Cadres de santé

Le CEFIEC doit-il se rapprocher du terrain ?

lundi 4 juin 2018, par Bruno Benque

L’universitarisaton des formations paramédicales et la mobilité seront les thèmes phares des 73èmes Journées Nationales d’Études du CEFIEC. Si ces sujets sont incontournables car d’une actualité brûlante, certains regrettent l’absence, dans le programme de cette manifestation, de retours d’expérience sur ce qui se fait réellement sur le terrain de la formation, notamment les pratiques innovantes mises en place au quotidien.

Les 73èmes Journées Nationales d’Études du Comité d’Entente des Formations Infirmières et Cadres (CEFIEC) qui s’ouvrent ce 6 juin 2018 à Strasbourg, se placent dans une période de réflexion profonde sur les évolutions à attendre pour les professionnels du secteur.

L’universitarisation des formations paramédicales au centre des débats

Alors que les travaux de la Mission « Universitarisation des formations paramédicales et maïeutique » ont débuté le 14 mars 2018, les contours des futurs processus de formation des personnels paramédicaux sont encore bien flous. Les grandes lignes vont dans le sens de l’interprofessionnalité, les personnels soignants étant destinés à prendre part au parcours de santé des populations de façon coordonnée. Les formations actuelles, segmentées en silos, devraient donc être profondément modifiées. La recherche est également mise au premier plan afin de familiariser les étudiants avec les données probantes dans leur pratique et de produire à leur tour du savoir.

Stéphane Le Bouler, pilote de la mission sur l’universitarisation, sera présent

C’est donc tout naturellement que les responsables du CEFIEC, la Présidente Martine Sommelette en tête, interviendront en début de première journée afin de faire un point d’étape sur le suivi des 11 propositions que le Comité avait formulées en 2017 et pour donner leur vision de l’intégration des formations paramédicales à l’Université. L’Universitarisation sera également le sujet central de la tribune qui suivra, à laquelle participera Stéphane Le Bouler, responsable interministériel de la mission mentionnée plus haut, accompagné de Isabelle Richard, Conseillère Santé auprès de la ministre de l’enseignement supérieur de la Recherche et de l’innovation, de Martine Sommelette et de Jane-Laure DANAN et Ludivine GAUTHIER, représentant respectivement Fine Europe la FNESI.

La seconde journée sera consacrée à la mobilité dans le contexte de la formation et du soin, qui est aujourd’hui source d’incertitude pour les professionnels. Mais cette évolution pourrait être vue comme une opportunité, c’est ce que les intervenants essaieront de faire valoir.

Un programme qui fait peu de place aux pratiques de terrain

Ces différentes thématiques préfigurent résolument de l’avenir proche des professionnels de la formation paramédicale et elles méritaient bien un coup de projecteur. Mais d’aucuns regrettent que le programme ne s’ouvre pas, même ponctuellement, sur ce qui se fait sur le terrain concrètement aujourd’hui. Et cette tendance a déjà été remarquée lors des sessions précédentes. Ainsi, des retours d’expérience sur les pratiques de simulation, sur la littératie ou sur des innovations telles que la pédagogie inversée notamment auraient été, sans doute, bien perçues par les participants à ces Journées qui y viennent aussi pour trouver des idées susceptibles d’enrichir leurs compétences et d’améliorer leur activité. Mais ainsi va le monde moderne : les besoins de réconfort vis à vis d’un avenir incertain prennent le pas sur les actions de qualité réalisées au présent. Et cela n’est semble-t-il pas près de s’arranger...

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


Partager cet article