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CHU de Bordeaux : 10 années au chevet de la violence de notre société, la CAUVA

lundi 28 décembre 2009

Il y a exactement 10 ans, une structure quasi unique en France voyait le jour au CHU de Bordeaux : le Centre d’accueil en Urgences des Victimes d’Agressions (CAUVA). Identifié comme centre pilote par la commission européenne en 2004, le CAUVA a permis la création d’organisations similaires en Italie, en Belgique et en Allemagne. Aujourd’hui elle poursuit sa mission d’accueil en urgence, 24h sur 24, des victimes d’agression avec la particularité de placer la victime au centre du dispositif.

10 ans après sa création, qu’en est-il de ses missions,
son organisation et son activité ?

L’originalité des procédures mises en oeuvre par le CAUVA est d’éviter aux victimes fragilisées de se déplacer sur un parcours compliqué et difficile. Pour cela, une équipe multidisciplinaire (médecins légistes, psychologues, infirmières, assistantes sociales), travaille en lien avec les services de police ou de gendarmerie, les services judiciaires et les collectivités territoriales protectrices.

En particulier, les victimes les plus traumatisées bénéficient d’une prise de rendez-vous avec un officier de police judiciaire et sont accompagnées dans leur parcours avec l’aide des associations agréées par le Ministère de la Justice. Ce n’est plus aux victimes d’effectuer les démarches administratives, c’est l’administration qui vient à elles. Une marque de reconnaissance de leur souffrance.

Les professionnels du CAUVA interviennent également en débriefing à la demande de certaines entreprises ou administrations.

Premier maillon d’une chaine, le CAUVA est en outre pôle de référence en matière d’agressions sexuelles.

Quels bénéfices les victimes d’agression retirent-elles de cet accueil spécifique ?

Toutes les victimes d’agressions quels que soit leur âge, sexe et la nature de l’agression (sexuelle, maltraitance etc.) sont prises en charge par une équipe pluridisciplinaire formée à la particularité de cette prise en charge etcomposée de médecins légistes, psychologues, infirmières, puéricultrices, assistantes socio-éducatives.
Dans certains cas, une fois les soins nécessaires reçus, les victimes apprécient de voir leurs plaintes enregistrées sur place par des policiers ou gendarmes qui se déplacent au CHU.

Les constatations médico-légales, destinées à faciliter les procédures judiciaires, sont également menées de front par les médecins légistes experts judiciaires requis par le parquet.

L’activité du CAUVA
- · Le CAUVA accueille tant les femmes, les hommes que les enfants.
- Depuis la création, le nombre de victimes reçues est en constante augmentation (+ 12 % entre 2007 et 2008).
- En 2008, ces victimes (enfants et adultes) étaient majoritairement de sexe féminin (57%), alors que les premières années, il y avait autant de femmes que d’hommes. Les violences intrafamiliales s’accroissent et touchent majoritairement les femmes et les mineurs.
- La population des mineurs quant à elle reste constante et représente 20-25 % de notre activité.
- Les violences subies sont plutôt des violences volontaires et sont représentées principalement par des coups et blessures, des agressions psychiques (harcèlement, menace, séquestration….) et des agressions sexuelles (attouchements, viols).

Le CAUVA : une efficacité reconnue mais un avenir menacé
Malgré la qualité de la prise en charge effectuée par le CAUVA et par tous les centres du même type, le Ministère de tutelle (santé) ne considère pas la médecine légale comme une mission d’intérêt général, ce qui implique qu’à terme les victimes devront financer cette prestation.

La genèse du projet

- 1999 : création du CAUVA par le CHU de Bordeaux.
- 2004 : identification de la structure comme pilote par la commission européenne (projet DAPHNE).
- Plusieurs structures analogues voient le jour en Italie, Belgique et à Hambourg (Allemagne).
- Le CAUVA fait partie intégrante du pôle médico-judiciaire dirigé par le Pr Sophie Gromb, chef de service. Cette réalisation s’est intégrée dans une politique interministérielle matérialisée par la signature d’une convention liant les Ministères de la santé, de la justice, de l’Intérieur et de la Défense.

Pour plus d’informations, contacter :
Frédérique Albertoni, Directrice de la communication, CHU de Bordeaux, 12 rue Dubernat , 33404 Talence Cedex
- Tél : 05 56 79 53 42
- Fax : 05 56 79 48 85
- email

[Pascal]


Voir en ligne : reseau-chu.org


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