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Soins palliatifs : réduire les inégalités territoriales est une priorité

lundi 11 juillet 2011

Le rapport d’étape sur le programme national de développement des soins palliatifs 2008-2012 a été remis, le 6 juin, au président de la République et au Premier ministre. Il dresse l’état des lieux du développement des soins palliatifs en 2010. La prise en charge des personnes en fin de vie est un véritable défi sanitaire mais aussi culturel.

Le programme de développement des soins palliatifs 2008-2012 est à mi-parcours. Les années 2008 et 2009 ont été consacrées à la gouvernance du programme et au lancement des mesures importantes dans le secteur hospitalier. Les années 2010-2012 sont celles des réalisations concrètes, notamment dans le développement des établissements médicosociaux. Mais au-delà du champ strictement sanitaire, les esprits et les pratiques doivent évoluer profondément. Pour le professeur Régis Aubry, auteur du rapport, « le programme de développement des soins palliatifs porte en lui […] les germes d’une dynamique de long terme dans le champ de la fin de vie : la structuration d’une filière universitaire, la mise en place de nouveaux repères professionnels dans les établissements médicosociaux, la mise en place d’équipes régionales de soins palliatifs pédiatriques, etc. »

Une offre de soins qui couvre désormais l’ensemble du territoire

Les unités de soins palliatifs (USP)(1) sont aujourd’hui présentes dans chacune des régions françaises et dans tous les CHU(2) (au total, 107 USP et 1 176 lits), constate le rapport. Si les USP sont plus nombreuses qu’en 2008 et couvrent l’ensemble du territoire national, leur répartition par région reste toutefois inégale : « le taux d’équipement en soins palliatifs varie de 0,4 à 8,2 lits d’USP pour 100 000 habitants », précise le rapport. « Deux tiers des unités [sont ] concentrées dans 5 des 26 régions françaises (Paca, Rhône-Alpes, Bretagne, Nord-Pas-de-Calais et Ile-de-France). Ces régions comptent 71 % des lits d’USP, alors qu’elles ne représentent que 48 % de la population et ne comptabilisent que 42 % du total des décès annuels. »

Au cours des vingt prochaines années, les disparités entre les régions vont s’accroître. Selon le rapport, « il est indispensable de penser dès aujourd’hui la déclinaison régionale des politiques nationales de santé dans le champ des maladies graves et de la fin de vie. » La réduction des inégalités territoriales est « une priorité pour les deux ans à venir ».

Se rapprocher du lieu de vie des patients

Dans les prochaines années, l’offre de prise en charge des personnes en fin de vie devra se faire au plus près du domicile des patients, en particulier pour l’accueil des personnes atteintes de maladies graves ne pouvant se déplacer. Les établissements et services médicosociaux(3) constituent une pièce importante du dispositif de prise en charge de proximité. Dans ce cadre, l’action des équipes mobiles de soins palliatifs (EMSP)(4) a connu un essor important au cours des trois dernières années (353 EMSP en 2010). Le rapport pointe toutefois « la nécessité d’une interface renforcée avec les établissements médicosociaux » notamment avec le « maintien d’un niveau de financement important. » À terme, l’objectif est de permettre le maintien dans leur lieu de vie(5) des personnes dépendantes en fin de vie.

Les lits identifiés de soins palliatifs (LISP) sont des lits des services de médecine permettant de soigner des malades en situation palliative difficile : ils s’adressent aux malades hospitalisés dans les services mais également aux malades suivis à domicile dont la situation a nécessité une hospitalisation pour traiter des complications importantes. La très grande majorité (70 %) est en MCO (médecine, chirurgie, obstétrique). En 2010, 4 800 LISP sont recensés, soit 2 000 de plus qu’au début du programme.

Pour le Programme national de développement des soins palliatifs 2008-2012, ce dispositif permet de développer une démarche palliative intégrée à la pratique de soin de l’ensemble des professionnels de santé.

[Charlaine]


1 Les Unités de soins palliatifs (USP) sont consacrées à la prise en charge des patients en soins palliatifs présentant les situations les plus complexes. Elles assurent des missions de soins et d’accompagnement que ne peuvent assurer les autres structures. ↩

2 Depuis 2008, les CHU de Poitiers, Strasbourg, Nîmes, Reims et Amiens ont créé une USP. Tous les CHU disposent désormais d’une unité de soins palliatifs, excepté celui de Rennes. ↩

3 Dans les établissements médicosociaux la prise en charge des personnes en fin de vie est réalisée par l’équipe de soin de l’établissement. Elle peut, le cas échéant, se faire avec l’appui d’une équipe mobile de soins palliatifs (EMSP) ou d’un réseau de santé en soins palliatifs. ↩

4 Les équipes mobiles de soins palliatifs (EMSP) font partie des établissements de santé. Elles ne réalisent pas d’actes de soins, mais interviennent en appui technique des équipes médicales et soignantes qui accompagnement les patients. ↩

5 A domicile, les patients sont accompagnés par leur médecin traitant et par des professionnels de santé libéraux (infirmiers, kinésithérapeutes, etc.), parfois coordonnés par un réseau de santé. En cas d’« hospitalisation à domicile » (HAD), l’équipe de soins de l’HAD peut prendre le relais.


Voir en ligne : Source : gouvernement.fr


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