Certainement vraisemblable, selon François Morel

mardi 10 septembre 2019, par Bruno Benque

Dans un billet récent diffusé sur France Inter, le comédien François Morel est revenu, avec gravité et mélancolie, sur le suicide de notre collègue de l’Hôpital de Flers. Il s’est notamment ému de la déclaration du directeur de l’établissement évoquant en substance le fait certain qu’il n’y avait vraisemblablement pas de lien entre cet acte et le contexte de l’hôpital. Certain, ou vraisemblable Monsieur le Directeur ?...

François Morel est une figure désormais incontournable de l’audiovisuel français, tant du petit que du grand écran, ainsi que du théâtre ou du one man show. Il est bien connu, depuis ses premières apparitions dans « Les Déchiens », en tant qu’humoriste, bien que ce ne soit pas la seule corde à son arc.

François Morel se montre sous un profil inattendu

Mais c’est sous un tout autre profil qu’il est apparu récemment, au micro de France Inter. Sa voix était grave, le ton employé assez mélancolique et les mots utilisés précis et tranchants. S’il a changé de registre ce matin-là, c’est qu’il souhaitait s’exprimer sur le suicide, le 22 août 2019, de notre collègue de l’Hôpital de Flers. Il semble, d’après les propos qu’il a tenus, que François Morel connaisse bien cet établissement et qu’il l’a fréquenté en tant que visiteur. Cela lui donne une certaine légitimité à évoquer les problèmes récurrents que connait cet établissement, en termes de management de son personnel.

Une lettre qui fait l’effet d’une annonce pour la tragédie à venir

Le comédien, en préambule, déclara avoir reçu, en juin 2019, un courrier émanant des syndicats professionnels de l’Hôpital de Flers, dans lequel ils se plaignent des difficultés rencontrées par le personnel hospitalier. « Le climat social et les maltraitantes s’aggravent dans notre hôpital et nous craignons pour notre Santé psychique et physique », disait cette lettre. Comme une anonce de la tragédie qui allait se dérouler quelques semaines plus tard. Mais ce qui semble l’irriter au plus haut point, c’est que, suite au suicide du cadre de Santé évoqué plus haut, le directeur de l’établissement a eu la phrase suivante : « Une chose est certaine, c’est qu’il n’y a vraisemblement pas de lien entre l’acte et le contexte actuel de l’hôpital ».

Le diable est dans les dérails

La chose est-elle certaine, ou vraisemblable ? Friedrich Nietzsche disait : « le diable est dans les détails ». Et un seul petit détail peut faire vaciller le plus grand des projets, la plus vaste entreprise. Le Directeur de l’Hôpital de Flers l’a appris à ses dépends à cette occasion, car il ne fait aucun doute que le geste de notre collègue est le résultat d’un processus bien connu aujourd’hui dans le système hospitalier. Celui-ci essore les personnels, qui n’ont jamais été préparés des changements aussi rapides et brutaux, et en fait les variables d’ajustement dans le but d’améliorer l’efficience de leur organisation. Alors oui, le lien entre l’acte de notre collègue et le contexte est certain, et non seulement vraisemblable...

Voie le billet de François Morel dans son intégralité

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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