Le mal-être soignant est-il une fatalité ?

lundi 19 septembre 2016, par Bruno Benque

Le mal-être des soignants est-il une fatalité dans le contexte hospitalier actuel ? Non, si l’on en croit quelques témoignages de cadres de services médico-techniques, ce phénomène semble moins prégnant dans leur environnement. La qualité de vie au travail y est en tout cas meilleure que dans les services de soins. Un bon sujet de recherche pour les dépositaires de la politique sanitaire.

L’ambiance n’est pas détendue, loin s’en faut, au sein des services de soins de l’hexagone. L’action menée ce mercredi 14 septembre par la Coordination Nationale Infirmière (CNI) en est la parfaite illustration.

La qualité de vie au travail en question

Ce jour là, la Présidente Nathalie Depoire nous faisait part de la situation alarmante dans laquelle se trouve une grande partie de la communauté soignante. Course à la productivité, rythmes de travail insoutenables ou manque de reconnaissance entrainent les infirmiers dans un environnement professionnel stressant qui va jusqu’au burn-out et parfois même, nous l’avons constaté récemment, jusqu’au suicide. Pour Nathalie Depoire, ce phénomène est en train de se généraliser et de s’étendre vers les autres filières soignantes. Mais certains indices nous conduisent à prendre cette observation avec réserve.

Les cadres appelés à témoigner

Une confrère journaliste m’a contacté il y a quelques jours car elle souhaitait interviewer un cadre de santé sur ce thème. Elle envisageait de recueillir l’avis d’un manager sur le malaise soignant et d’obtenir de sa part les solutions qu’il était susceptible de mettre en place pour améliorer cette situation. Prêt à lui venir en aide, j’ai activé mon réseau afin de lui proposer quelqu’un qui puisse accepter de répondre à ses questions. Mais force est de constater que j’ai eu quelques difficultés à trouver. Car la plupart d’entre eux ne se sentaient pas concernés plus que ça par le problème. Si certains cadres soignants ne souhaitaient pas communiquer sur le sujet, d’autres, évoluant dans des blocs opératoires ou en service médico-technique, témoignaient, sinon d’une bonne maîtrise de la charge de travail de leurs collaborateurs, du moins d’une ambiance générale ne favorisant pas leur mal-être.

Un environnement médico-technique moins impactant ?

Lors du congrès des Cadres d’imagerie du Grand Sud, qui a réuni les 15 et 16 octobre derniers à Toulouse quelques 130 participants, les personnes que j’ai pu interroger sur ce thème ne disaient pas autre chose. Tous évoluent dans l’univers de la radiologie diagnostique ou thérapeutique, mais certains sont issus d’autres filières de soins. Et tous ont témoigné d’une qualité de vie au travail satisfaisante pour leurs collaborateurs. Pour certains, il s’agit d’un problème culturel. Ils remarquent que les services médico-techniques comme des prestataires de service et qu’à ce titre, les professionnels y sont habitués aux variations, souvent très importantes, de leur charge de travail qui suit le flux de demandes d’examens. Pour cette raison, ils seraient moins impactés psychologiquement. Cette tentative d’explication vaut ce qu’elle vaut mais a le mérite d’exister.

De réelles pistes de recherche

Les environnements techniques seraient-ils donc propices à une meilleure qualité de vie au travail ? Ou inversement, les services de soins classiques génèreraient-ils des comportements pouvant difficilement se soustraire au pathos ? Cette problématique mériterait d’être étudiée par les sociologues ou les responsables de notre politique sanitaire. En commençant, par exemple, par l’évaluation du ressenti des professionnels impliqués dans des projets puridisciplinaires. Maintenant que les problèmes sont identifiés, il faut s’empresser d’y trouver des solutions…

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com


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