Internes et élèves directeurs s’unissent pour faire des propositions

lundi 29 août 2022, par Bruno Benque

Dans un communiqué commun, les internes et les élèves directeurs d’hôpitaux font des propositions pour améliorer le système hospitalier. Si leurs observations sur le décloisonnement des responsabilités, sur la fusion des projets médicaux et soignants ou sur le développement de la simulation en formation, d’autres propositions, notamment celles relatives au développement des compétences des professionnels de Santé ne semblent pas très pertinentes.

Pour tenter d’enrayer la crise qui secoue le système hospitalier depuis plusieurs années maintenant, nombre d’institutions, de sociétés savantes, de think tanks, voire d’associations de patients élaborent des plans, font de la prospective ou déclarent avoir trouvé LA solution.

Les élèves directeurs d’hôpitaux et internes souhaitent déconstruire les préjugés hospitaliers

Mais la plupart de ces initiatives ne traitent que d’une partie du problème ou sont proposées par des acteurs qui se trouvent loin des préoccupations de terrain. C’est donc avec curiosité et espoir que nous avons parcouru le communiqué publié dans egora.fr et élaboré par le bureau national de l’InterSyndicale Nationale des Internes (ISNI) et les élèves directeurs d’hôpital de l’École des Hautes Études en Santé Publique (EHESP), qui ont décidé d’unir leurs forces pour formuler des propositions d’amélioration du système de santé. Prônant une action commune des médecins et dirigeants des hôpitaux de demain, ils espèrent réformer la gouvernance des hôpitaux tout en « déconstruisant les préjugés ».

Une durée minimale de quatre ans pour les directeurs d’hôpitaux

« L’hôpital s’effondre. Et alors qu’il ne se relèvera pas sans la fraternité de tous, c’est bien trop souvent la division qui règne », annonce en préambule la tribune de l’ISNI et des élèves directeurs. Voilà qui donne le ton. Pour y remédier, les auteurs proposent de faire mieux coopérer le corps médical et les directions en détruisant les silos dans lesquels ils se trouvent piégés et de réguler les carrières hospitalières. Ils recommandent ainsi de sanctuariser une durée minimale de référence de quatre années à la tête d’un établissement pour les directeurs généraux des hôpitaux, ainsi que pour les dirigeants des Agences Régionales de Santé (ARS). Ils souhaitent voir aboutir, de ce fait, une gouvernance unique mais répondant à un projet commun, concerté entre l’État, l’Assurance Maladie et les collectivités territoriales.

Rien de nouveau sur le plan de la gouvernance de l’hôpital

De même, au niveau de l’établissement, les auteurs fustigent la triple gouvernance actuelle – médicale, paramédicale et administrative – propice à la bunkerisation de l’hôpital. Ils proposent donc une gouvernance unique de service pour tous les personnels. Peut-être ne le savent-ils pas, mais cette fonction est celle du cadre de santé. Ils souhaitent voir fusionner la Commission Médicale d’Établissement (CME) et la Commission des Soins Infirmiers, de Rééducation et Médico-Techniques (CSIRMT) pour élaborer ensemble le projet de soin de l’établissement, mais là encore, rien de nouveau puisque ce rapprochement est appelé de nos vœux depuis de nombreuses années et que les projets médico-soignants sont en cours dans de nombreuses structures.

D’hypothétiques formations au management et à l’administratif pour les professionnels de Santé

Citons enfin les propositions relatives aux compétences des professionnels de Santé et à leur formation. Elles tournent autour, notamment du développement systématique des centres de simulation pour leur permettre de s’entraîner afin de ne jamais réaliser pour la première fois un premier geste sur le patient. Nous émettons toutefois une réserve sur la recommandation visant à dispenser systématiquement une formation de management aux professionnels de santé, ainsi que des « formations croisées entre personnels de soin et administratifs ». Il serait plus pertinent de renforcer les compétences scientifiques de ces professionnels, notamment en les orientant vers des spécialités qu’ils n’ont pas l’habitude d’appréhendes, plutôt que d’hypothétiques savoir managériaux ou administratifs dont ils n’ont que faire.

Mais il est vrai que les élèves directeurs, qui sont issus en majorité de milieux très éloignés du soin et de la Santé en général, et les internes, trop concentrés – et on les comprend – sur leur cursus de formation, ne peuvent pas comprendre les besoins immédiats des personnels soignants...

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34.


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