Offres d’emplois : le bien-être à la une

mardi 8 août 2017, par Bruno Benque

Les entreprises qui cherchent des collaborateurs mettent désormais l’accent, dans leurs offres, sur les initiatives apportant aux candidats de la qualité de vie au travail. C’est le résultat d’une enquête réalisée par Joblift sur plus de quinze millions d’offres. Mais les avantages proposés aux futurs salariés ne prennent pas toujours en compte les actions préconisées par les études scientifiques.

La Qualité de vie au travail devient un objectif à atteindre, tant du côté des salariés que du côté de leurs employeurs. Les récentes études publiées sur le sujet montrent en effet qu’un agent qui éprouve du bien-être dans son travail est plus productif qu’un collègue qui n’est pas épanoui.

Une étude sur plus quinze millions d’offres d’emplois

La dernière enquête en date a été réalisée par Joblift, une plateforme internet d’offres d’emplois, partenaire, entre autres, d’Emploi soignant, qui a analysé les offres d’emploi publiées entre janvier 2016 et juin 2017, soit plus de quinze millions, et dans lesquelles sont mis en valeur les avantages censés être porteurs de bonheur dans l’entreprise. Le champ très vaste sur lequel s’appuie cette étude lui apporte, on s’en doute, une pertinence certaine. Le méta-moteur de recherche d’emploi Joblift a répertorié les initiatives prises par les entreprises sensées apporter du confort à leurs agents, comme le café gratuit, le babyfoot ou encore la salle de sieste. Mais la question se pose encore sur de savoir quels sont les avantages qui ont un impact réel sur la productivité. Les études scientifiques ne sont en effet pas toujours en accord avec la pratique et la culture d’entreprise.

Un focus sur les initiatives de bien-âtre au travail récentes

Alors qu’une démarche de qualité de vie au travail peut augmenter la productivité des salariés heureux de 12% (étude University of Warwick), il est donc important d’identifier les actions qui la favorise le plus. Les avantages les plus classiques, comme que les tickets restaurants ou les chèques vacances (200 000 mentions), ont été exclus de l’enquête Joblift, un focus ayant été réalisé sur les initiatives ayant surtout émergé durant les dix dernières années. 59% de ces annonces sont des CDI, ce qui laisse entendre qu’il s’agit surtout d’arguments considérés comme vendeurs pour attirer des talents sur le moyen ou long terme.

Jeux en entreprises et activités d’équipes

Parmi les offres étudiées, on note un nombre croissant (+ 25% d’augmentation mensuelle moyenne) d’offres qui vendent l’environnement de travail au même titre que la mission relative au job lui-même. Parmi les plus cités, on trouve les jeux présents au sein des bureaux (10 800 mentions) parmi lesquels le babyfoot (52%), la table de ping-pong (31%) ou le billard (12%), qui semblent être gages de bonne ambiance dans certaines entreprises, principalement les startups. L’accès à une salle de sport, ou des cours payés, voire remboursés à partir de 50%, sont mentionnés dans près de 9 000 offres. Le team building et les activités d’équipe sont également mis en valeur dans 6 700 annonces.

Les entreprises ne suivent pas forcément les études scientifiques

Mais les enquêteurs Joblift se demandent si les avantages proposés aux salariés par leurs employeurs présentent une valeur ajoutée réelle à l’entreprise. Ils notent en effet que les petits plus mis en avant dans les offres d’emplois ne sont pas parmi ceux jugés les plus bénéfiques par les études scientifiques. Ainsi, une sieste de 20 minutes maximum [1] présente les mêmes effets qu’une nuit complète de sommeil, d’après un article paru dans « Nature ». Ce bénéfice n’apparaît que dans moins de 300 offres présentes dans l’enquête sus-citée. Concernant les vacances d’autre part, si celles- ci sont prises en totalité, on observe une augmentation de 30% de la productivité [2]. L’étude fait état de 17 organisations qui choisissent d’aller plus loin et d’offrir la possibilité de vacances illimitées (74 offres).

Enfin, il semble que la flexibilité horaire et le télétravail, proposés dans presque 30 000 offres d’emploi, entrent de plus en plus dans les pratiques modernes. Ces dernières rendraient les agents jusqu’à 55% plus productif (étude Robert Half) et permettrait de lutter contre le présentéisme. Mais, si la flexibilité est applicable aux métiers soignants, le télétravail est forcément à exclure. Sauf pour les cadres de santé...

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


[1Nature Neuroscience 5, 677 - 681

[2Havard Business Review, « Are the people who take vacations the ones who get the promoted ? », S.Anchor


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