Un grand oral pour mettre la Santé au cœur du débat présidentiel

vendredi 25 mars 2022, par Audrey Parvais

A moins d’un mois du premier tour de la présidentielle, ils sont 6 à s’être présentés lors du Grand Oral organisé par la Fédération Hospitalière de France, en partenariat avec Sciences Po Lille. Avec un objectif : détailler leur projet pour la santé.

Qui dit « élections présidentielles » dit succession des grands oraux durant lesquels les candidats à la présidentielles sont invités à présenter leur programme. 6 d’entre eux ont répondu à l’invitation de la Fédération Hospitalière de France, le j17 mars par. Anne Hidalgo (Parti Socialiste), Valérie Pécresse (Les Républicains), Yannick Jadot (Europe-Ecologie Les Verts), Marine Le Pen (Rassemblement National), Fabien Roussel (Parti Communiste), et Olivier Véran, qui représentait Emmanuel Macron, lui-même occupé par la présentation plus globale de son programme à la presse, se sont succédé devant un parterre de professionnels de santé. Le défi : 30 minutes chacun, pour présenter leurs propositions et répondre aux questions des soignants. Trois grands sujets se sont notamment détachés : l’état de l’hôpital public, la problématique des déserts médicaux et la prise en charge de la dépendance et de nos aînés.

L’hôpital au cœur des préoccupations

Les 5 candidats, moins Olivier Véran, se sont accordés sur un même constat : l’hôpital public, et le système de santé en général, est à bout de souffle, conséquence de politiques précédentes inadaptées. Avec, au premier rang des doléances, la mise en place de la T2A. Cette logique qui transforme l’hôpital en entreprise qui reprend les critères de l’entreprise privée pour mesurer la performance, je veux en sortir, a martelé Anne Hidalgo. Une vision qu’ont partagé Fabien Roussel, Marine Le Pen et, dans une moindre mesure, Yannick Jadot, qui souhaiterait la réserver à certains actes programmables. Pour les candidats de gauche, l’Etat doit reprendre la main sur le financement de la santé, la candidate PS préconisant de partir des besoins de la population pour en évaluer les besoins.S’y ajoute la nécessité d’augmenter les embauches (Anne Hidalgo, Fabien Roussel, Emmanuel Macron) et d’améliorer les conditions de travail, notamment en revalorisant les salaires des infirmiers de 10%, une proposition portée par Marine Le Pen et Yannick Jadot, le but étant d’atteindre la norme européenne pour renforcer l’attractivité des métiers. En plus d’augmenter les salaires, il s’agit également de confier de nouvelles missions aux soignants de l’hôpital, a défendu de son côté Olivier Véran, qui a également précisé que le complément indiciaire de 183 euros serait accordé au secteur hospitalier privé. Corollaire de ces ambitions, la volonté de mettre fin à la fermeture des lits, avec la mise en place d’un moratoire chez Fabien Roussel, ou encore l’ouverture de 10 000 lits en psychiatrie sur 5 ans, pour Yannick Jadot.

Demeure enfin chez l’ensemble des candidats la volonté d’instaurer une véritable démocratie sanitaire, que réclament de leurs vœux les professionnels de santé : avec la création d’alliances de santé locales, réunissant professionnels de terrain, élus locaux et associations d’usagers chez Valérie Pécresse, en associant représentants des patients, pharmaciens, infirmiers, médecins… dans les concertations en santé placée sous la tutelle des préfets, pour Marine Le Pen, ou encore la mise en place pour des bassins de population de conseils territoriaux de santé composés de professionnels de santé et d’élus chargés d’identifier les besoins sur les territoires, proposée par Fabien Roussel. La démocratie sanitaire est une demande, il faut faire de la place aux patients, a estimé la candidate du RN.
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Audrey Parvais
Journaliste
audrey.parvais@gpsante.fr


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