Le temps de travail partagé gagne des adeptes

jeudi 16 juillet 2015, par Bruno Benque

Une enquête nationale à laquelle a participé Le Portail du temps partagé, montre que ce mode de travail est de plus en plus plébiscité, notamment en province. Il apporte aux salariés un équilibre vie/travail supérieur et donne aux entreprises plus de flexibilité pour appréhender les fluctuations des flux de travail, y compris dans le domaine de la santé.

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A l’heure où les salariés aspirent à plus de qualité de vie, que la génération Y arrive en masse et où les entreprises aspirent à plus de flexibilité, le travail à temps partagé constitue une alternative de plus en plus prisée par les entreprises et les travailleurs.

Une façon de travailler adaptable au monde de la santé

Ce mode de travail permet aux employeurs de satisfaire leurs besoins en personnel sans pour autant recruter des salariés à temps plein. Il offre, de plus, aux salariés et aux travailleurs indépendants la possibilité de cumuler plusieurs contrats pour un même métier. Dans tous les cas, la souplesse de ce dispositif semble désormais trouver un écho favorable auprès de chacun des acteurs concernés. Et le secteur hospitalier privé pourrait en bénéficier, eu égard aux évolutions réglementaires et à la technicité toujours plus aigüe des emplois recherchés dans ce domaine. C’est ainsi que des paramédicaux hyperspécialisés auraient par exemple la possibilité d’exercer leur art au sein de différentes structures, en lien avec les besoins ponctuels de celles-ci. Dans le public également, l’ARS Île-de France a soutenu dernièrement et financé en partie la création de postes d’assistants spécialistes à temps partagé.

La première étude nationale sur le travail à temps partagé

Dans ce contexte, David Bibard, Directeur Général d’Essentiel Gestion, a fondé le Portail du temps partagé. Il s’agit, pour lui, de « faire se rencontrer des entreprises et des professionnels compétents, pour répondre aux besoins à temps partiel récurrents des premiers, tout en permettant aux seconds de travailler pour plusieurs sociétés de façon régulière. » Fin 2014, la première étude nationale était lancée par l’ANDRH (Association nationale des DRH), en partenariat avec l’Institut de Gestion Sociale-RH (IGS-RH), Le Portail du temps partagé, la CGPME et l’APEC. Les résultats viennent d’être dévoilés. Pendant six mois, des étudiants de l’IGS-RH, accompagnés de chercheurs du Laboratoire Innovations Sociales et Performance d’Entreprise (LISPE) , ont mené l’enquête pour en savoir plus sur cette nouvelle variable du monde de l’emploi.

Une enquête en plusieurs étapes

Les résultats révèlent un concept innovant, particulièrement adapté pour de nombreux travailleurs et employeurs, grâce à une flexibilité et une liberté pour chacune des parties. Pour Isabelle Maudet, chef de projet de l’ANDRH de cette étude,
« Cette première étude a pour but de faire découvrir une réalité du monde du travail qui tend à s’élargir et devrait faire encore plus d’émules à terme. » Réalisée entre le 15 octobre 2014 et le 15 avril 2015, cette étude a été réalisée en plusieurs étapes. Après une phase de recherches préalables, elle a été ponctuée par une phase qualitative ayant abouti à la réalisation de 23 entretiens et une phase quantitative marquée par la soumission de deux questionnaires en ligne.

La volonté d’exercer un métier passion

Les résultats montrent que 60 % des travailleurs en temps partagé sont des femmes, que 46 % d’entre eux ont entre 40 et 49 ans et qu’ils exercent à 67 % en province, contre 33 % en Ile-de-France. On apprend, en outre, que 77 % des personnes en temps partagé déclarent avoir vécu un événement important dans leur vie professionnelle (licenciement, conflit...). Mais leur motivation principale vient de la « volonté d’exercer un métier passion », plus difficilement compatible avec un mode de travail conventionnel.

Un système qui apporte de la souplesse aux employeurs

D’autre part, les entreprises ayant recours à cette solution le font majoritairement pour le recrutement de cadres (44 %). 14 % font ce choix pour le management de projets et 11 % pour le management d’équipes. Et en ce qui concerne les bénéfices qu’elles en retirent, ils sont liés à l’apport de compétences à 38 %, au fait de bénéficier de l’intervention d’un professionnel en fonction des besoins de l’entreprise (29 %) ou à la possibilité de collaborer avec des professionnels qu’elles n’auraient pas pu recruter autrement (25 %). On retrouve ici les caractéristiques de nombreux établisements de santé dépourvus d’un nombre suffisant de professionnels très qualifiés par manque de souplesse du marché du travail.

Pour les salariés, qui font très souvent le choix d’une qualité de vie personnelle meilleure au détriment de leur vie professionnelle, ce mode d’emploi apparaît d’ores et déjà comme une opportunité à saisir. Il semble, enfin, adapté au profil de la génération Y et devrait ainsi voir se développer significativement le nombre de ses adeptes.

Bruno Benque
Rédacteur en chef cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com


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