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Le Chikungunya est une pathologie transmise par les moustiques... En savoir plus

jeudi 26 janvier 2006

Agent
Le virus chikungunya est un arbovirus (alphavirus de la famille des Togaviridae) ; c’est un virus à ARN. Il est sensible à la chaleur. Il a été isolé pour la première fois en Tanzanie et en 0uganda en 1953. Le nom de cette zoonose dérive de l’attitude du malade : en Souhaéli, chikungunya signifie en effet : « marcher courbé ».

Réservoir [1]
Il est principalement représenté par les singes. D’autres espèces peuvent être infectées, notamment l’homme.

Mode de contamination
En zones urbaines, (où sont décrites la majorité des épidémies), la maladie se transmet d’homme à homme par l’intermédiaire de moustiques du genre Aedes notamment (aedes aegypti, albopictus, polynesiensis). Pour l’épidémie apparue à la Réunion, le moustique suspecté d’être le vecteur est Aedes albopictus.C’est un vecteur diurne avec un pic d’activité en début et en fin de journée. En milieu naturel, la maladie passe du singe au singe par le biais des moustiques Aedes furcifer et africanus.

Epidémiologie
Cette pathologie se répartit en Afrique, en Asie du sud-est et dans le sous-continent indien. En Afrique, des cas cliniques ont été décrits de 1957 à 1974 au Transvaal, en Ouganda, au Congo, au Nigéria, au Ghana, en Rhodésie du sud. Les enquêtes sérologiques ont également permis de mettre ce virus en évidence au Sénégal, au Burkina Fasso, en République centrafricaine, au Cameroun, en Guinée portugaise. Enfin, il a été répertorié en Asie, notamment aux Philippines, en Malaisie, au Cambodge, au sud de l’Inde et au Pakistan.
En 2005, la maladie a d’abord touché les Comores, puis l’île Maurice et Mayotte, et enfin la Réunion, atteignant ainsi pour la première fois le territoire français.

Clinique
Après une incubation de 4 à 7 jours en moyenne (mais qui peut être comprise entre 1 et 12 jours) , apparaît brutalement une fièvre élevée accompagnée d’arthralgies qui peuvent être intenses touchant principalement les extrêmités des membres (poignets, chevilles, phalanges). Surviennent également des myalgies (douleurs musculaires), des céphalées et une éruption maculopapuleuse. Des hémorragies bénignes à type de gingivorragies sont aussi possibles, surtout chez les enfants. Enfin, les infections asymptomatiques sont fréquentes et l’immunité acquise paraît durable.
L’évolution clinique est variable. Elle peut être rapidement favorable, le malade répondant bien au traitement symptomatique, mais la maladie peut aussi évoluer vers une phase chronique marquée par des arthralgies persistantes et incapacitantes. Pendant la convalescence qui peut durer plusieurs semaines, le malade est en proie à une asthénie importante. Aucun cas mortel de fièvre chikungunya n’a été rapporté dans la littérature.
Si la maladie est bénigne et très souvent inapparente, sur l’ensemble des cas signalés depuis mars 2005 à la Réunion, la possibilité d’atteinte méningoencéphalitique et de transmission materno-fœtale ont été évoquées chez un petit nombre de patients. Une telle transmission n’avait jamais été rapportée dans la littérature. Ces observations ont pu être faites grâce à la qualité du système de surveillance et de soins existant à la Réunion.

Diagnostic
Le diagnostic clinique est rapidement évoqué dans un contexte épidémique et peut être confirmé par sérodiagnostic à partir de réactifs fournis par le centre national de référence des arboviroses : les IgM sont identifiées en moyenne à partir du cinquième jour après l’apparition des signes cliniques. Un diagnostic plus précoce peut aussi être obtenu par amplification génique (PCR).

Traitement
Uniquement symptomatique (anti-inflammatoires non stéroïdiens, antalgiques non salicylés).

Prévention
Au niveau individuel, la prévention passe préférentiellement par l’utilisation de moyens de protection physiques (vêtements, moustiquaires…). L’utilisation de répulsifs est recommandée avec des précautions à respecter chez la femme enceinte et l’enfant de moins de 12 ans (dans ce cas, il est indispensable de prendre conseil auprès d’un médecin ou d’un pharmacien). Pour les nouveau-nés de moins de trois mois, il est recommandé de n’utiliser aucun produit répulsif et de privilégier l’emploi de moustiquaires imprégnées.
Au niveau communautaire, des actions de lutte contre le vecteur diurne et urbain doivent être mises en œuvre :
- réduction du nombre de gîtes larvaires par suppression de toutes les réserves d’eau stagnante dans et à proximité des maisons et, lorsque cette suppression n’est pas possible, par application de traitements larvicides.
- en zone infectée, lutte contre le vecteur adulte grâce à l’épandage aérien d’insecticide.

Pour en savoir plus

- Institut national de veille sanitaire

- Observatoire régional de la santé de la Réunion

- Centre national de la recherche scientifique

- annexe 1 : En pratique comment se protéger des piqûres de moustiques ?

Source : Direction générale de la santé
département des situations d’urgence sanitaire,
Sous direction des maladies infectieuses et politiques vaccinales (SD 5C ),
Sous direction de la gestion des risques et des milieux ( SD 7),
et cellule communication, 14 avenue Duquesne 75007 Paris

Site à voir : sante.gouv.fr

[Pascal]


[1Réservoir : dans le cas des zoonoses, ce sont les animaux porteurs du germe infectant. Le renard est, par exemple un réservoir de la rage (ce qui n’est plus le cas en France)


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