Les clés techniques d’une bonne réunion participative

vendredi 19 octobre 2018, par Bruno Benque

La réunion participative est un bon outil de reconnaissance de l’action des soignants. Le Pr Philippe Colombat en a fait la démonstration lors des dernières Régionales de la Santé, en mettant en garde sur le type de message à faire passer et en donnant quelques clés techniques pour donner la pleine mesure d’une telle assemblée. Car même si elle se veut conviviale, elle doit être organisée de façon formelle et conjuguer les 3R.

La journée organisée à Nantes le 2 octobre 2018 par Trilogie Santé, dans le cadre des Régionales de la Santé, a fait l’objet quelques présentations pertinentes sur des méthodes alternatives en faveur de la qualité de vie au travail.

La réunion participative, un outil de reconnaissance

L’une d’elles, animée par le Pr Philippe Colombat, Chef du pôle cancérologie urologie du CHU de Tours, se proposait de donner aux cadres de santé les clés d’une réunion à caractère participatif. Ce type d’assemblée a pour but d’impliquer les soignants dans la gouvernance d’un service afin qu’ils adhèrent mieux aux choix stratégiques tout en donnant du sens à leur action. Pour le manager, il s’agit d’un bon outil de reconnaissance des personnes dont il a la charge, mais aussi un moyen de traduire, autrement que par des directives strictes, les injonctions émise par la Direction d’un établissement de Santé. Mais pour piloter une bonne réunion participative, il y a quelques règles à respecter.

Donner la parole aux participants, tout en la régulant

Le Pr Colombat a tout d’abord mis en garde l’assistance de ne pas initier ce type de séance pour aborder une décision qui aurait déjà été prise. Organiser une réunion décisionnelle contient un message descendant, a-t-il prévenu, ne doit pas avoir une forme participative. Cela relève de la démagogie et risque d’être contre productif dans ce cadre. La vraie réunion participative est celle qui donne la parole aux participants, où l’animateur n’influence pas leurs propos mais régule la parole de chacun pour éviter que ceux-ci ne se dispersent. Il a ainsi décrit deux types de réunions, consultative ou décisionnelle, qui pouvaient entrer dans ce champ. Lorsqu’il anime des staffs pluri-professionnels destinés à améliorer la prise en charge des patients hospitalisés dans son service, il dit avoir le souci de faire participer les soignants sur les choix organisationnels afin d’entretenir leur autonomie d’action tout en la contrôlant.

Les techniques de réunions pluri-professionnelles

En pratique, ce type d’assemblée doit faire participer une vingtaine de personnes de différentes filières ainsi que, le cas échéant, de différents services, volontaires pour la plupart d’entre eux. Pour le Pr Colombat, la réunion informelle doit débuter par un tour de table alors que la décisionnelle doit faire l’objet de trois tours de table afin que chacun puisse faire évoluer son propos en même temps que les débats. Dans ce contexte, la parole doit être donnée en premier lieu aux personnes aux responsabilités les moins hautes afin que les têtes d’affiche n’influencent trop les débats. Et, même si elle se veut conviviale, une réunion de ce type doit avoir une structure formelle en termes de temporalité, d’objectifs et rôle que chacun doit tenir.

L’orateur a enfin mis l’accent sur l’importance de la communication non verbale des participants, ainsi que de la conjonction des trois R (Respect, Responsabilité, Résilience) au cours d’une session de ce type.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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