Accueil > La profession

CHU d’Amiens : Greffe combinée rein pancréas, nouvelle activité d’excellence

mercredi 16 mars 2011


Avec 3 greffes rein-pancréas réalisées avec succès depuis le 11 mai 2010, le CHU d'Amiens affirme son niveau de référence au niveau régional et interrégional en matière de greffe réno-pancréatique. Aujourd'hui, le CHU veut augmenter leur nombre en s'appuyant sur les équipes hautement spécialisées impliquées : celles du Professeur Jacques Petit, Chef du service d'urologie et transplantation et auteur de la première greffe rénale amiénoise en 1989, du Professeur Gabriel Choukroun, chef du service de néphrologie, dialyse, réanimation et transplantation et du Pr Hervé Dupont, chef du service d'anesthésie-réanimation, notamment.

L'expertise de ces professionnels hospitalo-universitaires et la coordination interétablissements qu'ils animent font du CHU d'Amiens le référent de l'interrégion Nord Ouest pour l'activité d'excellence qu'est la greffe réno-pancréatique. Une reconnaissance inscrite au Schéma Interrégional d'Organisation Sanitaire (SIOS) 2008-2012 des régions Nord, Pas-de-Calais, Picardie, Haute et Basse Normandie, en accord avec l'Agence de Biomédecine et les Agences Régionales de Santé.

Le réseau régional de Picardie
Dans le cadre du réseau régional de prélévements d'organes et de tissus de Picardie, une coordination rigoureuse améliore en continu l'activité de prélèvements assurée par tous les hôpitaux autorisés de la région et de l'interrégion, 19 établissements sont actuellement membres de ce réseau. Pour les trois greffes rein-pancréas, les greffons ont été prélevés dans des hôpitaux de l'interrégion Nord Est.
La greffe combinée rein pancréas est considérée comme le meilleur traitement de l'insuffisance rénale chronique terminale chez les patients diabétiques de type 1. Elle permet à ces patients en insuffisance rénale chronique d'échapper à la dialyse chronique et au traitement par insuline et de réduire le risque de complications médicales liées au diabète.

Le point sur l'Activité de Transplantation au CHU d'Amiens Picardie
Greffe rénale :
- 1ère greffe le 5 avril 1989
- 1000ème greffe le 2 août 2010
Greffe rein-pancréas :
- 1ère greffe le 11 mai 2010
- 2ème greffe le 10 octobre 2010
- 3ème greffe le 7 décembre 2010
Allogreffe partielle de la face :
- 1ère greffe le 27 novembre 2005
- 2ème greffe le 27 novembre 2009.

La greffe rein-pancréas, meilleure alternative à la dialyse à vie pour les jeunes patients diabétique de type 1
Depuis 1976, année de la première greffe pancréatique réalisée en France, un total de 1 632 greffes pancréatiques a été enregistré. 69 greffes rein-pancréas ont été réalisées en France en 2009 contre 86 en 2004. Quant au nombre de patients inscrits en attente d'une greffe pancréatique au 1er janvier de l'année, il s'est stabilisé à environ 150.
Les critères nationaux de priorité définis pour les receveurs d'une greffe rein-pancréas sont les suivants :
- âge inférieur à 48 ans
- première greffe de pancréas
- absence d'immunité
- inscription sur les listes d'attente de rein et de pancréas.
En 2009, cette catégorie prioritaire représentait 49,1% de l'ensemble des candidats et 69,7% des malades greffés dans l'année. L'âge moyen de l'ensemble des 69 malades greffés était de 39,6 ans. La mise en place de ces critères de priorité a permis de faciliter l'accès à la greffe combinée rein-pancréas pour des jeunes patients diabétiques en insuffisance rénale, chez qui l'intérêt de la réalisation de la greffe combinée à un stade précoce a largement été rapporté dans la littérature scientifique.

La transplantation, un travail d'équipe qui implique :
- La Coordination du prélèvement est indispensable pour assurer la logistique du prélèvement à Amiens mais aussi dans tous les hôpitaux de la région, voire de l'interrégion, autorisés à prélever.
- Le service d'Urologie a un rôle fondamental. Les urologues font les prélèvements à Amiens mais aussi dans toute la région. La transplantation doit toujours être effectuée le plus rapidement possible pour améliorer les résultats en diminuant le délai entre le prélèvement et la greffe. Il faut donc en permanence adapter l'organisation du bloc opératoire à cette chirurgie urgente et délicate. Ensuite, ils participent au suivi et à la prise en charge des complications chirurgicales si elles surviennent. Tous les urologues participent à l'activité de prélèvement à la greffe et à la prise en charge des complications dans le cadre d'une astreinte 24h/24.
- Le service de Néphrologie a la charge d'évaluer sur le plan médical les patients en attente de greffe. Les néphrologues suivent ces patients bien souvent dès les stades précoces de l'insuffisance rénale chronique jusqu'à la préparation à la dialyse. Ils prennent en charge les patients dès le retour de bloc après la transplantation pour l'hospitalisation initiale en soins intensifs et les hospitalisations ultérieures éventuelles en collaboration si nécessaire avec les urologues. Les néphrologues doivent adapter le traitement immunosuppresseur qui permet d'éviter le rejet du greffon et assurer la prévention, le dépistage et le traitement des complications en particulier infectieuses. Ce suivi est assuré en consultation mais aussi en hôpital de jour. Tous les néphrologues sont impliqués dans la prise en charge des patients greffés dans les différentes unités du service (soins intensifs, réanimation, néphrologie clinique, hôpital de jour et consultation). Cette activité est en augmentation régulière en raison de l'augmentation constante du nombre de transplantations. Une astreinte 24h/24 est effective pour les patients, les correspondants médicaux et pour répondre aux propositions d'organes.
- Le service d'Anesthésie réanimation prend en charge la gestion médicale du prélèvement et l'anesthésie pour les transplantations. Là aussi, tous les médecins participent à cette activité dans le cadre d'une garde sur place.

Des laboratoires indispensables :
- L'unité d'histocompatibilité en hématologie qui réalise les crossmatch (tests de compatibilité avant la greffe) et les recherches d'anti corps chez les receveurs avec des techniques de plus en plus sophistiquées qu'il faut en permanence mettre au point.
- Le laboratoire de pharmacologie est indispensable pour le dosage de tous les médicaments anti rejet. Ceci permet d'adapter la posologie du traitement.
- Le laboratoire de virologie qui travaille en urgence pour les prélèvement mais doit aussi en permanence développer des techniques de plus en plus sensibles de détection des virus après la transplantation car les complications virales sont extrêmement fréquentes après la greffe.
- Le laboratoire d'anatomopathologie avec un médecin qui s'est spécialisé en pathologie rénale et en pathologie du rein greffé, très spécifique.
- Le laboratoire de parasitologie et celui de bactériologie sont également indispensables pour la prise en charge des greffés qui sont immunodéprimés.
- Le laboratoire d'explorations fonctionnelles vasculaires s'est également spécialisé dans le doppler des greffons et ses médecins sont régulièrement amenés à effectuer des dopplers en urgence.
- Le service de radiologie doit en permanence être disponible pour l'imagerie des greffons et des complications infectieuses. Il participe également à la prise en charge avec la radiologie interventionnelle pour les sténoses des artères du greffon.
Enfin tous les services de l'hôpital sont impliqués dans la prise en charge des greffés. L'activité de transplantation est un travail d'équipe impliquant de nombreuses unités de l'hôpital. Elle est un moteur de développement de nouvelles techniques.

La chaîne du don à la greffe : une course contre la montre
1- L'équipe médicale veille au maintien en état de fonctionnement des organes de la personne décédée en vue d'un éventuel prélèvement
2- L'équipe de coordination cherche à connaître la volonté du défunt sur le don de ses organes. Elle consulte le registre national des refus. Si le défunt n'y est pas inscrit, elle s'entretient avec les proches.
3- Des analyses de laboratoire et des examens d'imagerie sont effectués pour évaluer la qualité des greffons et trouver le receveur ayant des caractéristiques proches de la personne décédée.
4- Le prélèvement des organes se déroule au bloc opératoire. Technicité, rapidité et précision : la qualité des greffons dépend aussi du prélèvement. Une fois l'opération effectuée, le corps est préparé et rendu à la famille. Un donneur permet de greffer 4 personnes en moyenne.
5- La répartition des organes est gérée par l'Agence de Biomédecine qui propose aux équipes médico-chirurgicales les greffons pour un ou plusieurs patients selon des règles strictes.
6- Les greffons sont placés dans des glacières puis transportés très rapidement vers les hôpitaux où auront lieu les greffes. Les moyens de transport peuvent varier : ambulances, train, avion ? Pour un rein, le délai entre le prélèvement et la greffe ne doit pas excéder 24h, pour un pancréas, 8h.
7- La préparation préalable du rein par les chirurgiens dure environ 1h30 puis 3h pour la greffe en elle-même. Pour le prélèvement, le transport et la greffe rein-pancréas, la durée opératoire totale atteint une quinzaine d'heures.
8- Après l'intervention chirurgicale, la personne greffée est hospitalisée une douzaine de jours à minima dans le service de néphrologie. Elle suivra un traitement à base de médicaments anti-rejets pour éviter le rejet de l'organe greffé.

Source : Agence de la Biomédecine
 

Pour plus d'informations, contacter :


Bergamote Dupaigne
Secrétaire Générale
CHU d'Amiens, Place Victor Pauchet
80054 AMIENS CEDEX 1
Tél : 03 22 66 80 22
Fax : 03 22 66 80 19
email : Dupaigne.bergamote@chu-amiens.fr


[Pascal]


Voir en ligne : reseau-chu.org


Partager cet article

TOUT L’ÉQUIPEMENT DES CADRES DE SANTÉ

IDE Collection a regroupé tout le matériel nécessaire au management de vos équipes : livres, revues, fournitures, stylos, tenues, idées cadeaux...

Découvrir nos produits

Vous recrutez ?

Publiez vos annonces, et consultez la cvthèque du site EMPLOI Soignant : des milliers de profils de soignants partout en France.

En savoir plus