Le gouvernement interpelé au Sénat sur le recrutement des étudiants orthophonistes

vendredi 10 août 2018, par Bruno Benque

Aucun membre des Ministères de la Santé ou de l’Enseignement supérieur n’était présent au Sénat ce 3 juillet 2018 pour répondre à une question d’une sénatrice relative à la sélection des étudiants orthophonistes via Parcoursup. C’est donc une réponse convenue qui a été formulée par une secrétaire d’État peu au fait de la problématique exposée.

Nous n’en avons pas terminé avec le débat sur la suppression des concours d’entrée aux écoles paramédicales. Après les infirmiers, c’est au tour des orthophonistes de se manifester.

Des inquiétudes relatives à la formation des orthophonistes

Par la voix de la Sénatrice des Bouches-du-Rhône Anne-Marie Bertrand, le processus de sélection des étudiants candidats aux écoles d’orthophonistes a été critiqué, le 31 juillet 2018 à l’occasion des questions au gouvernement au Sénat. Celle-ci a interpellé l’exécutif sur le fait que les concours d’entrée en écoles paramédicales « garantissent une maîtrise des connaissances variées et nécessaires à cette profession. » Elle a poursuivi en mettant en garde contre un nivellement vers le bas engendré par des sélections des étudiants depuis la plateforme Parcousup.

Elle a, en outre, appelé à se pencher sur le sort des établissements privés spécialisés dans les formations préparatoires aux concours d’entrée. Sur un plan purement économique, elle s’est déclarée soucieuse du sort des salariés de ces instituts qui risquent de perdre leur emploi suite à ces nouvelles dispositions législatives.

Une secrétaire d’État peu au fait de la problématique exposée

C’est Delphine Gény-Stephann, Secrétaire d’État auprès du Ministre de l’Économie et des Finances, qui a répondu à la sénatrice. Visiblement peu au fait de la problématique éxposée, cette dernière a lu un communiqué pour lequel elle n’a semblé n’avoir que peu d’intérêt, sinon de rapporter la parole de la Ministre de l’enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation Frédérique Vidal. Nous en voulons pour preuve sa difficulté à dire distinctement le mot « universitarisation » qu’elle semblait découvrir à cette occasion. Mais au moins avait-elle le mérite d’être présente pour répondre à la question...

Une réponse convenue pour promouvoir la plateforme Parcousup

La Secrétaire d’État a donc essayé de promouvoir le nouveau processus de sélection via Parcousup, de façon convenue, en déclarant notamment qu’il permettrait de recruter les étudiants « pour ce qu’ils sont, et non pas pour la conformité avec les règles d’un concours ». Elle a souligné, contrairement à la sénatrice, le caractère toujours sélectif de ce type de sélection qui supprime la hiérarchisation des choix de filières par les étudiants et ainsi interdit les stratégies d’optimisation « qui conduiraient certains à s’orienter par défaut ». Elle ajouta également que la spécificité de la formation d’orthophoniste serait maintenue.

Elle a enfin rappelé qu’une réflexion était toujours en cours au sein du gouvernement sur les moyens susceptibles d’identifier plus finement les candidats les plus méritants, en lien avec les représentants des formateurs et des professionnels de terrain.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
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@bbenk34


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