Les CHU inquiets pour leur budget 2017

jeudi 15 décembre 2016, par APM-International

La conférence de presse organisée le 8 décembre 2016 par les présidents de conférences hospitalo-universitaires est revenue sur l’équilibre financier instable que connaissent les CHU-CHR aujourd’hui. Des postes de dépenses comme les médicaments, les dispositifs médicaux ou les personnels médicaux sont responsables d’une croissance plus rapide que l’ONDAM. Ils sont revenus également sur les organisations et sur la situation psychologique des personnels de terrain.

Les CHU-CHR sont « inquiets » pour leur situation financière en 2017, a indiqué le président de la conférence des directeurs généraux, Jean-Pierre Dewitte, lors d’une conférence de presse, le 8 décembre 2016, dans le cadre des 15èmes Assises hospitalo-universitaires à Toulouse.

Des dépenses hospitalières supérieures à l’ONDAM

Cette inquiétude est liée à l’entrée en vigueur de plusieurs nouvelles mesures prises par les pouvoirs publics, a expliqué Jean-Pierre Dewitte, lui-même directeur général du CHU de Poitiers. Il a mentionné l’impact des mesures prises dans le cadre de l’attractivité de l’exercice médical à l’hôpital et de celles pour le personnel non médical (hausse du point d’indice, application du protocole « parcours, professionnels, carrières, rémunérations » [PPCR]). Globalement, alors que l’Ondam (objectif national de dépenses d’assurance maladie) hospitalier progressera de 2%, les dépenses hospitalières, avec ces mesures, augmenteront de « 4 à 4,5% ». « Malheureusement, nous n’avons que peu de moyens pour agir et nous arrivons aux limites de la conciliation entre le social et l’économique », a souligné Jean-Pierre Dewitte.

Médicaments, dispositifs médicaux et nombre de praticiens comme postes de dépenses croissantes

Les CHU vont globalement maîtriser leur budget sur l’exercice 2016, a-t-il par ailleurs estimé. Il a précisé que les CHU connaissaient une progression « forte » des dépenses de médicaments et de dispositifs médicaux, lesquelles représentent désormais 25 à 30% des budgets contre 15% il y a cinq ans. Cette situation est liée en particulier à l’arrivée de médicaments sous autorisation temporaire d’utilisation (ATU), a-t-il indiqué. Les CHU enregistrent aussi « une tendance à la hausse des dépenses de personnel médical », de l’ordre de 4 à 5%, en raison notamment de recrutements, de l’augmentation du nombre d’internes, des dépenses liées à la mise en oeuvre de l’accord sur le temps de travail des médecins urgentistes et de la revalorisation des gardes et astreintes des internes.

Une situation d’équilibre au prix de tensions sur le terrain

En revanche, les CHU ont parallèlement « très bien respecté » l’objectif d’évolution de la masse salariale non médicale, à un niveau inférieur à 2%. Malgré ces tendances, l’activité étant « soutenue » et évoluant plus fortement qu’en 2015, « je pense qu’on va stabiliser notre niveau de déficit qui était à 0,60% de notre masse budgétaire » en 2015 (tous budgets confondus, hors CHU des Antilles), a déclaré le président de la conférence des directeurs généraux. « On demande aux médecins de marcher sur la tête », a réagi le président de la conférence des doyens des facultés de médecine, le Pr Jean-Luc Dubois-Randé. « La situation d’équilibre est au prix de tensions sur le terrain des équipes. C’est indéniable », a affirmé le doyen qui a évoqué la survenue de « burn out » et confirmé l’émergence de « risques psycho-sociaux ». Pour lui, pour ne pas décourager les plus jeunes, il est nécessaire de faire évoluer le statut pour permettre la création de postes universitaires destinés à ceux « qui n’ont pas le CV encore adapté ». Lors des assises, les conférences ont d’ailleurs préconisé de développer des postes de professeur assistant pour des jeunes médecins en début de carrière, qui seraient sous contrat.

Des organisations garantes de l’activité des CHU

Intervenant aussi lors de la conférence de presse, le président de la conférence des présidents de commission médicale d’établissement (CME) de CHU, le Pr Michel Claudon, a appelé à « dissocier » les mesures immédiates d’économies de mesures à plus long terme, sur l’organisation. Prenant l’exemple de son établissement, le CHU de Nancy, il a observé qu’il avait connu la fermeture d’environ 200 lits en « deux-trois ans » tout en
bénéficiant d’une hausse d’activité. « C’est bien nos organisations qui sont garantes de notre activité », a-t-il souligné tout en estimant que les CHU étaient « plus compliqués à réformer » du fait de l’étendue de leurs activités et de leurs autres missions, dans le domaine de la formation en particulier. Lors des assises, le Pr Claudon s’est dit également « choqué » que les tarifs des actes et consultations externes restent fixés par l’assurance maladie et les organisations de médecins libéraux, par voie conventionnelle. « L’hôpital public ne participe pas aux discussions qui fixent ces tarifs. C’est une anomalie qui devrait évoluer », a-t-il insisté.

Les conférences ont également regretté la baisse des crédits recherche des CHU et dénoncé que les crédits Merri soient devenus « une variable d’ajustement ». Elles ont fait des propositions pour améliorer le financement de la recherche et de l’innovation.

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