Les cadres doivent investir l’organisation des parcours de soins

vendredi 31 mars 2017, par Bruno Benque

Les cadres de santé devront s’adapter rapidement à l’environnement GHT et investir les organisations créées autour des parcours de soins. Tel fut, en substance, le discours de Cédric Arcos et Alexandre Mokede lors de leur allocution lors des Rencontres annuelles des cadres FHF. Ils ont milité pour que les GHT puissent fonctionner avec autonomie et puissent coopérer avec les structures privées dans le cadre de prises en charges par filières.

À l’occasion des Rencontres annuelles des cadres FHF, qui se sont déroulées les 23 et 24 mars 2017 dans les murs de l’ESCP Europe, Paris XIème, Cédric Arcos, Délégué Général-adjoint de la Fédération Hospitalière de France (FHF), et Alexandre Mokede, Chargé des questions sanitaires, ont présenté, dans une allocution, leur ressenti vis à vis des répercussions de la Loi de Santé sur le monde sanitaire français.

« La Loi de santé, une usine à gaz ! »

Il a, au préalable, précisé que c’était Jean-Marc Ayraut, alors Premier Ministre, qui avait initié l’idée d’une Loi sensée « aller plus loin que la loi Hôpital Santé et Territoire » sur le thème de la proximité et de l’organisation territoriale du système de Santé, ajoutant qu’au départ de la réflexion Marisol Touraine était peu impliquée dans le projet. Il regrette aujourd’hui que cette loi, « avec ses 220 articles, ressemble à une usine à gaz C’est une Loi fourre-tout, » comprenant des dispositions sur beaucoup de thématiques qui ne concernent que de loin la prise en charge des patients.

Une structuration GHT incluant, à l’origine, la médecine libérale

Cédric Arcos a ensuite fait remarquer que cette Loi, plutôt que de renforcer le pilotage régional des organisations sanitaires, avait, au contraire, renforcé l’emprise nationale et renforcé la centralisation. « Les nominations des acteurs hospitaliers, a-t-il poursuivi, sont décidées par des ARS qui ont des liens hiérarchiques très forts avec le Ministère. Le système est dès lors très centralisé et les besoins de proximité sont gérés par un système de gouvernance nationale. » Il n’a pas été tendre non plus avec le concept de GHT. Alors qu’une structuration du système incluant les médecins libéraux en première ligne était souhaitée à l’origine du projet, la prépondérance du public dans les discours des tutelles, de même que le tiers payant généralisé, ont fait fuir les professionnels libéraux.

Pour compléter le propos de Cédric Arcos, Alexandre Mokede a précisé que les GHT avaient deux objectifs majeurs, à savoir donner l’accès aux soins pour tous sur le territoire et rationaliser l’offre de soins, avec une prise en charge graduée au sein des territoires. Et de regretter qu’un système intégratif, adossé fortement au CHU, soit plus répandu aujourd’hui qu’un modèle collaboratif d’établissements en réseau.

Trouver un outil pour remplacer la T2A, hors chirurgie

Les orateurs ont également milité, lors de cette présentation, pour que les soignants puissent s’organiser à l’échelle du territoire et pour que l’hôpital soit mieux ancré dans celui-ci. L’avenir, pour eux, est dans l’autonomie de gestion des GHT, avec des collèges médicaux, une CME de GHT et une collaboration des structures privées dans les filières.
Ils ont, pour étayé leurs propos, fait remarquer que les GHT qui fonctionnent bien aujourd’hui sont formés par des établissements qui ont commencé à collaborer dans les années 2000. Se pose alors la question de la valeur ajoutée des ARS. Ils ont d’autre part fustigé la T2A, « un outil conçu pour HPST, mais qui ne pourra pas fonctionner dans les GHT ». Ils souhaiteraient qu’un nouvel outil de financement soit trouvé, notamment pour les spécialités de médecine, la T2A étant adaptée à la chirurgie.

Des cadres appelés à s’adpter à l’environnement et à investir les parcours de soins

Et la fonction de cadre de santé dans tout ça ? Cédric Arcos lui donne beaucoup d’importance, plus encore dans un environnement GHT. Leur rôle sera essentiel pour faire de la pédagogie envers les soignants sur le thème de la Loi de Santé et du territoire. Il ne conçoit pas, d’autre part, que les soignants ou les cadres puissent être mobiles au quotidien, cet aspect étant réservé, d’après lui, à certains médecins. Le dossier prioritaire est selon lui le management médical. Il souhaite que les médecins fassent l’objet de formations en management, « ce qui est bien accepté par les jeunes générations de praticiens », a-t-il précisé.

Il encourage enfin les cadres à s’adapter rapidement à l’environnement et à investir les organisation créées autour du parcours de soins. Avec, en corollaire, la nécessité absolue de généraliser la transformation des projets médicaux en projets médico-soignants de GHT. Et ça, c’est loin d’être gagné !

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante


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