toutes sortes d’obligations pour assurer la sécurité des personnes, certes, dans le domaine la sécurité électrique et de la sécurité incendie par exemple, mais les hôpitaux doivent répondre également plus spécifiquement aux textes relatifs à la prévention du risque ionisant et dans la convergence des systèmes d’information.

Des abus dans le domaine de la sécurité incendie ?

L’ensemble de ces procédures de sécurisation des systèmes représente une charge financière non négligeable pour les établissements de Santé qui ne sont pas toujours armés pour payer au juste prix ces matériels ou services. Dans un article publié en septembre 2020 dans le magazine « Que choisir », le lanceur d’alertes Joseph Novaïs dénonçait certains abus qui peuvent se manifester dans certains hôpitaux dans le cadre de la sécurité incendie. Il y décrit le quasi-monopole que tiennent deux fournisseurs de détecteurs de fumée, qui facturent à la tête du client des matériels dont le prix oscille du simple au quadruple. Et même si les chiffres annoncés dans cet article sont à prendre avec réserve, ils illustrent avec acuité les économies que pourraient faire les établissements de Santé s’ils y regardaient à deux fois avant de signer un contrat d’équipement ou de maintenance.

Des systèmes d’information satellisés qu’il faut faire converger

Et que dire des systèmes d’information dans le concert sanitaire ? Les logiciels ont envahi les services de soins, les blocs opératoires ou les services logistiques, sans compter les programmes embarqués dans les dispositifs médicaux ou les appareillages de radiologie. Les dossiers patients, les RIS, les PACS, les systèmes administratifs ou comptables et autres logiciels métiers, qui, hier, ont été introduits petit à petit au sein des organisations sanitaires à des prix souvent surévalués, doivent aujourd’hui, pour être efficaces, être entièrement interopérables. Certes, le législateur a introduit il y a quelques années, dans le Décret du 27 avril 2016 relatif aux groupements hospitaliers de territoire, l’obligation de faire converger tous ces systèmes d’information à l’échelle des GHT dans le but, notamment d’en optimiser le coût et le fonctionnement. Mais le mal est fait et les budgets qui sont alloués à ce domaine bien spécifique on au bout du compte, sans aucun doute, pénalisé leurs finances.

Optimiser les processus à la manière du nouveau référentiel de certification

Il est temps, à l’instar de ce qui est fait pour la convergence des systèmes d’information, de réduire la voilure et de coordonner les différentes composantes de l’hôpital, autour des ingénieurs hospitaliers, pour apporter un nouvel axe de progrès pour les finances des établissements. Déjà, il semblerait que la procédure de certification de ces derniers prenne une tournure plus simple et pragmatique, ce qui permettra sans doute de minimiser la charge attribuée à ce poste grand consommateur de personnels qualité et de cabinets de conseils en tous genres. Pour que le personnel soignant ne soit plus la seule variable d’ajustement des finances hospitalières...

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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