La prévention des risques professionnels ne doit pas oublier de traiter les managers de Santé

lundi 4 octobre 2021, par Bruno Benque

Lors du congrès du SMPS du 17 septembre 2021, une session nous a interpelés sur le thème de la prévention et du management. Si les sondages attribuent aux salariés de la fonction publique un intérêt particulier pour la prévention, les intervenants ont tour à tour ciblé la prévention de précision, centrée sur les métiers, ou la prévention globale pour une prise en charge hors les murs de l’entreprise. Sans oublier, évidemment, la prévention liée à la situation des managers eux-mêmes, qui quelquefois sont en souffrance et ont besoin d’accompagnement.

Le Syndicat des Managers Publics de Santé (SMPS) peut sembler faire office de poil à gratter pour les organismes sanitaires de tutelle de France. Il a adopté, depuis deux ans, une attitude que d’aucuns pourraient qualifier d’agressive mais qui plus surement s’attache à venir en appui aux cadres et directeurs hospitaliers et médicosociaux.

Un congrès du SMPS aux débats variés et argumentés

Il est donc très présent sur les réseaux, tant grand public que professionnel, et sensibilise les populations en général, et les acteurs du système de Santé en particulier, sur les actions à mettre en œuvre pour améliorer le management des services de soin et des établissements. Mais l’ambiance et le contenu du congrès SMPS 2021, qui s’est tenu le 17 septembre 2021, a donné une toute autre image de ce syndicat et de ses responsables, loin des punchlines qu’il diffuse parfois pour marteler ses arguments, avec un panel d’intervenants de haut niveau qui ont traité des sujets divers et variés allant de l’innovation grâce au levier du numérique, l’évolution des organisations ou l’égalité homme femme.

La prévention, une notion très surveillée par les agents de la fonction publique

Mais nous nous sommes attardés sur la session qui avait pour thématique « Concilier la prévention et le management », le second étant dépositaire de la première, ce qui n’est pas toujours vérifié, nous allons le constater. En préambule, Gaël Sliman (Odoxa) revenait sur une enquête dans laquelle une majorité de personnes interrogées trouvaient que la prévention était bien prise en compte dans leur entreprise, les managers de la fonction publique répondant par l’affirmative à 77%. Les sondés étaient 81% à considérer que les employeurs devraient mener des actions de prévention liées à la spécificité des métiers quand 60% ciblent les conduites addictives - alcool et tabac - et 56% leur Santé en général. Ce sondage révèle enfin que les salariés de la FPH sont 75% à penser que la prévention est facteur d’attractivité pour les organisations, ce qu’il faudrait vérifier étant donné les contraintes que les mesures préventives sont susceptibles de mettre en lumière au quotidien.

Des demandes pour une prévention de précision centrée sur les métiers

Mais à travers ce sujet grand public, ce sont bien les spécificités professionnelles et les facteurs de stress liés au travail qu’il est plus difficile à appréhender, et donc à traiter. Samira Bekhti (Orotario) l’a évoqué lors de cette session en parlant de prévention de précision, une notion qui renverrait vers une personnalisation des mesures de prévention au travail à l’aide d’une approche par métier, notamment pour, sinon éliminer, du moins réduire les pratiques addictives que l’on peut identifier chez les soignants. Ces derniers ne sont d’ailleurs pas les seuls concernés, les adhérents à la MNH managers de Santé étant de plus en plus en demande, d’après Samira Bekhti, d’accompagnement pour la prévention de leur propre Santé, car ils se retrouvent souvent démunis.

La prévention doit-elle s’inviter hors les murs de l’entreprise ?

Des propos que Nicolas Salvi, Directeur Général Adjoint à l’Institut de cancérologie Strasbourg Europe et Secrétaire national du SMPS n’a pas démenti, bien que fervent défenseur d’une prise en charge globale de la prévention de ses collaborateurs qui ne prenne pas en compte uniquement le volet professionnel, mais également les conditions de vie familiales et les impondérables auxquels les agents sont soumis dans leur vie personnelle. Mais est-ce bien le rôle de l’hôpital de s’occuper des problèmes domestiques de leurs salariés ? Nous en doutons, de la même façon que l’école ne doit pas obligatoirement prendre part à l’éducation des enfants, mais bien à leur instruction, ce qui est très différent.

Gare à ne pas galvauder la prévention pour les managers !

Prévention métier ou globale, c’est en tout cas, nous l’avons dit plus haut, le manager qui en est dépositaire au sein des organisations hospitalières ou médico-sociales. Mais il arrive souvent que ce dernier applique pas l’un ou l’autre modèle à la prévention de sa propre Santé. Comme l’a fair remarquer Samira Bekhti pour illustrer cette tendance,« ce sont la plupart du temps les cordonniers les plus mal chaussés ». Car, outre le fait qu’ils se doivent donner l’exemple, ce qui les empêche de voir leurs propres difficultés, il est difficile de leur faire accepter qu’ils vont mal. Une question d’amour propre certainement...

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34


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