Économie du télétravail : bientôt des hôpitaux agiles ?

lundi 13 décembre 2021, par Bruno Benque

Le développement du télétravail a pour conséquence immédiate de faire chuter les coûts liés à l’entretien des postes de travail dans les entreprises du tertiaire. Une enquête menée par l’ARSEG nous le montre, avec une tendance favorisée par la baisse des services rendus aux salariés et à l’énergie économisée notamment. Alors que le télétravail des administratifs et des cadres hospitaliers est à l’étude, cela pourrait faire réfléchir nos gestionnaires des établissements de Santé.

Nous relations récemment dans nos colonnes des expériences de mise en place du télétravail pour des cadres de santé à l’hôpital. Cette évolution, favorisée par la situation sanitaire précaire de ces derniers mois, a été évaluée dans plusieurs types d’organisations et il semble qu’elle soit pertinente dans certains services de soins ou médico-techniques.

Une enquête à grande échelle sur le coût de l’environnement de travail pour les entreprises du tertiaire

Si cette tendance se confirme, elle pourrait faire boule de neige tant elle engendre des économies de trajets pour les salariés, leurs fait gagner du temps et de l’argent et les rend semble-t-il plus efficaces. Mais elle est également appréciée économiquement par les entreprises car elle réduit les coûts par poste de travail. L’Association des Directeurs de l’Environnement de Travail (ARSEG) est l’association professionnelle représentant la filière de l’Environnement de Travail depuis 46 ans. Elle rassemble plus de 2000 adhérents - directeur/responsable environnement de travail -, la plupart dans le secteur tertiaire, répartis dans 7 délégations régionales. Elle a publié, le 9 décembre 2021, les résultats des « Buzzy Ratios 2021 » (exercice 2020), son étude analysant le coût de l’Environnement de Travail en entreprise tertiaire. Cette enquête, menée d’avril à août 2021 auprès d’un panel de 110 établissements représentant près de 100 000 postes de travail a montré l’impact de la pandémie dans les moyens alloués aux postes de travail.

Une baisse sensible des coûts des postes de travail durant la crise sanitaire

En effet, les bâtiments du tertiaire ont été vidés de leurs occupants et le télétravail est devenu une activité professionnelle massifiée dans la plupart des entreprises, ce qui a eu pour conséquence la chute des coûts variables de l’Environnement de Travail. Ce phénomène a été vérifié notamment sur les services aux collaborateurs, qui ont connu une baisse de l’ordre de 32 % par poste de travail en raison de la réduction du volume de prestations destinées aux occupants, comme la restauration d’entreprise. Une réduction de 16% des moyens alloués à certaines prestations liées à la sécurité au travail ou aux consommations d’énergie a également été identifiée.

Inversement, les coûts les plus stables en 2020 ont été notamment les charges liées aux bâtiments - loyers, assurances et taxes-, qui ont connu une baisse légère de l’ordre de 2,9 % par poste de travail. Les études annuelles de l’ARSEG montrent, en outre, une baisse presque constante du taux d’occupation depuis 2016, avec en parallèle un taux de salariés en télétravail qui a augmenté avec le temps, alors que l’immobilier est le premier poste de coûts du budget des entreprises. Ce phénomène peut-il être extrapolé dans les hôpitaux ? Verra-t-on bientôt les bureaux administratifs se réduire significativement ? Après le développement de l’ambulatoire qui a réduit les besoins en lits d’hospitalisation complète, on assisterait à l’apparition d’un nouveau type d’établissement de Santé, moins massif et plus agile.

Des chiffres qui pourraient faire réfléchir nos gouvernants hospitaliers

D’autant que, d’après un sondage réalisé en 2021 par le cabinet de conseil Génie des Lieux, ces tendances pourraient s’accélérer dans un avenir proche. Il montre notamment que plus de 68 % des salariés consultés souhaitaient que leurs entreprises évoluent en fonction des enseignements tirés du confinement et de la crise sanitaire. « Parmi les attentes évoquées, 42 % souhaitaient une meilleure prise en compte de l’hybridation des modes et des espaces de travail, dit cette étude. Pour une filière qui a dédié en 2020 presque 70 % de son budget aux coûts immobiliers, l’hybridation du travail est une nouvelle piste à travailler pour optimiser les surfaces tout en proposant des modes de travail plus adaptés aux besoins et envies des collaborateurs ».

Mais pour revenir à l’enquête de l’ARSEG, les résultats montrent que, durant la première année de la pandémie, le coût d’un poste de travail était en moyenne de 10 246 euros par salarié, chutant de 23% par rapport à 2019 (13 391 euros). Cela pourrait peur-être faire réfléchir nos gestionnaires et nos DRH...

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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