L’homosexualité en EHPAD : un double tabou qu’il nous faut briser

mardi 22 septembre 2020, par Alexis Bataille

  1. La démarche holistique du soin ne doit plus se résoudre à faire l’impasse sur le respect de l’orientation sexuelle et la liberté d’aimer. Face à cet immense défi socio-professionnel, le soignant retrouve ici sa fonction première de garant du mieux-être et d’ardent défenseur des besoins fondamentaux de l’Homme. Réflexions sur ce que devraient être aujourd’hui l’accueil et l’accompagnement du senior LGBT en Ehpad.

Considérer que la sexualité et la vie affective soit un besoin de l’être humain est un fondamental de tout humanisme soignant. En effet, c’est par là même que le professionnel de santé exprime le mieux une de ses valeurs cardinales : la tolérance. Ainsi, accepter que deux personnes se rencontrent par delà la seule enveloppe charnelle évoque la transcendance d’un sentiment appelé pudiquement « amour ». Pour autant, de cette tolérance de l’amour universel, même si chacun en admet la nécessité, beaucoup n’en reconnaissent pas l’évidence, notamment dans le cadre éminément restreint d’un établissement de soins. Parmi ceux là, s’il y a bien un endroit où le sujet des relations amoureuses fait florés, c’est en EHPAD. Tues ou moquées, encouragées ou préservées, les réactions soignantes et familiales ne manquent pas d’être paradoxales devant les dernieres ardeurs de certains résidents arrivés à l’automne de leur existence. Or, si l’EHPAD est apparenté à un lieu de vie, il est également le reflet de notre société dans laquelle apparaît être encore la norme d’une orientation sexuelle, celle d’être hétéro.

On imagine bien que, s’il est déjà difficile d’épanouir son hétérosexualité en institution, assumer une orientation sexuelle différente s’avère être un véritable secret affectif sur lequel l’on vient placer définitivement plusieurs cadenas émotionnels pour éviter toute forme de discrimination. Par conséquent, ignorer que, dans ces « lieux de vie » en somme, se diffuse donc, quelqu’en soit l’âge, la pathologie ou la catégorie sociale, l’eros, la philiae et l’agapé, c’est détourner le regard sur ce qui constitue l’essence relationnelle même de notre condition humaine. Alors, homosexuel en EHPAD, vit-on heureux en vivant caché ? Telle est la question !

Les histoires d’amours finissent mal, en... France !

En France, l’amour, lorsqu’il se loge au coeur du soin, est un vaste débat maintes fois repris dans des sujets de travaux de fin d’études, maintes fois aprêment discuté sous différents angles philosophiques, éthiques, sociologiques... Allons droit au but. Cette multiplicité des questionnements professionnels lève une particularité bien française : c’est un réel tabou social, qui plus est pour celles et ceux qui représentent d’autres comme la maladie, la vieillesse, le handicap... Un comble dans un pays où « On ne badine pas avec l’amour ! » A contrario, dans beaucoup d’autres pays, l’amour est, a minima, une réalité accessible à tous et ce, quelle que soit sa condition psychique et/ou physique !
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Alexis Bataille
Etudiant en soins infirmiers (2019-2022),
Aide-soignant
@AlexisBatll


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