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AP-HP : une méthodologie formalisée pour la qualité de vie au travail

jeudi 12 novembre 2015, par Bruno Benque

L’AP-HP s’est engagée depuis 2008 dans un processus de qualité de vie au travail formalisé afin de donner à l’activité professionnelle des agents un caractère plus enrichissant que pathogène. Des représentants du Département qualité de vie au travail de cette institution ont présenté la méthodologie retenue pour ce projet ambitieux lors du dernier Congrès Préventica.

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A l’occasion du dernier Congrès Préventica, qui s’est tenu à Lyon en octobre 2015, des représentantes du Département Santé au travail de l’Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) ont présenté leur façon de passer d’une logique de prévention des risques professionnels à celle de qualité de vie au travail.

Une approche à la fois transversale et pluridisciplinaire

L’hôpital public est confronté à une grande diversité et à une grande complexité de risques professionnels. C’est ainsi que les troubles musculo-squelettiques, les risques chimiques, ceux dus aux rayonnements ionisants et les risques psychosociaux (RPS) sont des axes prioritaires pour l’AP-HP. Etre en phase avec les évolutions du contexte règlementaire, normatif et sociétal relève du défi quotidien que tente de relever le Département Santé au travail de cette institution par une approche articulée à la fois transversale et pluridisciplinaire. Comme l’ont fait ramarquer les oratrices en préambule, la consolidation du système de management de la prévention passe par une étape de modernisation en intégrant la qualité de vie au travail.

Rendre le travail enrichissant plutôt que pathogène

La démarche choisie par les décideurs de l’AP-HP consiste clairement à promouvoir des conditions de travail saines et un dialogue social élargi. Pour ce faire, le Département Qualité de vie au travail (DQVT) a constitué une organisation pluriprofessionnelle de coopération, en vue d’un processus collectif de prévention, afin que le travail passe d’une situation majoritairement pathogène à un caractère enrichissant pour les agents. Cet objectif semble très ambitieux, mais le DQVT a mis en place une méthodologie institutionnelle qui s’attache d’abord à sensibiliser et informer les agents, puis à les former différemment selon les métiers. Vient ensuite le temps de l’évaluation du processus, avec l’élaboration d’un guide d’aide à la décision pour harmoniser la méthodologie, et enfin les actions de prévention proprement dites.

Un processus entammé en 2008

Cette démarche, qui cherche à fidéliser les personnels soignants via la qualité de vie au travail, a débuté en 2008 à l’AP-HP. Il s’agissait déjà de favoriser la controverse pour combattre les RPS. Un plan d’action avait, à l’époque, été mis en place et avait abouti, en 2010, à la constitution de comités de pilotage pour la prévention des RPS. Des indicateurs transversaux avaient été définis, suite à ce plan d’action en 2013, et avaient été repris par la Direction Générale de l’Offre de Soins (DGOS) pour les adapter aux autres structures hospitalières. Ce travail de longue haleine permet donc aujourd’hui aux acteurs de la prévention de disposer d’un guide de sensibilisation et d’information auprès des agents, mais également d’une méthodologie simplifiée de formation des managers.

Référents métiers et harmonisation des actions de prévention

En pratique, les acteurs de la prévention à l’AP-HP agissent en réseau autour de conseillers de prévention qui apportent un appui central au pilotage du projet, font entrer les RPS dans le management global de l’entreprise. Les oratrices ont ainsi mis l’accent sur la participation de référents métiers pour la réussite des actions de prévention par l’amélioration des pratiques. Elles ont également montré l’importance d’une simplification des recommandations aux professionnels pour une harmonisation des actions de prévention. Ainsi, des formations ciblées, par profession, ont été dispensées aux cadres de pôles et cadres de santé, puis aux autres paramédicaux. Il s’agit de les sensibiliser à la prévention des risques et de leur donner la parole, par un retour d’expérience notamment, afin de faire évoluer les plans d’action.

Une démarche propice à un meilleur dialogue social

Quant à la méthodologie, qui se veut donc harmonisée et simplifiée, elle est contenue dans un guide d’évaluation et s’attache à construire un plan d’action différent selon le degré du risque. Ainsi, on distinguera la prévention primaire, la prévention secondaire, qui vise à protéger d’un événement pouvant survenir épisodiquement et à gérer les alertes, et enfin une prévention tertiaire qui fera suite à un événement sérieux et avéré. Les oratrices ont enfin mis en exergue les avancées générées par cette démarche en termes de dialogue social. Des points d’accord ont ainsi été trouvés sur la compréhension des RPS, sur la méthodologie et son adaptation au niveau local, notamment par la participation des CHSCT. Des espaces de discussion sont ainsi prévus sur le thème de l’organisation du travail, susceptibles de proposer, au niveau local, des solutions collectives aux problèmes pouvant survenir.

Reste que ce processus est conditionné par le bon vouloir de chaque chef d’établissement et par la nomination d’un porteur deprojet compétent, ce qui n’est pas un évidence dans la conjoncture actuelle.

Bruno Benque
Rédacteur en chef cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com


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