Recréer les conditions du retour vers le médecin de famille

lundi 4 décembre 2017, par Bruno Benque

La période hivernale est habituellement propice aux pics d’affluence dans les services d’urgences. La Ministre Agnès Buzyn a annoncé la mise en place de trois chantiers prioritaires dont l’objectif est de mieux gérer l’engorgement de ces unités en agissant sur la coordination des établissements de soins de premier recours et sur la prise en charge des personnes âgées sur leur lieu de vie notamment. Mais une réflexion plus large est nécessaire, afin de recréer les conditions du retour des patients vers le médecin de famille.

La Ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn a reçu, le 30 novembre 201, les acteurs sanitaires et médico-sociaux afin de préparer avec eux la période hivernale.

Une réunion au Ministère pour préparer la période hivernale

Cette période, on le sait, connait chaque année des pics d’affluence, notamment secondaires à des épisodes épidémiques, dans les services d’urgences, avec des insuffisances ponctuelles ou récurrentes, selon l’endroit, sur la qualité de la prise en charge des patients. La Ministre a donc réuni les responsables sanitaires et médico-sociaux afin d’appeler de ses vœux la mobilisation et la bonne coordination de tous les professionnels dans ce contexte.Ils devront concevoir des actions de prévention et des solutions adéquates afin d’éviter que les structures des urgences ne se trouvent embolisées.

Garder les personnes âgées sur leur lieu de vie

Le communiqué du Ministère met en exergue « les nombreux retours d’expérience réussis en matière d’organisation de l’offre de soins de 1er recours en ville, de coordination efficace entre ville, établissement de santé et secteur médico-social, de gestion des lits hospitaliers » qui ont été rapportés lors de cette réunion de travail. Les médecins coordonnateurs en EHPAD ont été présentés, d’autre part, comme des acteurs clés du système dans l’optique du maintien, autant que faire se peut, des personnes âgées sur leur lieu de vie. Il s’agit également de mettre en place une coopération renforcée entre EHPAD et établissement de santé et de promouvoir les « organisations novatrices comme la présence d’infirmiers de nuit en EHPAD ».

Trois chantiers prioritaires annoncée par le Ministère

En bonne personnalité politique, Agnès Buzyn a annoncé la mise en œuvre de chantiers prioritaires. Le premier d’entre eux concernera les soins non programmés, qui fera l’objet d’une mission dédiée, afin de « garantir à la population une réponse aux heures d’ouverture des cabinets de ville, en s’appuyant sur les initiatives professionnelles... » Ce point est fondamental, car l’une des causes majeures de l’engorgement des services d’urgences est ce que l’on appelle communément la « bobologie », un ensemble de petits tracas et menues blessures qui devraient être gérés par les médecins de ville. Le deuxième chantier s’attachera à améliorer l’aval des urgences dans les périodes propices aux épidémies hivernales. Cela concerne les publics fragiles (enfants, personnes âgées, malades chroniques), qui déboulent dans les services hospitaliers. Ces derniers, selon le Ministère, doivent améliorer leur organisation pour mieux les prendre en charge.

Recréer les conditions du retour des patients vers le médecin de famille

Le dernier chantier est lancé sur les conditions de fonctionnement des services d’urgence, les SAMU et les SMUR, « leur maillage, la gradation de l’accueil et de la prise en charge des patients ». Au final, ces dispositions s’attachent aux conséquences du problème, mais ne traitent qu’en partie ses causes. Car, comme nous l’avons souligné plus haut, une grande partie des patients qui fréquentent les services d’urgences devraient, au préalable, passer par la case « médecin généraliste ». Est-ce le résultat de la politique hospitalo-centrée de la mandature précédente ? Est-ce une solution de facilité pour les patients ? Cela relève-t-il d’une motivation économique pour eux, puisque les consultations et les soins y sont gratuits ?

Les réflexions sur ce thème devraient porter aussi sur l’accès du public à la médecine de ville. Les tutelles doivent prendre promouvoir, aujourd’hui, les incitations à étendre les périodes de garde des cabinets médicaux, leur maillage territorial pour mettre fin à la désertification médicale et, surtout, la sensibilisation des patients afin qu’ils changent leurs habitudes et s’orientent en priorité, pour les affections bénignes, vers la médecine de ville. La notion de « Médecin de famille » n’a plus la côte de nos jours. Il appartient au Ministère de la remettre à la mode...

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


Partager cet article

Formation continue

Formations professionnelles en ligne pour les soignants : Alzheimer, transfusion, hygiène, douleur, calculs de doses...

Découvrir les formations

Vous recrutez ?

Publiez vos annonces, et consultez la cvthèque du site EMPLOI Soignant : des milliers de profils de soignants partout en France.

En savoir plus