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Première journée européenne de sensibilisation au bon usage des antibiotiques

dimanche 30 novembre 2008

La première journée européenne de sensibilisation sur les antibiotiques, mise en place à l’initiative du Centre européen de contrôle des maladies (ECDC), [1]

Les autorités françaises ont souhaité s’associer à cette journée. En effet, la France a toujours été un acteur actif de la lutte contre les résistances aux antibiotiques, notamment par le lancement en 2001 d’un plan national pour préserver l’efficacité des antibiotiques dont le second volet (2007-2010) [2] vient d’être mis en place.

Cette journée, lancée par l’ECDC au parlement européen de Strasbourg, permettra chaque année aux pays de l’Union européenne d’attirer l’attention du grand public et des professionnels de santé sur la question de la résistance aux antibiotiques. Il s’agit en effet d’un phénomène en extension qui dépasse largement les frontières, et la mauvaise utilisation des antibiotiques a largement participé à l’apparition de nombreuses bactéries résistantes.

En préambule de cette première journée européenne, la Direction Générale de la Santé a réuni les principaux spécialistes européens de la lutte contre l’antibiorésistance, le CDC américain [3] et des représentants du Canada, en organisant, les 6 et 7 novembre 2008, un atelier européen de lutte contre l’antibiorésistance. Cet atelier a permis de réaliser un état des lieux des actions engagées vers le grand public et les médecins généralistes. Ses conclusions feront l’objet d’un « livre blanc ».

La Direction Générale de la Santé et ses principaux partenaires du « Plan pour préserver l’efficacité des antibiotiques » s’associent à cette première journée européenne et rappellent les éléments suivants concernant le bon usage des antibiotiques et la lutte contre les résistances bactériennes :
- Sous l’égide de la Direction de l’hospitalisation et de l’organisation des soins (DHOS). Les établissements de santé ont pour mission l’organisation de la prévention de la résistance contre les infections bactériennes aux antibiotiques. L’utilisation inappropriée d’antibiotiques favorise l’émergence et la diffusion de bactéries résistantes telles les entérocoques résistants aux glycopeptides (ERG) ou les infections à Clostridium difficile. Le programme de lutte contre les infections nosocomiales 2005-08 a fixé des objectifs quantifiés spécifiques à atteindre pour 2008, en particulier, 100 % des établissements de santé doivent disposer de protocoles de bon usage des antibiotiques et d’un suivi de la consommation des antibiotiques.
- La Haute Autorité de Santé (HAS) lance, dans le cadre de ses missions d’évaluation des pratiques professionnelles (EPP), le programme EPAF – Evaluation des Pratiques Antibiotiques en France – qui concernera tout d’abord l’hôpital en 2009-2010. L’antibiothérapie doit être mieux évaluée au moment de sa primo-prescription et surtout ré-évaluée après 48 ou 72 heures. Cette ré-évaluation doit se faire au profit d’antibiotiques plus « écologiques » à spectre ciblé sur les bactéries responsables. Elle doit permettre d’évaluer l’antibiothérapie ainsi que de modifier le traitement quand c’est nécessaire et possible. Le traitement pourra ainsi être arrêté s’il n’y a pas d’infection, modifié s’il est inefficace ou toxique ou allégé si le germe est sensible à des antibiotiques plus « écologiques ». Pour promouvoir cette démarche, la HAS s’appuiera sur ses recommandations d’avril 2008 : « Stratégie d’antibiothérapie et prévention des résistances bactériennes en établissement de santé ». Ce programme va être mis en place prochainement, en particulier dans le cadre de la prochaine version de la certification des établissements de santé.
- Dans le cadre de ses missions d’expertise, d’inspection, de contrôle, de surveillance et d’information ciblées sur les produits de santé, l’Agence française de Sécurité sanitaire des produits de Santé (Afssaps) contribue au bon usage des antibiotiques à plusieurs titres : en évaluant les antibiotiques avant la délivrance d’Autorisations de Mise sur le Marché (AMM), en élaborant ou en contribuant à l’élaboration à des recommandations sur le bon usage et/ou sur la sécurité d’emploi des médicaments ou encore en contrôlant le contenu des messages publicitaires élaborés par les laboratoires pour les antibiotiques.
La méthodologie de travail de l’Afssaps, alliant l’expertise interne à l’expertise externe, incluant un partenariat soutenu avec les professionnels de santé et les associations de patients et de consommateurs, est un gage de pertinence du contenu des interventions et en particulier de la mise en pratique effective des recommandations comme l’ont montré des évaluations à la suite de la diffusion des documents relatifs aux antibiotiques.
- L’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) assure la surveillance annuelle de l’usage des antibiotiques en médecine vétérinaire, des enquêtes ponctuelles en élevage, la surveillance de la résistance bactérienne d’origine non humaine, des recherches sur les conditions de sélection, d’amplification et de diffusion des gènes de résistance, l’Agence analyse également les risques pour le consommateur. La résistance aux antibiotiques est ainsi une problématique transversale à l’Afssa. Elle implique quatre de ses laboratoires (Lyon, Fougères, Ploufragan et Maisons-Alfort), la Direction de l’évaluation des risques nutritionnels et sanitaires et l’Agence nationale du médicament vétérinaire. Les experts de l’Afssa contribuent également aux évaluations de risque européennes mises en place par l’agence européenne de l’évaluation des médicaments et celles pilotées par l’autorité européenne de sécurité alimentaire. Enfin l’Agence est membre actif des instances internationales travaillant sur ces questions. Elle préside notamment le groupe de travail sur la gestion du risque dans ce domaine mis en place par la FAO, l’0MS et l’OIE.
- Selon les données de l’Institut de veille sanitaire (Invs). Parmi les bactéries résistantes aux antibiotiques les plus fréquemment responsables d’infections chez l’homme, le pneumocoque en communauté et le staphylocoque doré dans les établissements de santé occupent une place importante. De nombreux efforts ont été entrepris pour contrôler ces infections depuis le début des années 2000, au travers de deux plans nationaux (pour préserver l’efficacité des antibiotiques et de lutte contre les infections nosocomiales) et pour le pneumocoque de nouvelles recommandations vaccinales.

En ville, la fréquence des souches de pneumocoque résistantes à la pénicilline a ainsi régulièrement diminué depuis 2002, passant de 47% à 34% en 2006 ; cette diminution est particulièrement marquée chez les enfants de moins de 2 ans. Elle est consécutive à la diminution des consommations d’antibiotiques en ville et à l’introduction en 2003 de la vaccination contre le pneumocoque chez les enfants de moins de 2 ans. A l’hôpital, la fréquence des souches de staphylocoque doré résistantes à la méticilline (SARM) a également diminué. La prévalence des patients infectés par un SARM est ainsi passée de 0,49% en 2001 à 0,29% en 2006 (-41%) et trois autres études confirment cette tendance à la baisse, qui résulte de la promotion des mesures de prévention de la diffusion des bactéries multirésistantes et de l’usage des solutions hydro-alcooliques pour l’hygiène des mains.

Ces résultats suggèrent que les efforts mis en œuvre pour maitriser la résistance bactérienne aux antibiotiques, en ville comme à l’hôpital, portent leurs fruits. Néanmoins, la proportion de souches de pneumocoque ou de staphylocoque doré résistantes reste élevée en France au regard d’autres pays, notamment d’Europe du Nord. C’est pourquoi les efforts entrepris ces dernières années doivent être poursuivis.

Pour en savoir plus : sante.gouv.fr

[Pascal]


Voir en ligne : sante.gouv.fr


[3Centers for Disease Control and Prevention


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