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CHU de Limoges : Un Centre national de référence cytomégalovirus

lundi 19 juin 2006

Le CHU de Limoges dispose a prsent d’un Centre national de rfrence (CNR) cytomgalovirus, mme de rpondre aux importants enjeux de sant publique poss par ces agents infectieux.

L’infection cytomgalovirus (CMV), au premier plan des infections congnitales virales, touche environ 1 nouveau-n sur 200. Bien que l’infection congnitale soit sans consquence chez la trs grande majorit des enfants, elle peut dans 10% des cas s’accompagner de manifestations de gravit variable allant de la surdit au tableau gravissime de la maladie des inclusions cytomgaliques, en passant par tous les niveaux de retard psychomoteur et d’atteinte organique.

Le dpistage systmatique de l’infection cytomgalovirus lors de la grossesse n’est actuellement pas recommand en France. Cette absence de recommandation officielle s’explique par l’absence de consensus au sein de la communaut mdicale sur ce sujet. En effet, le manque de donnes exhaustives sur l’pidmiologie actuelle des infections materno-foetales CMV en France, l’absence de moyen technique fiable pour le diagnostic de toutes les infections maternelles CMV, le manque d’outils ncessaires pour valuer avec certitude la gravit de l’infection foetale, ainsi que l’absence de toute valuation concernant le traitement de ces infections pendant la grossesse n’ont pas permis jusqu’ maintenant d’laborer une politique de sant publique. La prise en charge de ces infections materno-foetales est donc actuellement faite au cas par cas.

Le dpistage systmatique de l’infection congnitale CMV la naissance n’est pas non plus actuellement recommand en France. Il est probable qu’une majeure partie des infections cliniquement svres la naissance soient diagnostiques, mais il n’existe aucune donne chiffre sur ces cas en France. Le diagnostic des formes asymptomatiques ou paucisymptomatiques, qui reprsentent prs de 90% de l’ensemble des cas, n’est en revanche que trs rarement fait. En pratique il est fait uniquement lorsqu’une sroconversion a t diagnostique pendant la grossesse.

Pourtant, reconnatre les enfants infects, prendre en charge leur dficit auditif, peut limiter le retard psychomoteur. Conseiller des mesures prventives simples aux femmes enceintes qui se trouvent en contact avec de jeunes enfants en crche ou dans les services de pdiatrie peut rduire les risques de primo-infection CMV. Face cette situation, il est apparu important de mettre en oeuvre des moyens au niveau national pour progresser sur la problmatique de l’infection congnitale CMV.

Une deuxime population particulirement expose aux infections graves CMV est reprsente par les personnes immunodprimes.

Jusqu’aux annes 90 la choriortinite ou la colite CMV, qui reprsentait une pathologie opportuniste majeure chez les patients infects par le VIH, ont vu leur frquence diminuer de prs de 80% avec l’avnement des trithrapies antirtrovirales. Malgr la diminution des cas de maladie CMV depuis l’avnement des trithrapies antirtrovirales, les patients qui chappent au traitement antirtroviral, ceux qui n’y ont pas accs, ou ceux dclarant leur maladie VIH au stade sida restent menacs.

L’infection CMV est une complication redoute aprs transplantation d’organe et greffe de cellules souches hmatopoitiques, et peut galement compliquer l’volution de toute pathologie ncessitant ou entranant une immunodpression cellulaire importante (lymphome, corticothrapie prolonge). En particulier, l’volution peut tre dramatique lorsque sa persistance malgr des traitements itratifs est lie la slection d’une souche multirsistante, contre laquelle aucun antiviral n’est plus actif.

Les molcules disponibles en pratique clinique sont peu nombreuses. Toutes sont des inhibiteurs de l’ADN polymrase virale. Le ganciclovir, le cidofovir, et le foscarnet. A la diffrence de l’acyclovir (40 fois moins actif sur le CMV que le ganciclovir) ces molcules prsentent une toxicit importante pour la cellule, qui limite leur utilisation, et peut ncessiter des traitements doses rduites tant que l’immunosuppression persiste, favorisant l’mergence de souches rsistantes.

Des traitements prventifs : prophylaxie ou traitement ds les premiers signes biologiques d’infection sont proposs aprs greffe. La frquence des rsistances au cours de ces traitements est encore mal connue. Or ces souches rsistantes sont pathognes, non pas parce qu‘elles possdent une virulence accrue, mais parce qu’elles continuent pour la plupart se rpliquer activement dans l’organisme. De nouvelles molcules sont en cours d’valuation.

Le Centre national de rfrence cytomgalovirus et ses nombreuses missions.

Cr en janvier 2006, le CNR travaille en liaison avec l’Institut de veille sanitaire, dont il reoit une partie de ses moyens financiers.
Ses missions :
- contribuer la mise au point de techniques innovantes de diagnostic et d’pidmiologie et leur diffusion,
- aider les laboratoires demandeurs dans leur dmarche de diagnostic des infections maternofoetales cytomgalovirus et la confirmation des diagnostics.
- contribuer recueillir des donnes pidmiologiques concernant la place des infections cytomgalovirus dans les diffrentes pathologies.
- tudier les supports gntiques des rsistances du cytomgalovirus aux antiviraux et laborer des recommandations quant la prise en charge des patients infects.

Le CNR met d’ores et dj disposition des laboratoires de biologie les techniques de diagnostic de l’infection maternofoetale (recherche de virus et mesure de l’avidit des IgG) ainsi que la recherche de rsistance aux antiviraux.

Une enqute nationale recensant les cas de primo-infection CMV devrait tre prochainement mise en place.

Les Centres nationaux de rfrence, une rponse adapte aux problmatiques poses par les agents infectieux ou posant problme.

Depuis quelques annes, il est apparu que l’on devait disposer en France de centres nationaux de rfrence pour faire face aux problmes poss par les agents infectieux les plus frquents en pathologie, ou, qui posaient des problmes du fait de risques d’mergence pidmique ou de rsistance thrapeutique, qu’il s’agisse de traitements prventifs (vaccins, traitements prophylactiques) ou curatifs (rsistance aux antimicrobiens). Des moyens consquents et prennes ont t donns ces centres de rfrence qui doivent travailler en rseau.

Les thmes font l’objet d’appels d’offre rguliers car les centres de rfrence sont remis en question tous les trois ans. Au total, l’appel d’offre des Centres nationaux de rfrence pour la priode 2006-2008 comportait 45 thmatiques, dont 42 maintenues par rapport au prcdent appel d’offre et 3 nouvelles, savoir Cytomgalovirus, Syphilis et Toxoplasmose.

Des candidatures examines par des experts nationaux (venant notamment de l’Institut National de veille sanitaire, de l’Institut Pasteur et de la Direction gnrale de la sant) et trangers.

Contacts
Centre national de rfrence des cytomgalovirus :
Service de bactriologie-virologie-hygine, Hpital Dupuytren, CHU de Limoges, Universit de Limoges.
Responsable : Service de bactriologie-Virologie-Hygine
Dr Sophie Alain Tl : 05.55.05.59.74

Laboratoires associs
- Service de bactriologie-virologie-hygine, Hpital Lariboisire, AP-HP (Paris), Universit Paris-VII. Responsable : Dr Marie-Christine Mazeron,
- Service de bactriologie-virologie-hygine, Universit Paris-V, hpital Necker-Enfants malades, AP-HP (Paris). Responsable : Dr Marianne Leruez-Ville

Le CHU de Limoges
Le CHU de Limoges pratique des activits de mdecine, chirurgie et obsttrique et compte au total 2 010 lits et places dont 529 en unit de soins de longue dure (grontologie).

Pour plus d’informations, contacter :
Philippe Frugier, Direction de la Communication, 2 Avenue Martin Luther-King, 87042 Limoges
- Tl : 05.55.05.62.49
- Fax : 05.55.05.66.88
- email

[Site voir : reseau-chu.org

[Pascal]


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