Favoriser la coopération pluridisciplinaire pour une Santé plus éco-responsable ?

lundi 2 octobre 2023, par Bruno Benque

Les acteurs de Santé se voient désormais engagés dans une course contre le montre qui modifient quelque peu leurs pratiques vers un système de Santé éco-responsable. Il s’agit, entre autre, de réduire l’émission de gaz à effet de serre, comme s’y est engagé le Gouvernement. Bien qu’énergivores, les dispositifs médicaux électriques sont peu producteurs d’équivalent carbone. Ce sont plus les va-et-viens des patients de leur domicile vers les centres de Santé ou les hôpitaux qui sont les plus polluants sur ce champ. Une coopération pluridisciplinaire doit don s’engager pour regrouper le plus possible les rendez-vous de ces patients.

Dans la mouvance de la prise en compte de l’avenir de la planète terre et des modifications comportementales que les êtres humains sont sensés réaliser, le domaine de la Santé se questionne de plus en plus sur l’écot qu’il pourrait apporter pour y participer.

Des professionnels de Santé déjà sensibilisés aux gestes éco-responsables dans leur pratique

« Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants », a dit un jour Antoine de St-Exupéry. Les acteurs du système de Santé, les soignants comme les soignés, doivent désormais s’appliquer cette citation à eux-mêmes. Et il ne faudrait pas trop tarder afin que les modifications climatiques ne deviennent irréversibles.

Alors, que peut faire le système de Santé pour adopter des pratiques et prendre des habitudes pouvant aller dans le sens d’une meilleure prise en compte du développement durable et d’une réduction des émissions de gaz à effet de serre ? Les professionnels de Santé sont de plus en plus sensibilisés sur cette thématique et s’engagent, à des degrés divers, dans des actions de réduction des déchets, d’économie d’énergie, d’achats locaux ou régionaux, voire de constructions de locaux dits « écoresponsables ».

Des consommations électriques hospitalières peu génératrices de gaz à effet de serre

Le Shift project, le Think tank français qui vise, par des actions de réflexion et de sensibilisation du grand public, à décarboner l’économie française, a évalué à 8% la part du système de Santé dans son impact dans l’empreinte carbone totale en France, dont la moitié générée par la fabrication, l’acheminement et l’utilisation des médicaments et des dispositifs médicaux. Car c’est bien sur l’empreinte carbone que les acteurs du système de Santé français doivent agir.

En effet, si les établissements de Santé consomment beaucoup d’énergie pour leur fonctionnement, en particulier pour leur éclairage, la climatisation des appareillages et des personnes ou la bonne marche des dispositifs médicaux, notamment d’imagerie médicale, il s’agit, pour une bonne part, d’énergie électrique peu génératrice d’équivalent carbone puisque produite presque exclusivement, en France, par l’industrie nucléaire.

La pluridisciplinarité au service d’une Santé éco-responsable

L’essentiel de l’équivalent carbone dont le système de Santé est responsable vient de la fabrication et de l’acheminement des médicaments et des dispositifs médicaux, ainsi que, il faut le savoir, des déplacements des patients. Ces derniers ont l’habitude, depuis des années, de consulter les médecins spécialistes, les infirmiers, les kinésithérapeutes, de faire l’objet d’examens de laboratoire ou d’imagerie, voire de traitements ambulatoires sans se soucier de leur impact sur leur environnement, sans compter que les praticiens consultés ne sont pas toujours les plus proches, géographiquement, de leur domicile.

Ces derniers doivent-ils désormais changer de paradigme et remplacer le « tout pour mon patient » par « tout pour un parcours de soins écoresponsable » ? Assurément !

Lors du dernier congrès de la Société Française de Radiothérapie Oncologique (SFRO), les praticiens orateurs faisaient état d’une réduction significative de l’équivalent carbone s’ils adoptaient des traitements de radiothérapie hypo-fractionnés, en réduisant, lorsque cela est possible, le nombre de séances pour un résultat thérapeutique équivalent.

De la même manière, un parcours de soins devrait désormais être coordonné afin les consultations et soins soient réalisés dans une unité de temps et de lieu. Autrement dit, la pluridisciplinarité aurait des effets bénéfiques sur la Santé écoresponsable. Voilà une nouvelle contrainte, une de plus pour eux, qui ont déjà à gérer les pénuries ou les insuffisances matérielles, entre autres. Mais il faudra bien prendre en compte ce nouveau critère de qualité des parcours de soins dans un avenir proche.

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@gpsante.fr
@bbenk34.


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