Présidentielles : François Fillon fait des propositions pour les paramédicaux

vendredi 17 février 2017, par Bruno Benque

À quelques semaines des élections présidentielles 2017, nous vous proposons un dossier dans lequel nous allons explorer le programme des candidats qui, selon les évaluations récentes, ont le plus de chances de l’emporter. Pour commencer, voici celui de l’ancien Premier ministre François Fillon, élaboré depuis quelques temps déjà.

Fidèle à ses convictions libérales, François Fillon, pour l’élection présidentielle, propose un programme qui tend à revenir sur des avancées sociales acquises depuis une dizaine d’années.

Un rapprochement du privé et du public

Ainsi souhaite-t-il un système de santé mieux organisé et plus efficace, notamment par le rétablissement des 39h à l’hôpital. De quoi réjouir les syndicats ! Dans le même ordre d’idées, il envisage de « proposer aux médecins libéraux des parcours mixtes public/privé par la création d’un nouveau statut de médecin attaché à l’hôpital, en renforçant ainsi leur participation aux soins hospitaliers et à l’enseignement en médecine » ou associer les représentants des professionnels de santé du secteur privé au processus de décision des ARS. Enfin, dans le cadre des missions de service public, il veut favoriser la complémentarité entre l’hospitalisation privée et l’hospitalisation publique.

Des propositions pour les personnels paramédicaux

Il imagine également plusieurs actions en faveur des professionnels de santé, en particulier des paramédicaux, qui seraient « mieux intégrés au parcours de soin pour le traitement de certaines maladies, en particulier chroniques, qui nécessitent souvent le recours à plusieurs professionnels de santé ». Il souhaite, d’autre part, que ces professionnels paramédicaux puissent accéder en plus grand nombre aux postes de Direction des structures sanitaires et leur garantir « une meilleure formation continue en portant une attention particulière aux transferts de tâches, qui doivent s’accompagner d’une reconnaissance de compétences ». Concernant les médecins généralistes, qu’il qualifie d’« acteurs centraux des parcours de soins », il leur prédit un rôle de « pivot de la politique de prévention, avec une rémunération spécifique pour cette mission ».

Le rôle central des médecins généralistes

Une rémunération médicale, généralistes et spécialistes compris, qu’il souhaite « plus juste et à la hauteur de leur engagement, de leurs compétences et de leurs responsabilités, en intégrant dans leur convention des critères d’évaluation des missions remplies au-delà de l’acte de base (objectifs négociés, missions de santé publique) ». Ces missions se traduiraient par des rémunérations complémentaires, notamment « la Rémunération sur Objectifs de Santé Publique (ROSP), éventuellement revue à la hausse et élargie à divers points de qualité et d’organisation des soins ». Inversement, il voudrait permettre aux médecins hospitaliers d’exercer dans des établissements privés et en ville. Ces mesures sont sensées améliorer l’offre de soins sur tout le territoire par un développement des parcours de soins, coordonnés entre l’hôpital et la médecine libérale et favorisant la création de maisons médicales et de petites structures d’urgence de proximité.

Fin du tiers payant généralisé et Label « Hôpital France »

Enfin, citons, parmi les points phares de son programme, la volonté de François Fillon de supprimer le tiers payant généralisé, « qui donne le sentiment que la médecine est gratuite », de simplifier les tâches administratives des médecins, ou de responsabiliser les patients et tous les acteurs du système de santé. Il entend également faire du secteur de la santé un des fleurons français, en créant un label « Hôpital France », renouer avec l’excellence de la recherche, fer de lance de l’innovation, renforcer le financement de la Banque Publique d’Investissement et initier des incitations fiscales.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com


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