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CHU de Brest : Nidcap, 10 ans d’expérience brestoise en médecine néonatale

dimanche 1er mars 2009

A l’occasion des 10 ans du Nidcap à Brest - Programme Néonatal Individualisé d’Evaluation et de Soins de Développement - les unités de réanimation néonatale et de néonatologie du CHU de Brest ont présenté les résultats très positifs de cette approche basée sur l’individualisation des soins et la valorisation du lien parental. Précurseur en France et dans le monde francophone, le CHU de Brest a adopté cette méthode innovante dès 1998. Labellisé en juillet 2004 « Centre de formation francophone pour le Programme NIDCAP* », le CHU enseigne désormais la méthode rationnelle d’observation du comportement de l’enfant prématuré auprès des soignants européens... Le CHU est par ailleurs représenté au sein du « Board » de la Fédération internationale qui siège à Boston.

L’implantation future du NIDCAP dans les 3 autres unités de réanimation néonatale de Bretagne a été validée et financée par l’Agence Régionale d’Hospitalisation (ARH).

Les équipes du CHU sont devenues expertes dans l’observation du nouveau-né avant, pendant, après les soins et aux différents moments de son développement (environ tous les quinze jours). Cette connaissance est ensuite partagée avec les parents afin qu’ils sachent décrypter le comportement de leur enfant. Les soignants veillent ainsi à accompagner et autonomiser le bébé et sa famille tout au long de l’hospitalisation.

Et les résultats attestent l’efficacité du programme : diminution de la durée d’hospitalisation, amélioration de la respiration et des capacités motrices, neuro-végétatives et comportementales, bien-être de l’enfant, respect et renforcement du lien parental, plus grande satisfaction du personnel …

Impact positif du NIDCAP
- Diminution de la durée d’hospitalisation : moins de complications, de meilleures capacités à s’alimenter et à prendre du poids diminuent la durée d’hospitalisation et par là même le coût des soins ;
- Amélioration du bien-être de l’enfant, avec en particulier moins d’épisodes stressants et plus de sommeil ;
- Amélioration du maternage : moins de stress parental, respect et renforcement du lien d’attachement, davantage d’implication des parents, une plus grande confiance et satisfaction ;
- Augmentation de l’allaitement maternel ;
- Amélioration de la satisfaction du personnel : meilleur accompagnement de la sortie, qualité de la communication pluridisciplinaire, impact positif du soin et relation plus forte avec les familles.

Et surtout : Amélioration du devenir de l’enfant à 9 et 24 mois avec de meilleures capacités motrices, de communication et des fonctions cognitives plus développées. La preuve d’un impact à 6 ans reste cependant à démontrer.

Préserver la relation parents enfants
Depuis 1998, les unités de néonatalogie et de réanimation ont ouvert leurs portes aux familles 24 h sur 24. La fratrie peut également accompagner la maman et le papa. Les visiteurs sont autorisés à rentrer dans la chambre de l’enfant avec l’accord des parents à condition de respecter le nombre maximal de 2 personnes. Ces chambres sont aménagées pour que les parents puissent rester dormir auprès de leur bébé. Ils sont encouragés à participer à tous les soins. Le bain, le passage en couveuse ouverte ou berceau, transferts, premier habillage, etc... Les étapes marquantes ou changements dans la progression de l’enfant se font en leur présence.
Le portage est favorisé dès que l’état de l’enfant le permet. Les parents peuvent apporter un foulard ou tissu imprégné de l’odeur maternelle à leur bébé. Enfin, un cahier de vie est à disposition dans la chambre de l’enfant : c’est un outil partagé entre soignants et parents pour relater le quotidien.

Diminuer le stress pour des soins en toute sérénité
L’environnement du nouveau né est pensé pour être le plus décontractant possible. Ambiance tamisée : la luminosité est adaptée, couvre-couveuse sombre, volets fermés, lampes avec variateur d’intensité, protection des yeux du bébé si le soin nécessite d’avantage d’éclairage, lumière extérieure adoucie par des rideaux, drap léger sur l’incubateur... autant de détails qui adoucissent l’ambiance. Le bruit est banni. Les portes des chambres sont fermées. Les visites médicales se déroulent à l’extérieur. Le volume des alarmes tient compte du confort de l’enfant et il est recommandé de chuchoter.

Le rythme de l’enfant détermine l’organisation des soins
Les horaires et les soins sont adaptés aux compétences et à ses phases d’éveil. Les soins ou les repas sont effectués si possible lorsque le bébé s’éveille, ou au moins lorsqu’il n’est pas en sommeil profond. Les soins sont faits à deux : le parent étant le meilleur partenaire de soins, il est sollicité en priorité. Le bébé est soutenu en position fléchie (position confortable et sécurisante). Les parents ou le soignant lui proposent un doigt ou un tissu à agripper. La succion non nutritive peut l’aider à supporter les soins. Des pauses pendant les soins sont respectées si l’enfant en manifeste le besoin, certains soins peuvent même être interrompus ou reportés.
La durée de l’administration du repas (de préférence dans les bras des parents ou du soignant) est adaptée à la tolérance du bébé (rythme respiratoire et cardiaque, agitation, hoquet…).

Et pour le nouveau-né à terme ?
Les premiers instants de vie : le bonheur avant tout

En parallèle à l’implantation du NIDCAP, les équipes de la maternité ont amélioré l’accueil du nouveau-né à terme. Juste après sa naissance, pendant 1 à 2 h, le nouveau-né présente un état d’éveil calme particulièrement propice aux apprentissages et à leur mémorisation. Il a besoin de contact, de calme, de chaleur et d’un environnement adapté pour les favoriser car cet équilibre est fragile et peut être facilement perturbé (lumière vive, bruit… sont à éviter).
Sauf indication médicale contraire, le nouveau-né est mis en peau à peau, à plat ventre sur sa maman ou son papa, après avoir été soigneusement essuyé et recouvert d’un lange et d’un bonnet. Le contact tactile est en effet recherché jusqu’à ce que l’enfant se montre disposé à téter. Quand il est prêt, la première tétée peut commencer.
Les soins de routine comme la prise de température, la pesée, les soins de cordon, l’administration de collyre et de vitamine K ou l’habillage ne sont pas urgents et peuvent être facilement différés. Le bain n’est plus réalisé afin de ne pas perturber le comportement inné de l’enfant.
La sécurité est constamment assurée par les professionnels à l’aide d’une surveillance régulière.

Le contact peau à peau précoce et prolongé améliore le bien-être du nouveau-né, il favorise son adaptation thermique et métabolique, et facilite l’établissement des liens affectifs avec la maman et le papa. Compte tenu de ses nombreux avantages, la pratique du peau à peau est proposée à tous les nouveau-nés, allaités ou non.

Ce centre, soutenu par le CHU, la Faculté de Médecine de Brest et Brest Métropole Océane, est agréé par la Fédération internationale NIDCAP. C’est le 11ème centre mondial et le 2ème centre européen.

Pour plus d’informations, contacter :
Isabelle Gourmelen, Responsable de la Communication, CHU de Brest, 5 avenue Foch, 29609 Brest Cedex
- Tél : 02.98.22.39.35
- Fax : 02.98.22.34.98
- email

[Pascal]


Voir en ligne : reseau-chu.org


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