Les professionnels de Santé font un accueil mitigé au discours de politique générale du Premier ministre

lundi 5 février 2024, par Bruno Benque

Les réactions ne se sont pas faites attendre à la suite du discours de politique générale du Premier ministre Gabriel Attal. Certaines annonces ont été qualifiées de gadgets, d’autres ne répondent pas à la réalité du terrain. Quant aux thématiques liées à la prévention ou au financement de l’hôpital, elles ont été passées sous silence, regrettent notamment les fédérations hospitalières. Des annonces, en tout cas,n qui doivent être suivies d’effets.

Le Premier ministre Gabriel Attal a donc promulgué, le 30 janvier 2024 à l’Assemblée nationale, le sacro-saint discours de politique générale qui est la prérogative de chaque gouvernant de ce rang en début d’exercice.

Un tout d’horizon des grandes orientations que suivra le Gouvernement Attal

Durant cette allocution et comme attendu, il a balayé l’ensemble des sujets qui font discussion dans la société française et tracé les grandes orientations que suivra son gouvernement, de la souveraineté du pays à la fin de vie, en passant par la valorisation du travail, le service public, le logement, l’école, la délinquance, l’écologie, le nucléaire, le changement climatique ou l’agriculture. Mais c’est le couplet relatif au système de Santé qui nous a bien sûr intéressé an priorité. Un couplet court mais qui a fait un constat réaliste de la situation, saluant une nouvelle fois l’implication des soignants au service de la population, ce qui a provoqué les applaudissements nourris de l’assemblée.

Des annonces pour étoffer les effectifs de médecins sur le territoire

Sur le thème de la continuité des soins, le Premier ministre a fait part de sa volonté, comme l’avait fait le Président de la République récemment, de réarmer le système de Santé français. Il souhaite ainsi rendre du temps soignant aux médecins, en créant notamment 10 000 assistants médicaux supplémentaires pour régler les formalités administratives, mais aussi régulariser les médecins étrangers sur le territoire, nommer un émissaire pour aller en chercher d’autres dans leur pays et faire revenir les étudiants français partis étudier à l’étranger. Il s’est engagé également à valoriser l’expertise des soignants, annonçant par exemple des mesures pour faire entrer en troisième année de médecine des paramédicaux spécialisés et expérimentés.

De la fermeté pour les rendez-vous médicaux non honorés

Concernant le Service d’Accès aux Soins (SAS), qui est en développement territorial actuellement, il a annoncé que, prochainement, chaque département devra se doter d’un tel dispositif et que, dans les territoires où il ne serait pas mis en place, obligation de garde serait faite notamment pour les médecins libéraux à l’hôpital ou en maison de santé. Il a enfin décidé, pour s’attaquer aux rendez-vous médicaux non-honorés et qui représentent un fléau qui rallonge les délais d’attente, de créer une règle : « Quand on a rendez-vous chez le médecin et que l’on ne vient pas, on paie ! », a-t-il asséné à ses concitoyens.

Sur le champ de la Santé mentale, le Premier ministre a décidé de réformer le dispositif « mon soutien psy », de proposer aux adolescents un accès direct au psychologue sans passer par le médecin et de renforcer le maillage des maisons de l’adolescent, soit une par département. À l’école, il a enfin annoncé la revalorisation de la rémunération des infirmières scolaires +200€ par mois, assortie d’une prime 800€.

<Des sujets manquants dans le discours du Premier ministre selon les fédérations hospitalières

Toutes ces mesures ont bien entendu fait réagir les principaux intéressés, tantôt satisfaits, tantôt circonspects. C’est le cas des médecins hospitaliers qui ont accueilli la déclaration relative aux médecins étrangers en la qualifiant de gadget, nombre de médecins étrangers étant déjà en train de faire valider leurs connaissances pour pouvoir exercer dans notre pays. Pour la Fédération Hospitalière de France (FHF), ce sont plutôt les aspects budgétaires pour le fonctionnement de l’hôpital ou la prévention qui sont à souligner car ils n’ont pas été mentionnés par le Premier ministre.

Même son de cloche au sein de la Fédération de l’Hospitalisation Privée (FHP), qui regrette que ce discours ne contienne aucune annonce concernant le monde hospitalier et marque un décalage entre son contenu et la réalité vécue au quotidien par les acteurs de santé, au regard notamment des grandes difficultés auxquelles ils doivent faire face.

Des professionnels paramédicaux qui attendaient plus du Premier ministre

Du côté paramédical, la Fédération Nationale des Infirmiers (FNI) FNI demande au gouvernement de passer à l’action sur le champ de « la politique ambitieuse en faveur de l’évolution de la profession et de ses compétences, lancée en 2023, afin notamment de soulager les urgences, libérer du temps médical et accélérer les déploiements de la prise en charge du grand âge à domicile ». Citons enfin le Syndicat National des Infirmiers Anesthésistes (SNIA), qui reconnaît l’effort du Premier ministre pour sa citation de la valeur et la de durée des études des IADES mais qui qualifie l’annonce d’anecdotique au regard des réalités démographiques et socio-économiques de la profession.

De jolies promesses donc, de belles phrases comme l’on en entend souvent dans pareilles conditions, mais qui doivent vraiment être suivies d’effets concrets.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@gpsante.fr
@bbenk34.


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