Les cadres de santé manquent d’autonomie d’action et de décision

mardi 28 novembre 2023, par Bruno Benque

À l’occasion des Journées annuelles des cadres de santé 2023, Jean-Baptiste Capgras, Directeur de l’IFROSS, a présenté le dernier baromètre des cadres de santé. Cette enquête met en lumière des points positifs mais fait état d’un manque d’autonomie d’action et de décision. Des études de ce type plus fréquentes et sur un champ plus large sont prévues à l’avenir afin de mieux capter l’air du temps des cadres de santé sur le terrain.

Parmi les nombreuses présentations auxquelles nous avons pu être soumis lors des Journées nationales annuelles des cadres de santé, organisées de main de maître par l’ANCIM et qui se sont déroulées au Havre les 27 et 28 novembre 2023, l’un des moments les plus attendus était certainement la divulgation des résultats du baromètre des cadres de santé 2023.

Les cadres répondant à l’enquête IFROSS/ANCIM aiment leur travail et en sont fiers

Cette enquête, réalisée par l’Institut de Formation et de Recherche sur les Organisations Sanitaires et Sociales (IFROSS) à la demande de l’ANCIM, faisait suite à une étude précédente, datant de 2019 et qui était plutôt ciblée contrôle de gestion. Elle a fait l’objet d’un compte rendu dispensé par le Directeur de l’IFROSS, Jean-Baptiste Capgras. Celui-ci a accueilli avec bonheur les 920 réponses de cadres de santé et assimilés obtenues entre le 19 et le 26 novembre 2023. Ce qui est un résultat fort satisfaisant dans un laps de temps aussi court.

Les répondants, issus à 90% environ du secteur public, avaient à répondre à un questionnaire sur leur métier et sur leur ressenti en termes de besoins, de contraintes, d’environnement de travail ou d’autonomie notamment. Il est ressorti de ce travail qu’une grande majorité d’entre eux sont fiers de leur métier, aiment leur travail, ont l’impression que celui-ci est utile et, à un degré moindre, se sentent stimulés par leur travail ou apprécient leur établissement. La collaboration avec le binôme médical ou l’impression d’être suffisamment armé, en termes de compétences, pour réaliser leur tâche font également partie des points positifs.

Un ressenti globalement négatif sur le champ de l’autonomie d’action et de décision

Mais c’est sur le champ de l’autonomie que les réponses ne sont pas vraiment en rapport avec les attentes. Si la gestion quotidienne des professionnels dont ils ont la responsabilité, ainsi que la définition de leur plan de formation, sont réalisées avec une certaine latitude, il n’en va pas de même de certaines autres activités pour lesquelles, à l’inverse, ils ne sont pas décisionnaires. IL s’agit notamment de la gestion des recrutements, de la gestion des lits ou du choix des activités réalisées au sein de l’unité. Quant à la gestion budgétaire des ressources humaines ou matérielles, elles sortent carrément de leurs prérogatives.

Des enquêtes plus fréquentes et plus étendues à l’avenir pour mieux capter l’ai du temps

Enfin, pour ces professionnels qui exercent un métier stressant (76%), à la charge de travail excessive (78%) et qui ne leur laisse pas assez de temps à consacrer aux patients (69%), il serait nécessaire d’acquérir davantage de bienveillance de la part de l’institution, de reconnaissance salariale et de recouvrer l’autonomie d’action sur les activités pour lesquelles ils ont été formés. Ils réclament en outre plus de collaboration avec les personnels médicaux, ce qui passe notamment par la fin des guerres de clochers.

Jean-Baptiste Capgras a complété son propos en annonçant la mise en place plus régulière et sur un champ plus étendu de ce type d’enquête très significative en termes de captation du ressenti des professionnels et d’évaluation des tendances concernant les pratiques et activités des cadres de santé.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@gpsante.fr
@bbenk34.


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