QVT : une étude à suivre dans l’environnement médico-technique

lundi 29 mai 2017, par Bruno Benque

Les paramédicaux ne semblent pas logés à la même enseigne lorsqu’il s’agit d’évaluer les risques psychosociaux auxquels ils sont soumis. Le burn-out est par exemple plus fréquent dans le milieu infirmier que dans la sphère médico-technique. Nous sommes impatients, dans ce contexte, de découvrir les premiers résultats de l’étude lancée pat les cadres du CHU de Tours sur la qualité de vie au travail des MERM.

Même si les cas de suicides de personnels soignants ne sont plus d’actualité, ou qu’ils n’ont pas la même fréquence qu’il y a un an, le burn-out est toutefois très présent au sein de certaines de nos équipes.

Les tutelles prennent enfin le problème au sérieux

C’est la raison pour laquelle la Haute Autorité de Santé (HAS) a publié récemment une Fiche mémo dont l’objectif est de permettre aux médecins du travail et aux managers de repérer les symptômes du burnout chez leurs collaborateurs. Déjà, en 2015, l’Institut National de Recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) avait mis en ligne un dossier pour prévenir l’apparition de ce syndrome. Mais, dans de nombreuses situations, il n’est pas simple de le prévenir, il faut donc essayer de l’identifier au plus tôt pour pouvoir agir efficacement. Et la HAS intervient enfin sur ce dossier.

Personnaliser la prise en charge du burn-out

Le document qu’elle a publié récemment recommande, pour ce faire, d’étudier globalement les conditions de travail, en prenant en compte l’intensité des tâches à accomplir, l’autonomie du collaborateur, l’organisation du travail, les relations interpersonnelles ou les conflits de valeurs notamment. Cette approche semble plus pertinente que l’idée très répandue mettant uniquement en cause la recherche de la productivité et le manque de moyens alloués aux hôpitaux pour expliquer le mal-être soignant. Dans le même ordre d’idée, la Fiche mémo HAS propose, une fois que le mal est identifié, d’individualiser la prise en charge dans le but de traiter le sujet à partir des causes et d’éviter les médications maladroites.

Tous les paramédicaux ne sont pas logés à la même enseigne

Les différents témoignages de cadres de santé que nous avons pu enregistrer depuis que ce phénomène a pris de l’ampleur corroborent les recommandations de la HAS en faveur d’une meilleure prise en compte de l’environnement des professionnels de santé. Car en effet, tous les soignants ne sont pas logés à la même enseigne et souvent, le type de patients auxquels ils se consacrent, la spécialité médicale encadrant leur mission ou la filière paramédicale qu’ils ont choisie sont autant de facteurs aggravants de cette maladie. Par exemple, les professionnels médico-techniques sont, en général, moins touchés par le burn-out que leurs collègues infirmiers.

Beaucoup de questions sans réponse

Ils sont pourtant susceptibles de prendre en charge les mêmes patients, certes sur un laps de temps souvent très court, et évoluent au sein d’une organisation commune. Peut-être la partie technique de leur métier agit-elle comme un dérivatif à une éventuelle fragilité psychique ? Peut-être les infirmiers sont-ils trop dans le pathos et l’empathie, ce qui les fragilise dans leur appréciation de l’environnement ? Peut-être la formation commune des cadres de santé agit-elle plus positivement sur les personnes issues des filières médico-techniques, lesquelles véhiculent des messages plus positifs à leurs collaborateurs ?

Une étude en cours dans la sphère médico-technique

Toujours est-il qu’une étude est en cours, et qui pourrait nous éclairer sur le sujet. Nos collègues du CHU de Tours ont lancé un questionnaire, que nous avons diffusé dans nos colonnes, sur la qualité de vie au travail des Manipulateurs d’ÉlectroRadiologie Médicale (MERM). Elle tient compte d’une multitude de paramètres liés à leur rythme de travail, à la spécificité de leurs missions ou à l’organisation de leur unité notamment. Nous sommes impatients d’en connaître les premiers enseignements. Cette étude pourrait certainement nous donner des axes de travail pour la gestion des Risques PsychoSociaux...si toutefois l’ensemble de la communauté infirmière prend la peine de s’y intéresser.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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