Les ressources de la génération Y

vendredi 29 mai 2015, par Bruno Benque

Les 70èmes Journées du CEFIEC se sont ouvertes sur une étude des relations intergénérationnelles au cours du processus d’acculturation professionnelle. La génération Y, redoutée par certains managers, y est décrite comme affirmée, mais ouverte aux échanges avec les anciens. Les managers sont appelés à capitaliser sur un enrichissement mutuel en favorisant les tyransmissions ascendantes, descendantes et transversales.

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En ouverture des 70èmes Journées du Comité d’Entente des Formations Infirmières et Cadres (CEFIEC), qui se sont tenues du 27 au 29 mai 2015 à Caen (14), une présentaion de Nathalie Dupont, Maître de Conférences à l’Université de Caen, nous a fait réfléchir sur les enjeux des relations intergénérationnelles dans le projet de vie et l’acculturation professionnelle des étudiants en IFSI.

Cinq générations potentiellement réunies dans les services

Ce sont en effet 4, et bientôt 5 générations qui se cotoient au jour le jour dans les services de soins, avec des relations plus ou moins conflictuelles selon les valeurs, les attentes ou les trajectoires professionnelles des uns et des autres. Car outre l’âge, ce sont des critères socio-économiques, culturels, relatifs au diplôme ou à l’environnement qu’il faut prendre en compte lorsqu’on parle de génération. Ceux que Nathalie Dupont appelle les « traditionnalistes vétérans », nés avant 1950, sont en général animés par le respect des règles et le sacrifice de soi, alors que les baby-boomers (1950-1965), nés dans un environnement de prospérité économique, ont des trajectoires linéaires et un fort esprit d’équipe.

Génération Y, et bientôt la génération Z

Mais l’oratrice s’est plutôt concentrée sur les générations suivantes, qui sont susceptibles de se retrouver sur les bancs des IFSI. La génération X (1965-1980), qui a grandi dans un environnement économique difficile, fait preuve d’un besoin d’indépendance et d’autonomie. Puis vient fameuse la génération Y (1980-1995), redoutée de nombre de managers, très à l’aise avec les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), et qui se caractérise par une volonté d’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée. Au contraire de la génération précédente, son cheminement professionnel est plus chaotique, avec des fonctions souvent multitâches et multicompétences. Puis vient l’émergence de la génération Z (1995-2015), dont on commence à identifier les caractéristiques essentielles, entre la maîtrise des tablettes, le besoin d’être populaire au sein de sa communauté et une certaine difficulté à faire le choix entre des sollicitations multiples, ou à se concentrer face à un flux d’informations toujours plus abondant.

Besoins de bien-être au travail et affirmation dans les relations sociales

Mais revenons à la génération Y et ses relations avec les précédentes au cours du processus d’acculturation professionnelle. Ces jeunes adultes arrivent avec des personnalités bien affirmées, des savoirs qu’ils souhaitent mettre en pratique de façon personnalisée et une recherche perpétuelle de nouvelles opportunités. Nathalie Dupont a ainsi mis l’accent sur leur besoin de bien-être au travail, de confiance en leurs compétences et d’affirmation dans les relations sociales, ce qui provoque quelquefois des conflits avec la génération des 30-40 ans. Ces derniers voient leur plan de carrière évoluer moins rapidement que les baby-boomers et considèrent les plus jeunes comme une menace pour les postes qu’ils attendent.

Capitaliser sur l’enrichissement mutuel

Il n’empêche que les acteurs de la générationY reconnaissent les savoirs organisationnels des anciens et les apprécient comme vecteurs de professionnalisation. Elle décrit alors un possible partage d’expérience entre les deux groupes générationnels, les jeunes apprenant de l’expérience des anciens quant à la qualité du travail à réaliser et à l’ajustement de leurs compétences, mais apportant leur touche pour moderniser l’organisation avec de nouvelles définitions des rapports sociaux. Il en résulte des relations réciproquement bienveillantes. Nathalie Dupont relève, à cet égard, l’importance de l’encadrement de proximité pour créer des ponts entre les générations et générer une mixité des équipes et ainsi déconstruire les représentations stéréotypées des uns et des autres. Il s’agira de capitaliser sur l’enrichissement mutuel, par des temps d’échanges collaboratifs notamment, et de favoriser les transmissions ascendantes, descendantes et transversales.

Bruno Benque
Rédacteur en chef cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com


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