L’intégration clinique sera expérimentée à grande échelle

vendredi 7 septembre 2018, par Bruno Benque

C’est à une réelle transformation de la prise en charge des patients que nous convie la Fédération Hospitalière de France (FHF) avec l’expérimentation lancée sur cinq territoires faisant appel à la responsabilité populationnelle des acteurs de Santé. Une programme clinique identique sera élaboré dans chaque région impliquée afin d’optimiser le panier de soins en lien avec l’état des patients. L’amélioration de la qualité des soins, du bien-être au travail et des finances sont espérées grâce à ce changement de paradigme.

À l’occasion de sa conférence de rentrée le 4 septembre 2018, préambule à ses Universités d’été organisées le lendemain, la Fédération Hospitalière de France a présenté son projet dédié à la Responsabilité populationnelle et du concept qui en dcoule, l’intégration clinique.

Une transformation en profondeur de l’organisation de la prise en charge des patients

Derrière cette rhétorique pointue, se cache une réelle recherche d’amélioration du système de Santé au travers d’une transformation en profondeur de l’organisation de la prise en charge du patient. Il s’agit, en pratique, de coordonner et de prioriser l’action de l’ensemble des professionnels de Santé selon le niveau de complexité d’une pathologie, mais aussi de dimensionner l’offre de soins en lien avec l’environnement, les types de populations, les histoires familiales ou l’hygiène de vie. La conjugaison de tous ces facteurs est susceptible, la recherche scientifique en donne tous les jours des exemples, de provoquer la survenue de telle ou telle maladie, ce qui permet, par extension, de réaliser des actions de prévention sur les différtens profils de personnes dans un bassin de population.

Une expérimentation à grande échelle sur cinq territoires

L’idée, en fait, est d’optimiser les ressources en adaptant le panier de soins aux besoins réels de la population, ce qui devrait générer de réelles économies, au lieu, comme c’est le cas depuis quelques années, de commencer par fermer les vannes budgétaires et de voir comment le système peut s’adapter. Sur le papier, cela relève d’un authentique changement de paradigme. Afin de mettre en pratique cette notion de responsabilité populationnelle pour l’ensemble des acteurs d’un territoire, la FHF a initié une expérimentation dans les conditions réelles dans cinq territoires, l’Aube et le Sézannais, la Cornouaille, les Deux- Sèvres, le Douaisis et la Haute-Saône, représentant une population totale d’environ 1,5 M de personnes. La coordination des ressources humaines relève ici d’une approche d’intégration clinique.

Une gradation du panier de soins en lien avec l’état des patients

Cette approche consiste à créer, autour de populations à profil équivalent, des micro- systèmes cliniques intégrés, qui fonctionnent comme un système unique, autour du patient, puis au niveau d’un établissement de Santé, enfin sur un plan plus global de santé publique incluant les ARS, les industriels et les assureurs par exemple. Ces micro-systèmes cliniques comprennent des acteurs de la prise en charge des patients quels que soient leur statut ou leur filière d’origine. Au sein des cinq territoires, quelques pathologies ont déjà été ciblées, comme l’insuffisance cardiaque, le diabète, la BPCO ou les habitués aux services d’urgences. Deux de ces thématiques seront retenues pour mettre en place l’expérimentation.

Un même programme clinique pour tous les territoires impliqués

Ensuite, pour chaque population, un programme clinique partagé par tous les acteurs sera élaboré en lien avec la pathologie considérée et le niveau de gravité de la maladie des patients. Ce travail, réalisé en parallèle au sein de chaque territoire pour deux pathologies communes, est sensé créer un environnement d’apprentissage collaboratif et enrichir les bases données partagées sur ces pathologies.

Les responsables de la FHF attendent de cette expérimentation une amélioration de la performance du système selon le « Triple Aim (Meilleure santé, meilleure expérience de soins, au meilleur coût) ». Ils espère enfin que la qualité des soins et le bien-être au travail des professionnels s’en trouveront meilleurs à terme. Nous attendons donc avec impatience la décision relative aux deux pathologies qui seront retenues pour cette expérimentation, dans la foulée de l’annonce, le 18 septembre 2018, de la nouvelle réforme du système de Santé concoctée par le gouvernement.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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