Mammographie chez les milleniums : gare aux faux positifs créés par les tatouages !

lundi 11 octobre 2021, par Bruno Benque

La campagne de sensibilisation grand public au cancer du sein, Octobre Rose, ne fait pas souvent état de l’impact des tatouages sur les images des mammographies. Or les pigments des colorants injectés sont susceptibles de créer des images à type de cancer dans le tissus mammaire ou les ganglions axillaires. Un phénomène que les managers et praticiens devront surveiller avec beaucoup d’acuité à l’avenir car il est susceptible d’engendrer des faux positifs et des explorations invasives inutiles.

Octobre rose bât son plein et les actions d’information grand public au sujet de la prévention du cancer du sein se multiplient durant tout le mois.

Informations tous azimuts au sujet de la prévention du cancer du sein

Les campagnes de dépistage, les conséquences du cancer du sein dans la vie d’une femme, les traitements innovants ou les prises en charge particulières selon l’état d’avancement de la maladie font ainsi l’objet de recommandations écrites ou audiovisuelles comme chaque année à pareille époque. Mais il est une notion que peu de médias répercutent, c’est l’impact souvent négatif des tatouages sur les examens de dépistage de ce cancer par mammographie. Des études scientifiques font état, en effet, de l’apparition, sous rayons X, d’images suspectes au niveau des ganglions lymphatiques axillaires, ou dans le tissus mammaire, en raison de l’absorption de pigment d’un tatouage présent dans le dos ou sur le flanc de la patiente.

Des images à type de tumeurs malignes provoquées par les tatouages

Des images de pathologie tissulaire mammaire peuvent ainsi surgir sur la radiographie, de type de tumeur maligne, provoquant quelquefois des investigations plus poussées, souvent invasives, alors que cette image est créée par la migration d’un pigment. Les tatouages sont créés, on le sait, en perçant la peau à plusieurs reprises avec une petite aiguille et en injectant une petite quantité d’encre, qui comprend un colorant contenant des métaux lourds et un solvant à base d’eau ou d’alcool. Il est bien établi que les pigments de tatouage peuvent migrer vers les ganglions lymphatiques régionaux à travers les vaisseaux lymphatiques après avoir été phagocytés par les macrophages dermiques.

On peut ainsi les retrouver dans les seins, sous forme d’images nodulaires calcifiées ressemblant à des tumeurs malignes, ce qui peut piéger le radiologue qui interprète la mammographie. De nombreux faux-positifs peuvent ainsi apparaître, faussant le diagnostic et poussant le praticien à une exploration plus approfondie des lésions identifiées. Mais ce n’est pas tout : ces pigments peuvent générer des résultats faussement positifs également sur une scintigraphie d’une part, et les encres contenant de l’oxyde de fer peuvent entrainer une sensation de brûlure ou de picotement dans la peau à l’IRM, d’autre part.

Un phénomène en voie d’augmentation

Et ce phénomène n’est pas prêt de disparaître. Avec environ 30% des Millennials – nés dans les années 1980 - ayant au moins un tatouage, un taux qui ne cesse d’augmenter chez les plus jeunes, notamment chez les femmes, les faux positifs devraient également devenir plus fréquents à l’avenir, puisque ces dernières, à partir de 40 ans, sont appelées à se soumettre à des mammographies de dépistage pour prévenir le risque de survenue du cancer du sein. Les managers et praticiens doivent donc redoubler de vigilance dans ce cadre et généraliser la présence de cette problématique dans les questionnaires de risques ainsi que dans les consentements éclairés.

La justification des actes, notamment des procédures de ponction-biopsie pour complément anatomo-pathologique du premier diagnostic radiologique dans le cas qui nous intéresse ici, doit désormais prendre en compte ce type d’évolution sociétale. Et ce n’est malheureusement pas la seule, ce qui devrait encore compliquer certaines procédures de prise en charge dans un futur proche.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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