Faire campagne pour susciter l’intérêt sur les directives anticipées

jeudi 9 décembre 2021, par Bruno Benque

Depuis 2016, la Loi donne pouvoir à tout un chacun de s’exprimer sur la poursuite ou l’arrêt des traitements qui lui sont dispensés, dans une situation, notamment où il ne pourrait plus donner son avis. Mais ces directives anticipées ne sont pas assez largement reconnues dans la population, soit par méconnaissance soit par manque d’intérêt. L’Académie de Médecine vient, dans ce cadre, de publier quelques recommandations pour susciter l’intérêt de tous.

Lorsque le cadre de santé, le médecin ou le personnel infirmier reçoit un patient au sein de son service de soins, il est de son devoir de s’enquérir de l’existence des directives anticipées de ce dernier.

Les directives anticipées ne font pas recette

Quel que soit le motif de son hospitalisation, à fortiori s’il est admis en soins palliatifs, en EHPAD ou en chirurgie, il est nécessaire de prévoir une situation de fin de vie et de connaître son souhait quant à la poursuite, ou non, des soins de réanimation, voire de conservation. Mais il n’est pas rare que les personnes qui intègrent une structure sanitaire ou médico-sociale ne connaissent pas la procédure de directives anticipées, ne sachent pas qu’elles font partie de leurs droits, ou tout simplement qu’ils ne l’ont pas encore rédigée. Lorsque l’on est en pleine Santé, cette démarche est, pour la plupart d’entre nous, secondaire et les superstitieux espèrent, en ne les rédigeant pas, repousser d’autant l’heure fatidique.

Mieux vaut une directive anticipée qu’un désaccord familial

Pourtant, la Loi du 2 février 2016 etl’Article L1111-11 du Code de la Santé publique stipule que toute personne majeure a le droit d’indiquer par avance sa volonté sur les conditions de sa fin de vie, au cas où elle serait un jour dans l’incapacité de la faire connaître. Ces directives s’imposent, en outre, au médecin pour toute décision d’investigation, d’intervention ou de traitement, sauf en cas d’urgence vitale pendant le temps nécessaire à une évaluation complète de la situation et lorsque les directives anticipées apparaissent manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale. L’article suivant donnera possibilité au-dit médecin de s’enquérir du témoignage de la personne de confiance ou de la famille, ce qui, nous l’avons vérifié à travers quelques cas médiatiquement populaires comme celui de Vincent Lambert, peut provoquer des incompréhensions, voire de la discorde.

Le DMP, plateforme idouane pour conserver un tel document

Il est donc préférable, pour tout un chacun, de rédiger ses directives anticipées, ce qui est des plus simple - un modèle de document est accessible sur le site du Ministère des Solidarités et de la Santé -, et de le tenir en un lieu où il serait directement accessible. Dans ce cas, il semble que le Dossier Médical Partagé (DMP) soit le l’endroit le plus pertinent pour héberger un tel document et pour le diffuser aux personnes compétentes de manière efficiente. Mais il semble que ce droit soit ignoré d’une grande partie de la population ou du moins, comme évoqué plus haut, passe au second plan des préoccupations du moment.

Des recommandations de l’Académie de Médecine pour sensibiliser patients et professionnels

C’est la raison pour laquelle l’Académie de Médecine a publié, le 7 décembre 2021, quelques recommandation afin que la communication autour des directives anticipées soit plus efficace auprès des populations. Elle recommande notamment, de mener périodiquement de larges campagnes d’information auprès du public, y compris les plus jeunes, sur les directives anticipées, en utilisant, en plus des documents diffusés dans les cabinets médicaux, les établissements de santé ou au sein des organismes officiels, des spots dans les médias et réseaux sociaux. Elle souhaite, en outre, que l’apprentissage de la formulation personnalisée des directives anticipées soit incluse dans les compétences des études en santé et que toutes les catégories de professionnels de santé soient formées et sensibilisées à cette thématique afin de remédier à leur manque de connaissances en ce domaine.

Permettez-nous de douter de l’efficacité de telles recommandations et de l’impact qu’elles auront sur les cellules de communication du Ministère, ainsi que sur les professionnels qui seraient amenés à être formés sur le sujet. Car, comme pour les patients, le point d’intérêt est plus le parcours de Santé de celui-ci que son parcours de fin de vie...

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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