Crise de la psychiatrie

ou psychiatrie en crise ?

mercredi 13 novembre 2002, par Yves Gigou

Il s’agit d’une question récurrente depuis plusieurs années, particulièrement le début des années 90. En effet après l’excellente circulaire de 14 mars 1990 relative aux orientations de la politique de santé mentale, combien d’équipes de secteur psy ont-elles mis en oeuvre ces propositions ?

Vous me direz « les moyens », mais dans ces années-là nous en avions, d’ailleurs aujourd’hui si l’on y regarde de plus près il suffirait (en attendant une réelle évaluation) de mieux répartir les moyens humains sur le territoire national et de faire ce à quoi nous invite le rapport PIEL-ROELANDT, c’est-à-dire 60 % des temps soignants sur le secteur et 40 % pour l’hospitalisation temps plein.
Mais rien n’est facile, ceux qui sont chargés de mettre en place une politique de santé mentale digne de ce nom sont, pour des raisons diverses, pris dans des contradictions qu’ils nous présentent comme insurmontables.

Un fait récent vient nous interpeller. Un chef de service de psychiatrie démissionne ; elle adresse une lettre ouverte de quatre pages au ministre, le propos est clair. Devant tant de difficultés, comment exercer cette responsabilité !
Le docteur Maryvonne Wesch explique :
« Budget hospitalier rogné depuis cinq ans (...) grave pénurie de personnel (...) infirmiers débordés, épuisés (...) ».
Voici dressé un tableau étonnant, il s’exprime d’une responsable de service pourtant connus pour son dynamisme et son action permanente pour une psychiatrie de secteur.
Elle poursuit :
« Je refuse de couvrir une situation scandaleuse. Je refuse de faire comme si je pouvais gérer convenablement les soins psychiatriques nécessaires. » [1]

Allons-nous répondre à cette appel, nous les cadres de santé qui nous débattons aussi avec ces problèmes au quotidien ?
Les effectifs, la perte de sens du travail spécifique aux soins psy (quelle catastrophe, la réforme de 92 !)

Et puis viens se greffer là-dessus la RTT (Réduction du Temps Thérapeutique), car nous attendons l’arrivée des collègues promis à savoir une parti des postes (45000 ?).
Bon comme vous pouvez le constater j’ai aussi mes paradoxes.

Pour suivre cette actualité allez vous balader sur le site SERPSY et sur celui de la revue Rhizome qui ouvre un débat à travers une série d’articles sur : « La psychiatrie publique en questions ».


[1BLANCHARD, Sandrine, La démission « militante » d’une psychiatre en colère, Le Monde, 3 novembre 2002.


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